Pensées, IL, x. . î : M., 544 : IL, HiS
SCIENCE ET JANSENISME 59
époque cependant où il était bien désabusé) et il se laissait aller à s'occuper de la science, se flattant peut-être que c'était la dernière fois.
Mais que Ton adopte l'une ou l'autre de ces hypothèses, un fait reste certain : son jansénisme, si fervent qu'il pût être, n'avait pas encore pénétré jusqu'à la partie la plus intime de son âme; Pascal ne l'avait pas converti pour ainsi dire en son sang et en sa chair ; tout au fond de son cœur, la jeunesse, la nature, les instincts irrésistibles de l'homme s'agitaient sourdement. En dépit de ses efforts, il n'était point parvenu à cet idéal que, dans son exagération passionnée, il appelle 1' « abêtissement». Et c'est pour cela qu'il a pu, pendant quelque temps encore, échapper à la contrainte de ses théories : il y a en lui quelque chose qui répugne à mourir au monde, et avant la dernière et définitive victoire de sa volonté, son cœur veut un moment s'épanouir et fleurir à la vie.
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