‹ Les épopées françaises (volume 2)Chapitre 121 sur 217 · DE LA BELLE AUDE · texte numérisé non relu

DE LA BELLE AUDE

2° Galiens li restorés (éd. Stengel, pp. 367, 368).

Le Roy vint à sa court et o lui ses ami : Belle Aude fist venir au gent corps agensi. Moult fu dolent le Roy quant il là l’a choisi. I la prinst par les bras, doulcement l’a saisi : « Amie, dit le Roy, sçavés que je vous pri :

« De ce que vous dirai n’aiés le ceur failli.

« On ne le peut celer, il fault qu’il soit ainsi : « Perdu as Olivier et Roulant ton amy. a Mort sont à Roncesvaus o ont esté traï. » Quant Belle Aude l’entend, le ceur lui est fuy. Si haulte qu’elle fu, à la terre cliaï Et dit : « Beau sire Dieu qui onequez ne

[menti

part. livr. ut.

t PART. LTVR.

420 LES DERNIERS ROMANS EN VERS

m* l’œuvre d’un compilateur de ce calibre, et que ce médiocre ouvrier avait utilisé de la sorte plusieurs poèmes tombés sous sa main, tels qu’un Roland et Ferragus et une Prise de Nobles. Nous lui devons, d’ailleurs, une certaine reconnaissance, puisqu’il nous a conservé certains éléments de la légende qui ne sont pas des moins notables et qu’on ne connaîtrait pas sans lui.

Aide respunt : « Cist moz mei est estranges. « Ne placet Deu ne ses Seinz ne ses Angles « Après Rollant que jo vive remaigne ! »

Pert la culur, chiet as piez Carlemagne, Sempres est morte. Deus ait mercitde l’anme !

« Sont-ce les belles nopces dont venue suis cy ? « Haa, sire Roullant, Dieu ait pitié de ty !

« Hee, frere Olivier, tu as mon ceur meurdri, « Jamais ne veul menger ne ne veul boire

[aussi ;

« Ains veulaler à terre où sont mi doulx ami. » *

Dolente fu Belle Aude et si desconfortée Qu’à la terre chaï si dolente et pasmée Que de la grant doulleur est illec deviée, Devant le roi Charlon est morte et trespassée Et tantost au corps d’elle ne fut vie trouvée.

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