L. 0. M., Lettre de Jacqueline, 25 septembre, p
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en matière d'histoire ou de foi : « Sur les sujets de cette matière, nous ne faisons aucun fondement
sur les autorités nous n*y avons nul égard que
dans les matières historiques. » Et il le répèle encore dans son Récit de quelques expériences sur téquilibre des liqueurs : « Il n'est pas permis de nous départir légèrement des maximes que nous tenons de Tantiquité, si nous n y sommes obligés par des preuves indubitables et invincibles. Mais, dans ce cas, je tiens que ce serait une extrême faiblesse de s'en faire le moindre scrupule ^ » Voilà certes des professions de foi qui ne sont pas d'un pyrrhonien, ni d'un ennemi de la raison.
Il y a même une contradiction singulière entre les préceptes du jansénisme et son amour pour la science, comme entre les affirmations des jansénistes et la vérité des fails. Dans tous ses écrits, et notamment dans son Discours de la Réformation de r homme intérieur dont Pascal avait, nous dit-on, été très frappé, Jansénius attaque très vivement les trois concupiscences et entre autres la concupiscence du savoir, libido sciendi. 11 y blâme « cette recherche des secrets de la nature qui ne nous regardent point, qu'il est inutile de connaître, et que les hommes ne veulent savoir que pour les savoir seulement » ; car « lorsque nous sommes revenus à nous-mêmes et que nous nous élevons
pour contempler cette beauté incomparable de la la vie éternelle, où réside la connaissance certaine et salutaire de toutes les choses, cette multitude d'images et de fantômes, dont la vanité a rempli notre esprit et notre cœur, nous attaque et nous porte en bas ^ ». De son côté le Recueil (TUtrecht dit : « [Pascal] comprit que la religion chrétienne oblige à ne vivre que pour Dieu, à ne rechercher que lui, à ne travailler que pour lui plaire... 11 résolut de terminer les curieuses recherches auxquelles il s'était appliqué tout entier jusqu'alors, pour ne penser qu'à Tunique chose que Jésus-Christ appelle nécessaire. Il ne fit plus d'autre étude que celle de la religion '-. » Or, dans cette période de ferveur, où il aurait dû ne pas s'occuper, et où l'on nous dit qu'il ne s'est pas occupé des sciences, nous le voyons, au contraire, y travailler sans cesse. En 1646, il répète à Rouen, avec M. Petit, les expériences que Toricelli avait faites en Italie et prouve la pesanteur de l'air; — et c'est Tannée de sa cojiversion. En 1647, il publie ses Nouvelles expériences sur le vide^ il a des entrevues et des discussions scientifiques avec Descartes, il soutient sur des sujets de sciences une polémique avec le P. Noël, il entretient Le Tailleur de ses théories sur le vide.
1. Cité par Sainte-Beuve, Port-Royal, t. II, p. 479-480. — Cf. appendice 2.
2. P. 250. D'après M— Périer, H., t. I, p. lxviii; B., p. 11.
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il prie M. Périer de faire des expériences sur le Puy-de-Dôme; — et c'est Tannée où il donne libre carrière à l'intempérance de son zèle contre le frère Saint-Ange, Tannée où probablement il écrit la Prière sur le bon tirage des maladies. En 1648, il est toujours en discussion avec le P. Noël, il s'occupe des expériences dont son beau-frère lui a enfin transmis la relation, il publie son Récit de quelques expériences sur f équilibre des liqueurs; — et c'est Tannée où il écrit à ses suMirs des lettres qui respirent un tel détachement du monde, où il accompagne Jacqueline aux sermons de Singlin et se mot en relations directes avec Port-Royal, Tannée où il pousse sa sœur au couvent et se charge de demander lui-môme l'autorisation paternelle. Ajoutons que de 16 i7 à 1651, il travaille à son Traité du vide dont il nous reste un fragment de préface^, qu'il continue h perfectionner la Machine arithmétique, qu'il sollicite et obtient, en 1649, un privilège royal, pour s'en réserver la gloire et le profit exclusifs.
Et non seulement il s'occupe de sciences; mais on dirait qu'il s'y donne tout entier- : il était.
1. Cf. Nourrisson, De ridée du plein et du vide chez Descarfes et Pascal {Séances de VAc. des sciences morales^ 1881), et Pascal physicien et philosophe (Perrin, 1888).
2. Lisez la Préface du liécil des expériences sur le vide, et remarquez combien s'y montre l'orgueil de sa découverte, et comme il y tient : « J'ai jugé à propos de vous donner cet abrégé par avance, parce qu'ayant fait ces expériences avec beaucoup de
Domal, ne s'en est fait d'étudier les lois civiles. Il n'aura pas poussé jusqu'au bout la logique de ses doctrines et il se sera refusé à voir les conséquences extrêmes et pénibles pour lui, de ses principes étroits.
Ou bien, peut-être croyait-il déjà à l'inutilité des sciences et comprenait-il l'opposition qu'il y a entre le jansénisme pur et la curiosité profane, mais sans pouvoir résister au démon de la géométrie et de la physique, h Tamour invincible pour la science dont il était dominé. Il a parlé quelque part*, des preuves métaphysiques « qui frappent peu et qui ne servent aux hommes que dans l'instant qu'ils voient la démonstration, car, une heure après, ils craignent de s'être trompés». Peut-être en est-il de même de son mépris systématique pour les sciences. Quand il lisait Jansénius, quand il écoutait Singlin, quand, sous le coup de la souffrance, il écrivait sa Prière sur le bon usage des maladies^ alors certes il méprisait bien sincèrement la science. Mais, une fois ces moments d'ardeur passés, après quelque intervalle écoulé, l'exemple de son père moins rigide que lui, les lettres des savants ses correspondants, la nouveauté des théories proposées, Tétrangeté des faits récemment découverts, l'originalité d'un problème, tout cela le tentait, sollicitait invinciblement son esprit (comme le lit plus lard la Roulette, à une