‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 60 sur 129 · H., l. V ; B., l. III · texte numérisé non relu

H., l. V ; B., l. III

salutaire en lui répétant '< qu'elle peut encore tomber et être au nombre malheureux des jugés * ». Quand il craint qu'elle ne fléchisse, il l'exhorte à la joie chrétienne que doivent avoir ceux qui ont renoncé au monde, « car la vie des chrétiens n'est pas une vie de tristesse, et on ne quitte les plaisirs que pour d'autres plus grands- ». Pour la mieux lier ii Port- Royal, il la tient au courant des faits qui intéressent le parti ; il la renseigne sur la conduite à tenir et sur les précautions à observer ; il calme ses scrupules quand les jansénistes sont condamnés par l'autorité religieuse, et semblent prêts à se séparer du pape ^. En un mot, il s'est fait son directeur de conscience ; il se croit auprès de la sœur et du frère l'instrument de la grâce divine ; de toutes ses forces il veut l'arracher au monde, l'entraîner à la vérité, la tirer vers son Dieu ^.

Car, si jusqu'alors il y avait encore « quelque chose d'humain » dans ses doctrines et dans sa conduite, à partir du miracle, il s'absorba tout entier dans l'amour divin et méprisa toute chose qui ne tendait point ou à son salut ou à Pédification des autres. Comment aurait-il pu hésiter, lui que des merveilles, coup sur coup répétées, avaient « éveillé

Page 1