‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 59 sur 129 · H., XXV, 205; M., 257; B · texte numérisé non relu

H., XXV, 205; M., 257; B

3. Les Provinciales ont été interrompues en plein succès (1G57). Pourquoi? Selon M. Gazier, c'était «par principe de religion» : Pascal craignait l'orgueil, il craignait (cédant en cela à l'influence de la mère Angélique) d'offenser la charité, il craignait de paraître se substituer à Dieu même qui avait parlé par le miracle; c'était aussi par prudence : on négociait à ce moment une paix de l'Eglise; c'était enûn par déférence pour l'assemblée du clergé : elle s'était émue des excès de la morale relâchée et des abus de la casuistique {Histoire de la littérature française^ IV, 603 sqq. et Herue critique^ 29 juillet 1901, p. 71). — Pour M. Lanso.n, aucune de ces raisons n'est valable ou du moins décisive; la vraie raison, c'était la publication de la bulle d'Alexandre VU à Paris, le 12 avril : pour ne pas être réduit à accepter cette bulle (ce que les jansénistes ne voulaient pas) ou à la refuser (ce qui était dangereux), il fallait travailler à empocher le Parlement de l'enregistrer; et Pascal, laissant

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vait avoc un zMo pieux et tendre les progrès de la grâce chez ceux qu'il regardait comme des élus. C'est alors qu'il écrivit ses lettres à M'*' de Roannez, suMir de son intime ami et attirée comme son frèro au jansénisme. Il enseigne à cette jeune fille la terrible doctrine de la grùce, don gratuit, toujours renouvelé, toujours précaire et toujours indispensal)l<»'. Il lui montre», avec force l'horreur de co monde, « maison pestiférée et embrasée », horrible au point de rendre «< la mort souhaitable » et dont il faut absolument sortir*. 11 l'encourage donc à rompre le lien qui l'y tient attachée, quoiqu'il sache j)ar lui-même « qu'on ne se détache jamais sans douleur » et qu'<( on souiïre bien-*». Quand elle a pris enlin son parti, il entre « dans une espérance admirable », tout heureux de ne plus « rien craindre pour cdle' ». Et dès lors il travaille à la maint(»nir dans ses saintes résolutions: ou bien il l'encourage en lui faisant entrevoir « les trônes où ceux qui auront toul quitté jugeront le monde avec Jésus-(]hrist », ou bien il la remplit d'une crainto

les Provinciales, se donne h celte tâche dans la Lettre d'un avocat [y juin). Les jansénistes furent vaincus (lit de justice, 8 décembre): niais <L juste à ce moment l'occasion s'otï'rit de renouveler la lutte sur le terrain de la morale », et Pascal collabore aux Facfums des curés, ou même en écrit ((uelques-uns {Après les Provinciales daus lieuue d'hisloire interdire, janvier 1901).

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