‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 107 sur 217 · XI. Il lui dit ces mots : « Qu’il · texte numérisé non relu

XI. Il lui dit ces mots : « Qu’il

te souvienne de moi dans tes prières agréables au Ciel. Je te recommande aussi ma chère Fleur de . »>

Il ne put achever Lis. Il expire, et soudain les voix et les concerts des Anges se font entendre dans les airs, à l’instant où s’échappe son âme, qui, dégagée des liens du corps, au milieu de la plus douce mélodie, s’élève jusqu’aux deux.

XII. Quoiqu’une fin si chrétienne dût porter l'allégresse dans l’âme de Roland, quoiqu’il ne doutât pas que Brandimart ne fut réuni à l’Etre suprême, puisqu’il avait vu le Ciel ouvert pour lui. cependant par cette faiblesse humaine accoutumée à céder à la fragilité des sens, il ne pouvait supporter sans peine, et d’un œil sec, de se voir privé d’un tel ami qu’il chérissait plus qu’un frère... {Roland furieux, traduction de Panckoucke et Framery, revue par Antoine de Latour, ch. xui. Cf. notre première édition du Roland, t. 1, Introduction, p. cxxxvn.)

1. La première édition de Y Orlando furioso a paru à Ferrare en 1516. Le poème n’avait alors que quarante chants ; l’auteur, plus tard, en ajouta six autres. = Le chef-d’œuvre de l’Arioste a été continué par Giambattista Pescatore : La morte di Ruggiero continuata alla materia de VAriosto; Venise, 1548, 1549, 1550, 1551, 1557, et la Vendetta di Ruggiero, Venise, 1556, 1557 : le premier de ces poèmes a quarante chants et le second vingt-cinq. D’autres continuations sont dues à Pauluccio (1543), et à Brusantino ( Angelica inamorata , en trente-sept chants, Venise, 1550). Etc. = L’œuvre de l’Àrioste a été accompagnée en Italie d’une foule d’autres œuvres qui procèdent tantôt de lui, tantôt de Bojardo, tantôt de traditions et de poèmes plus anciens. Tels sont YAntafor de Barosia (cycle de Roland, Milan, 1519); Crudele et aspre bataglie del cavaliero dell’ Orsa (s. 1. n. d. ; mais, suivant Melzi, du commencement du xvie siècle et antérieur à la première édition de Y Orlando furioso ); la Dragha d'Orlando, par Francescho Tromba (1525, 1527) ; Innamoramento di Milone d’Anglante e de Berta (Milan, 1539; Venise, 1548) ; Le prime emprese del ccrvde Orlando, par Dolce (1572) ; la Gran battaglia del gigante Malossa fatta con Orlando (s. d. ; puis, 1567) ; YOrlando, d’Ercole Oldoïno, (1598) et le Di Orlando santo vita e morte con venti mile cristiani uccisi in Roscivalle, cavata del Gatalogo de’ santi (1597). Etc., etc. (Cf. plus loin, III, 561.)

« Mais point ne vous vois : Dieu vous conduise, ami ! « Si je vous ai frappé, pardonnez le moi.

« — Je n’ai point de mal, répond Roland.

« Je vous pardonne ici et devant Dieu. »

A ce mot, ils s’inclinent l'un devant l’autre.

C’est ainsi, c’est avec cet amour qu’ils se séparèrent.

Olivier sent l’angoisse de la mort ;

Ses deux yeux lui tournent dans la tête.

Il perd l’ouïe et tout à fait la vue,

Descend à pied, sur la terre se couche.

A haute voix fait son mea culpa ,

Joint ses deux mains et les tend vers le ciel,

Prie Dieu de lui donner son Paradis,

De bénir Charlemagne, la douce France

Et son compagnon Roland par dessus tous les hommes.

Le cœur lui manque, sa tête s’incline,

Etendu de tout son long il tombe à terre ;

C’en est fait : le Comte est mort .

[Roland, vers 1943-2021.)

1 chap" xxvni. 11 " P11^ diviser en trois groupes celles qui peuvent être ' considérées comme le cortège de chacun des trois grands Poèmes et, pour ainsi parler, comme leur sillage, et, à rejeter enfin, dans une dernière catégorie (la plus vaste de toutes) celles qui peuvent, depuis l’Arioste, passer, je n’ose pas dire pour originales, mais au moins pour indépendantes. Et voilà qui nous conduirait, à travers cent rapsodies, jusqu’au Delïira d’Orlando d’Asinari en 1765 et à la Morte d’Orlando , d’Ermolao Barbaro, en 1807 \

1. Nous croyons utile de donner ici le tableau de toutes nos Chansons qui, depuis les xic et xne siècles jusqu’aux temps modernes, ont été connues, traduites ou imitées en Italie. L’ordre alphabétique nous semble ici le meilleur, et nous le suivons :

Aimeri de Narbonne. Un des caractères de la diffusion de nos chansons en '"Italie, c’est (comme nous l’avons dit plus haut) l’intercalation dans le Roland d'un récit de la Prise de Narbonne. Il en est ainsi dans le ms. fr. de Venise n° IV que P. Rajna croit antérieur à notre Aimeri, tandis que Demaison soutient la thèse contraire dans l’Introduction de son Aimeri de Narboyme (p. ccxcix) et affirme nettement que « l’épisode du manuscrit de Venise dérive de notre chanson ». = P. Rajna (7 Reali, I, p. 266) désigne sous le nom d 'Amerigo di Nerbona un roman italien dont le texte ne saurait être fort antérieur à 1382, et qui n’a presque rien de commun avec notre vieille chanson. Demaison en donne une analyse (1. c., I, pp. cccx et ss.).= Aimeri de Narbonne est très brièvement résumé dans les Nerbonesi {Ibid., p. cccxv), et nous retrouvons dans la Spagna in rima (chap. xxxix) la même intercalation de la Prise de Narbonne que nous avons signalée ci-dessus.

Aimer le Chétif. V. des Nerbonesi, cités plus loin (IV, pp. 34-35.)

Aïol. Cette belle chanson est une de celles qui ont été « adaptées » par Jacopo da Barberino. « Elle a été publiée à Bologne en 1863-1864 sous ce titre : Storia di Ajolfo del Barbicone et di altri valorosi cava lieri, compilata da Andrea di Jacopo di Barberino di Valdelsa. L’éditeur est M. Leone del Prete. (Collezione di opéré inédite o rare dei primi secoli délia lingua, pubblicata per cura délia R. commissione pe1 testi di lingua nelle provincie dell’ Emilia.) Le vrai titre, donné par les anciens manuscrits, était celui d'Elia duca d'Orlino e di Ajolfo del Barbicone. » {Aïol, éd. Jacques Normand et Gaston Raynaud, Introduction, p. xl.) La première partie est la seule où l’on suive de près le texte français. = Une faut pas confondre l’œuvre de Jacopo da Barberino avec un poème en ottava rima que nous avons dû mentionner ailleurs et qui a paru à Venise en 1516 pour la première fois : Aiolfo del Barbicone, disceso délia nobile stirpe di Rinalclo, etc. On ne sera pas surpris de savoir que le dit poème se rapproche fort peu de YAiol en vers français. {Aïol, 1. c., pp. xlvi, xlvii.)

Aliscans. Ée ms. fr. VIII de la Bibliothèque de Saint-Marc à Venise

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