CHAPITRE II
T^popaphle i^aérale da plateaa r^atral de li% Fraare.
Lorsque TEarope était représentée par TArchipel que nous aTons indiqué , l'tle centrale oiïrait déjà sans doute de grandes inégalités de niveaux , des chaînes et des massib de montagnes , des ruisseaux , des rivières et des lacs. Depuis lors, sa surface a dû se modifier par Faction destructrice du temps et des eaux, et par les forces créatrices et soulevantes qui ont donné naissance aux roches éruptives.
Notre but, en ce moment, n'est pas de rappeler cette ancienne configuration , ni de suivre pas à pas les événements qui ont pu la modifier. Nous reviendrons par la suite sur cette étude si intéressante ; il nous suffira maintenant , pour riotelligence de nos chapitres ultérieurs, de jeter un eanp d'œil sur la topographie de ce sol tel qu*il est aujourd'hui, en nous abstenant même de rechercher sa nature pour ne connaître que les grands traits de sa surface.
L'tle centrale oiïre dans son ensemble un très-grand plateau presque uniforme, relevé çà et là de quelques chaînes ou de quelques groupes, et creusé de plusieurs vallées plus ou moins profondes.
Sa surface est sillonnée d'une quantité innombrable de ruisseaux dont le cours est souvent très-limité. Leurs confluents sont donc très-nombreux , ce qui découpe le terrain en une multitude de petites crêtes, tantôt aiguës tantôt ar-
TOP0GB1BHIE.6ÊKÉRALE. 7
rottdies, tfii s'avwoent en forme de caps saillants entre Jes deox petits cours>d'eaa qui, à l'aide du temps, lesonfcainsi faïQMiiéeSi Ces caps se réunissent en une bouche, commune qai n'e^telle^méme qu'un fragment d'un massif plus étendu, en sorte que le sol tout entier offre une immence série de décoopures et délestons » de collines et de petites vallées , de crêtes et de croupes arrondies qui en rei;ident l'aspect extrêmement pittoresque. Plusieurs de ces collines sont nues, presque stériles , d'autres couvertes de bruyères. Ailleurs, ce sont des plaines , des forêts » des champs cultivés et. tout le luxe d'une végétation vigoureuse , dont nous avons ailleurs essayé d'esquisser le merveilleux tableau (1).
Les principales montagnes de Ttle centrale sont en. allant du nord au midi : les puys de D6me , la chaîne du Forez , le Mont-Dore, le Cantal , la Margeride , la chaîne de Fix, 1» chaine daMezenc , le massif d'Aubrac, la Lozère , les Gévenoes y les Causses.
Les pnys de Dôme forment une double chaîne séparée par la rivièrp de Sioule , et dont les montagnes qui ont recule nom de Puys^ sont alignées assez régnlièrement du nord au sud; Ce sont des cônes ou des dômes arrondis sans escarpement, couverts de pelouse, souvent munis de cratères eioffrant une forme si caractéristique qu'il est impossible de ne pas en être frappé. Ils s*étendent depuis les limites du nord du département auquel ils ont donné leur nom, jusqu'au Mont- Dore auquel ils se rattachent par quelques chaînons isolés.
(i) Eludât sur la Géographie bolamqw de ^Europe et en particulier twrjcfille, du plalçau eenlral de la France» 9 vol. grand ip-8® avec planches. 4854-1858. J.-B. Baillière et fils; Paris, rue Ifautefeuille , 19; Londres , BiUlière , regenlSlreet.
La ligne de latte de ces montagnes ou plutôt de leur chaîne priocipale» fait la séparation des eaux de TAIIier et de la Sioule. Le Puy-de-Dôme est le point culminant et atteint une grande élévation. L'autre partie de la chaîne placée au delà de la Sionle à l'ouest, est moins étendue et n'offre que de petites éminences surbaissées, arrondies, qui ont bien moins d'importance que les autres.
La chaîne du Forez sépare le bassin de la Loire de celui de l'Allier. Elle se développe aussi comme les puys de Dôme à peu près du nord an sud et se trouve comprise en grande partie dans les départements du Puy-de-Dôme et de la Loire. Elle jette cependant des ramifications importantes dans la Haute-Loire, et au nord, elle s'avance sous forme d'un cap assez étendu jusque très-avant dans le département de l'Allier.
Cette chaîne ne ressemble en rien aux puys dont nous venons de parler. Il est rare que ses montagnes soient isolées. Elles se tiennent presque toutes par leurs bases et forment une longue suite de sommets la plupart surbaissés , arrondis en dômes , offrant çà et là quelques coupures assez nettes et escarpées ; les cols n'y sont pas fréquents, et ils sont assez élevés dans le milieu de la chaîne. Le point le plus haut est la montagne de Pierre-sur-Haute» située entre Ambert et Montbrison.
La chaîne du Forez se rattache an sud aux montagnes des environs d'Issingeauz , dans la Haute-Loire. Elle tient également au groupe du Pilât , dont nous n'avons pas à nous occuper; puis, à l'opposé, c'est-à-dire à l'ouest, elle se recourbe et forme le chaînon de la Chaise-Dieu, qui sépare le département du Puy-de-Dôme de celui de la Haute- Loire, et ce chaînon rattache encore à cette chatne les
montagnes deSaint-Germain-rHerm, de Fonrnols, de Saint- Amant 9 qui forment une petite série parallèle à celle da Forez et dont elle n'est séparée qae par le bassin d'Ambert. Considérée dans son ensemble , la chaîne du Forez , par sa largeur et son étendue , est un des traits les plus saillants du territoire que nous avons à étudier.
Le Mont-Dore se présente dans la partie méridionale du département du Puy-de-Dôme. C'est un groupe et non une chaîne. Son point central est le pic de Sancy » qui est le point le plus élevé du centre de la France. Tout le milieu du groupe est occupé par des masses escarpées , très-rapprochées , du pied desquelles partent de longues vallées, qui divergent comme d'un centre et s'étendent en rayonnant dans toutes les directions. A leur naissance , c'est presque toujours un pic élancé , qui marque l'origine de la vallée et qui la sépare d'une autre. Mais plus loin , ce sont de larges plateaux qui constituent des plaines élevées et dont les bords sont presque toujours coupés à pic. Ces plaines s'élargissent à mesure que les vallées s'écartent en rayonnant » et en s'éloignant de leur point de départ 9 puis elles s'abaissent, se découpent en petits plateaux morcelés et se confondent avec le sol raviné de la plaine.
Le département de la Creuse oiïre aussi un groupe de montagnes nommé la Gartaupe , qui se divise en plusieurs branches et dont une s'avance dans le département du Pny-de*Dâme , et vient s'éteindre en se confondant avec le grand plateau raviné qui forme toute la partie du sol situé à l'occident de la Siouie.
La Corrèze présente plusieurs groupes assez importants dont le principal 9 et le seul qui se rattache à notre circons-
1 0 TBftAAWa • PAIIHTIPS.
cription » est le Sucrome , montagne élevée qui domine une partie do département et vient se rattacher à celui du Pay-d^DAroe par one ramification.
Ce que nous avons dit tout h Theoredo groupe do Mont- Dore peut parfaitement s'appliquer au Cantal , vaste assem* blage de pics et de plateaux qui s'élèvent au milieu du département auquel ils donnent leur nom. Ce groupe oiïre au milieu un vaste bassin presque circulaire, point de départ des nombreuses vallées rayonnantes qui s'en éloignent ; mais au centre de ee même bassin s'élève un petit groupe de pics aigus qui marque le milieu de ce vaste assemblage. Les pics du Caatal ne sont pas plus élevés que ceux do Mont-Dore, mais ils sont plus massifs et plus volumineux. Les plateaux s'étendent beaucoup plus» loin; ils sont plus larges et plus vastes; les vallées sans être plus profondes, sont beaucoup plus longues ; elles sont plus nombreuses et oiTrent les plus beaux sites de toute l'Ile centrale.
Les montagnes de la Haute* Loire conservent dans leurs formes des caractères qui les rapprochent aussi de celles du Mont^Dore et du Cantal ; mais^ au lieu de former un groupe central dont les sommets vont successivement en s'abaissent de tous o6tés , elles constituent plutôt deux chaînes séparées par le cours de la Loire. Une de ces chaînes , la plus occideiitale^ n'est qu'un prolongement méridional des montagnes de St^4xermain-rHerro et de Feurnols, car ces deux lignes se confondent vers la Chaise-Dieu. Celle de la Hante-Loire poikse à Fixt et s'étend ensuite sans interruption à l'ouest du Puy jusqu'au-delà de Pradelles , où elle va se rattacher aux montagnes de l'Ardèche et par conséquent aux Cévennes. Sa crête est ondulée et souvent formée de montagnes coniques et alignées qui rappellent les puys de Dôme par. leur forme
ci ira? MRStîiiition* La se^êndé ligne est celle do- Mégal, à loricnt^e la Loire. Elle renferme lé-Mézenc, le point le plus élevé des mentagnes- de la Haute-Loire. Elle se •compose d*«ne série de montagnes coniques, souvent trèsH'éguliëres et isolées , et placées en lignes sinueuses sur un haut phteaaqui, d'un côté, se prolonge vers le Forez et de Tautre fers les Cêveones ; car au-dessus de la source de TArdèche , les deux lignes qui peuvent élre considérées comme les ases des montagnes de Fix et du Mégal , viennent se confondre en un seul point dans le département auquel cette source doBoe son nom.
La Margeride est un long plateau , très-haut et relevé çà et là de petites éminences qui atteignent une grande hauteur absolue, mais qui sont peu sensibles sur le relief de la chatne, à cause de la grande hauteur des soubassements ; elle commence dans le département du Cantal , à Test de St-Flour , et vient finir au Borne, au-dessus de Monde, dans le département de la Lozère .
Cette chaîne semble se rattacher par un rameau aux montagnes d'Aubrac qui forment un groupe assis entre les départements du Cantal, de la Lozère et de l'Aveyron. Ce sont des montagnes (rès^accidentées , offrant des pics , des plateaux et des ravins très-profonds du côté de la Lozère. Elles s'abaissent en longs plateaux du côté de TAveyron et gagnent les plaines au-delà de la Guiole. Ce groupe , quoique assez restreint , contribue beaucoup à la physionomie et à Taspect pittoresque do pays qu'il domine.
La montagne de la Lozère est une très-grande arête , a sarface onduleuse et arrondie qui a donné son nom au département où elle se trouve. Elle est dirigée presque exacteoient de l'ouest à Test et coupée transversalement par des cols
très-élevés et séparés par des croupes arrondies et coQvertf*s de blocs volumineux. Entièrement détachée à l'ouest , cKe se rattache aui Cévennes, à Test, par un prolongement qui passe près de Villefort. Cette montagne domine toute la con* trée à une très-grande distance.
Les Cévennes constituent les montagnes les plus arides et les plus dégradées de toutes les chaînes et de tous les groupes de rtle centrale; elles s'avancent sous la forme de larges caps, profondément ravinés au milieu des causses du Gard et de la Lozère ; leurs sommets les plus élevés se montrent aodessus du Vigan et de Valleraugue où l'Aigual élève sa cime décharnée. Une multitude de pics se dressent à l'origine de vallées à bords escarpés , et de longues crêtes dentelées se superposent au loin , annonçant la ruine et la vétusté. Ces montagnes vont passer près de la Lozère à l'ouest , et se prolongent vers celles de la Haute-Loire « se continuant en quelque sorte avec les Boutières et de là viennent se coofondre avec la chaîne du Forez que l'on pourrait encore regarder comme une de leur dépendance. Ainsi considérées dans leur ensemble, les Cévennes formeraient le trait principal dans les inégalités du sol de l'tle centrale; car, changeant de nom suivant les localités, elles ne formeraient cependant qu'une longue chaîne montagneuse, garnie de rameaux et d'embranchements, montrant çà et là de hantes saillies , et formant au sud et au nord les deux caps de Ttle primitive. Ce sont encore les Cévennes qui se prolongent dans la Bourgogne au-delà des limites que nous nous sommes tracées, et en réunissant cette longue ligne de faites qui s'étend depuis St-Jean-de-Breuil jusqu'à la Bourgogne , noas remarquons qu'elle fait la ligne de séparation des eanz qui se rendent d'an cAté, dans la Méditerranée et de l'autre dans rOcéan.
E1160 nous trouvons de bien curienses montagnes, n'affectant ponr ainsi dire aucune direction déterminée , maisbordaDt, sous forme de grands fragments interrompus, tout le cap sud de Ttle centrale , se rapprochant de la ^nde ligne de la Lozère et se développant aussi à la base sud des montagnes d'Aubrac et de i'Âveyron ; elles se montrent également à l'est depuis St-Hyppolite jusqu'à Privas et suivent enfin les bords de Tile centrale. On les désigne sous le nom de Causses. Ce sont rarement des pics et presque toujours des plateaux , dont les formes et la aatore ne rappellent en rien les autres groupes que nous arons signalés. Ces énormes masses sont dégradées de toutes parts, presque stériles à leur partie supérieure et séparées par de profondes coupures , où les torrents se réfugient en grondant. Sur quelques points , ces plateaux sont imoienses; mais nous n'avons pas mission de les suivre sur toute leur étendue ; nous nous contenterons d'étudier leur contact avec notre grande lie ; car ce sont eux q[iii indiquent les rivages où l'océan de l'époque jurassique venait briser ses flots sur le sol insulaire que nous essayons de décrire aujourd'hui.
Un pays coupé, comme nous venons de le dire, par des chatoes de montagnes plus ou moins ramifiées, et présentant çà et là des groupes immenses, surajoutés sur un vaste plateau qui est partout profondément raviné, ne peut offrir un grand nombre de plaines, et nous ne poovoDS même donner ce nom qu'à des vallées quelquefois assez larges, mais partout relevées d'une infinité de petites saillies.
La principale est sans contredit la Limagne , qui commence dans la Haute-Loire , près de Paulhaguet ; qui ,
1 i TEBBAIM» PHHUTIPS»
cl*abord très-étroite» 8*élargit bientôt pour se rétrécir encore et s'ouvrir de nouveau comme on vaste estuaire. Les plaines fertiles de l'Auvergne et les vastes surfaces caiUoo* teuses du Bourbonnais , appartiennent à cette grande vallée fermée dans le Nivernais par des collines transversales, au-delà desquelles la plaine se continue d'une manière très* irrégulière.
La chaîne des puys de Dôme s'élève sur son bord occidental , et la chaîne du Forez proprement dite la limite a l'orient; mais avant d'arriver au point où est situé Moulins^ et vers le Donjon , le cap qui faisait le prolongement de la chaîne du Forez s'abaisse et disparait « et le bassin de l'Allier se trouve alors en communication libre avec celui de la Loire. La plaine de Roanne , bien moins grande que la Limagne, s'ouvre dans celle-ci et s'étend i Test jusqu'auprès de Charolles.
La plaine la plus remarquable après celle que nous venons de citer , est celle de Montbrison. Au lieu d'être allongée et irrégulière comme la Limagne » elle se présente sous la forme d'un ovale presque parfait avec quelques points saillants. Elle est séparée de la plaine de Roanne par un long déflié et forme un bassin isolé et presque fermé au milieu de la longue chaîne du Forez qui semble avoir écarté ses branches pour lui donner^naissance.
Un ovale bien plus allongé » présente au loin de cette plaine une autre vallée , qui annonce encore une dépressioa dans la même chaîne de montagnes « c'est le joli bassin da Ijvradois » dont Ambert est la capitule et Ariane la porte d'entrée.
Montiuçon et Villerranche , dans le département de
rAHîer , onlaus^i chacua ud bassin doQt retendue n'est pas très-consîdéra ble .
L'tle centrale a encore deux autres grandes valléea que Ton oe peut guère qualifier de plaine , mais qui, cependant , par lear position relativement au sol environnant, constituent réellement deux bassins distincts. C'est la plaine d'Âurillac et le creux du Puy.
La première offre une assez vaste étendue de terrain, relevé çà et là de petites collines , et entouré de pics on de larges plateaux. Ses découpures sont nombreuses et essayent de se prolonger entre les lignes sinueuses et les crêtes des montagnes voisines. Le second est plutôt une vallée qu'une plaine ; le sol est inégal et s'avance de tous côtés dans les écfaaacrures que laissent les montagnes. Un des traits remarquables de ce bassin , c'est sa division en deux parties formant le creux du Puy et le bassin d'Emblavés.
H D'exîste pas dans toute notre circonscription d'autres plaines importantes ; mais on ne peut se faire une idée du nombre de petits bassins , de plaines rétrécies , de vallées à fond plats et de sols d'anciens lacs que nous présentent ces curieuses contrées. Nous devons les omettre ici , car ces petits accidents de terrains n'ont aucune influence sur la configuration générale du sol ; nous reviendrons, plus loin, sur leurs limites et sur leurs caractères , quand nous nous occuperons des anciennes nappes d'eau qui ont recouvert autrefois File centrale , et des dépôts qu'elles y ont abandonnés comme pour laisser un témoignagne de leur séjour.
Compter les sources et les ruisseaux qui s'épanchent et circulent sur le grand plateau de la France centrale, serait certainement impossible, comme nous l'avons déjà dit. L'inspection d*uoc carte hydrographique donne une idée juste de
1 0 TEERAOI8 PRIMITIFS.
cette admirable disposition. Oo voit partout les cours d'eau qui naissent , qui se réunissent et s'échappent en divergeant de ce sol élevé. Il semble que Ttle centrale soit encore audessus des Ilots, et que les eaux ruisselantes des montagnes* descendent de tous côtés dans l'Océan qui Tentoure. Les grandes directions des cours d'eaux sont restées les mêmes^ et si Ton voulait représenter par une comparaison , le réseau d'eaux courantes que nous venons d'indiquer , rien ne pourrait mieux en donner une idée « que 5 à 6 grands arbres arrachés aiec toutes leurs racines» conservant des troncs allongés et dépourvus de leurs branches ; en les couchant sur un sol incliné de telle manière , que les racines fussent dirigées toutes vers le milieu du monticule » tandis que ces troncs divergeants s'éloigneraient du centre, on aurait une disposition en tout semblable à celle de nos cours d'eaux, dont les derniers filets représenteraient les plus fines divisions des racines. Ceux-ci réunis donneraient lieu à des branches plus considérables 9 ce sont les gros ruisseaux, puis les petites rivières et enfin les fleuves qui sortent comme des troncs sur les divers versants du plateau central.
La grande arête des Cévennes partage les eaux entre rOcéao et la Méditerranée. L'Hérault prend sa source à Villeraugue; les Gardons, dans les Hautes-Gévennes; TArdcche , au-dessus de Maj res ; elle reçoit comme affluents , le Ghassezac , la Drobie , la Beaunne , la Borne , dont les sources ne sont pas très-éloignées du Palais-du-Roi qui est à l'extrémité de la Hargeride ; le Doux et l'Erieux sont alimentés par les montagnes de la Haute-Loire, et tontes CCS rivières s'échappent du versant méditerranéen des Cé\ennes.
Ou versant opposé , sortent un grand nombre de rivières.
TOPOGRAPHIE GivréllALE. 1T
La Dourbie , la JoDte , la Brèze « le Tarnon rayonnent de rAignaL Le Tam et ses affluents supérieurs » la Mimente» le Ramponnet , TAvignon , la Valbrières , naissent du versant sud de la Lozère, et s*engagent pour s'échapper dans les afFreoT précipices qui séparent les grandes Gausses de Sainte-Enimie.
Le Lot , qui court à l'ouest , prend naissance sur le versant nord de la Lozère , au-dessus du Blaymard , et s'échappe aussi à travers les Causses; puis, pendant un cours très-prolongé jusqu'à Espalion, il ne reçoit guère d'affluents que sur sa rive droite , mais ils sont nombreux ; ce sont une foule de petites rivières et de ruisseaux qui descendent de la Hargeride , et surtout des montagnes d'Aubrac. Le versant sud du Cantal contribue beaucoup aussi à augmenter les eaux du Lot, qui en reçoit également de TAveyron. Le principal affluent de cette rivière est la Truyère dont le cours est partout fortement accidenté, et qui rassemble les eaux d'une très-grande étendue de terrains ; c'est la chaîne de la Margeride qni forme l'arète o& les eaux se divisent pour couler d'on cAté dans TAIIier et de l'autre dans la Truyère.
Toutes les eaux qui courent dans les nombreux vallons situés entre la Margeride et la crête des montagnes d'Aubrac hi sont destinées, et c'est un immense réseau. Les versants sud et est du groupe du Cantal , conduisent aussi à la Truyère , qui devient à Entraigues un des principaux tributaires du Lot. Le groupe du Cantal, si important par sa masse et son élévation, constitue un de ces centres hydrographiques destiné à alimenter un grand nombre de rivières; ses profondes vallées rayonnantes, conduisent des eaux limpides et abondantes à trois grands courants , qui sont : le Lot, la Dorgogne et l'Allier.
1 8 TEAftAIHS MWmFS.
Noas venooâ de voir que la Trojère rassemblait pour le Lot^ ane partie des eaax do versaot méridionaL La Chalèbre, le Horles, TAfides vienoeat y affluer avant la jonction d'Entraigaes.
La Celle , après avoir reça la Raoce, la Vayre, etc.» va se jeter dans le Lot ao-dessoas de Figeac, et TAoïe y descend aussi aa-dessoui de Casbianoase.
Les rivières les plus importantes da versant occidental , sont : la Gère , TAuze , la Rue» la Sumène , la Doure et la Harenoe. Elles sont tontes tributaires de la Dordogne.
De nombreux cours d'eau descendent aussi au nord et à Test du Cantal» telles sont: la Sarde» la Gazelle» TArcueil » TAgnolon » le Devirooz » la Graveyre » Bartonnel» la Sionne » Verteresse, et qui toutes» à Teiception des deux premières» se réunissent à l'Alagnon» chargé de porter leurs eaux dans TAIIier » près de Charbonnières. La Sarde et la Gazelle se conrondent et rejoignent FAIIier à Vieille- Brioode*
Le département de la Creuse donne naissance à plusieurs rivières dont Tune qui lui donne son nom» commence sur le versant nord de la ligne de faite » qui le sépare de celui de la Corrèze» tandis que le versant sud donne de suite la Diège et la Sarsonne qui descendent an sud pour se réunir an-dessous d'Ussel.
Dans le même groupe on plutôt sur le flanc du même plateau» on voit paraître le Cher et plusieurs de ses affluents tels que le Tardes » la Tardelle » le Doulouz » le Mazeau. Une ligne de faite» qui part de ce plateau pour se diriger sur Hontaigut» rejette à l'ouest les sources du Honson » du Berou » du Buron , qui coulent dans le Cher, et à Test celles du Mérinchal , du Sioulet , du Goly et de
TOPOGflUCnifi GéNÂlÊÉi^ 1 9
h BtaUe qat verseot dans là Sioule et (but déjà partile do graAd beâin de ^Aliter.
Le HoBl^Bore , bien' mokis important soua lie rèppott^ hjdrogHphiqne qoe le Cantal , oiïre d'abord à Tonest et' près de sbVi sommet , b source de b Oôrdogne; aci sud^ qnélcynes itaissdaBX qoi se rémiissent i Ifr Rae ; à Test , le^ Couses qui courent rapidement à rAliier, et au hord , uù réseaa de petite ruisseaux qui par leUr réUàion forment la' Sioule.
La Loire et FAIIier dont tes grands bassins sre séparent entièrement pour se réunir ensuite à Teitrémité nord de notre' territoire, prennent toutes deux naissance dans \eû Cévennes, aa mMi de l'tle centrale , et coulent toutes deux vers le nord 9 traversant ainsi la presque totalité du sol que norus devons étmlier.
€*est au Gerbier-de-Joncs ^ dans TArdèche » que* la Loire commence ; quelques ruisseaux descendant des montagnes de la Haute-Loire , viennent bient6t la grossir : tels sont, le Tauroù, la Langaniole, la Gafïéille, le Doloron, là Borne, qui lui arrive du nord dans une direction tout opposée à son cours , qui se dirige aussi vers le nord.
Déjà la Loire a dépassé le Poy et eHe reçoit sur stf rive droite la Sumèoe , le Lignon , quelques ruisseaux qui naissent sur le terrain hfouiller de St^Etienne, la Cotre, le Bhin près de Roanne , le Cbandonnet , la Recouce , et près de D^oio, TArroux qoi descend du Morvand. Une foulé de petites rivières s'y rendent encore de Dijjoin à Deciate , teb sont le Blandènnin, la Roche, le Doulin^ le Yeïou, la B<^rne , la Somme ^ le Pont et T Aron , qui Vient rejoindre à Deciid*
Sur la rive gauche , nois voyoïtta atfluep lai Borne qui
20 TBEBAUCS FBIMlTirS.
passe sa Pay , le Rame! , le Tison , TAroon qoî descend de Craponne » TAnce, le Boason » la Mare , le Gand , le Li* gnon près de Feors , T Aii et TYsable , qui naissent comme le Lignon , sur le versant oriental de la chaîne do Forei , le Renaièon , qui passe à Roanne , TOodan , la Tessone » TArcel » TArfon , la Yonxanee » TOIde , le Boodoo et la Bèbre , dont les sources disputent les eaux du Sichon , sur le versant occidental , qoi appartient presqu Wièrement à TAIIier. L'Acolin et TAbrun versent «a-dessous de Decise, et la Loire ne reçoit plus guère que le Lichien et la Colche» avant de se réunir à TAIIier.
L*Allier a un cours plus prolongé que la Loire dans les contrées qui nous occupent ; il reçoit plus d*eau , il est alimenté par un plus grand bassin. Sa source est placée plus au midi que celle de la Loire , près de la Bastide , sur aa prolongement des montagnes de la Margeride. Son bassin est d'abord très-étroit , car il est alimenté par les deui versants assez rapprochés de la partie est de la Margeride , et de la portion sud des montagnes de la Haute-Loire , situées entre Fil et Pradelle.
Dans ce trajet il reçoit sur sa rive droite » TEsperonette et le Javeux ; à gauche , il reçoit le Langouiron , le Cha* peauroux » TAnce , la Suejols et THerm ; alors il atteint Vieille-Brioude » où lui arrivent à gauche de petites rivières descendant du Cantal , et à droite , le Doulou » la Senoure et la Ternivelle , puis à Topposé TAlagnon , une couse et le Lembron.
Une fois entrée dans la Limagne, TAIlier parcourt un bassin élargi » et reçoit de très-nombreux affluents , dont plusieurs sont très- puissants. On compte sur la rive droite 4 partir d*Issoire , TAIIioux , la Dore , qui lui apporte une
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grande partie des ruisseaux du versant occidental du Forez et <fes montagnes d'Ariane , le Sichon , le Mourgon , la Redan , le Valençon , la Sonante , et au delà de Moulins , quelques ruissaux sans importance.
Les affluents de sa rive gauche sont plus considérables : ce sont depuis Issoire : la couse Pavin , la couse Chambon, la Weye, TArtier qui passe & Clermont, la Morge, le Buron , l'Andelot , la Sioule qui est le plus fort tributaire de l'Allier , l'Ours , la Bourbes et quelques ruisseaux , pois l'Allier se jette dans la Loire un peu avant Nevers.
L'Ailier perd son nom en s'unissant 4 la Loire ; mais il est facile de voir que c'est le cours d'eau le plus important du grand plateau de la France centrale. La large vallée de la Limagne est un des grands accidents du sol dans cette partie de la France. Ses affluents s'étendent et se raroiGent à l'infini sur le versant de plusieurs chaînes et de plusieurs groupes de montagnes , et tout nous porte à croire qu*è cette époque que nous avons signalée où nos contrées formaient au milieu des mers uoe grande lie battue de tous cotés par les flots , l'Allier en était le cours d'eaU; principal et versait directement ses eaux dans l'Océan. La Limagne était un estuaire à l'entrée duquel les eaux douces et les vagues marines luttaient souvent de masse et de puissance.
Une foule de petits accidents de terrain se présentent encore dans les contrées que nous allons décrire , ce sont des lacs quelquefois très-profonds , ce sont des cascades, des marais plus ou moins étendus , ce sont des déserts presque inabordables formés par les courants de laves qui se sont échappés des volcans, des colonnades basaltiques , des pics isolés , de vastes plateaux unis et coupés è pic de tous cAtés. Ce sont des cimes arrondies, des crêtes den-
22 TKiBAIIfS niHuraBs.
telé^s, etc. ; mais ooas revieudronn par.b soite sor qes détails de topographie inséparables de la .nature do sol qae ooas «oroBS à étudier ; il aous suffit pour le qnoment d!en avoir fait connaître les traits principaux.
Nous terminerons cet aperçu en faisant remarquer taxHe ripiportanœ de la saillie du sol de la France que l'on désigne spos le nom de FiaUau ou de massif central. Il s'en faut pourtant que la partie de l'Europe que nous ^dions soit la plus élevée , car si nous comparons , non pas les hauteurs des montagnes , mais Faltitude moyenne de la plaine qui les supporte , nous ne trouvons pour TAuvergoe qu'une bible élévation comparée à celle d'antres contrées. C'est ce que nous indique le tableau suivant extrait de VÀiie centrale , par Hnmboldt (t. 1, p. 10).
HAUTECR nSS PEINCIPAPK PI.ATBAinC.
Auvergne (1 ) «340 mètres.
Bavière.... 500
Espagne 700
Mysore 900
Caucase 950
Popayan 1700
Abyssinie 1800
Afrique Australe 1900
Mexico 2200
Quito 2700
Titicaca 4000
il ) La liaatear Indiquée Ici par Hamboldt est celle de la plaloe de la Lu bmfie,ctf la plaiMM qoisapparte leaetoea vsteaalqiefta osealiltade nêpeaM de 790 II 900 mètres, c'ait-à^re eaviron 800.
T0P0GÀÀPH1C GÉNÉRALE. 23
Nous ignorons Ta cause de ces bonleversements , qui font de la terre un sphéroïde de révolution peu régulier, «t nous ne rcrbercfierons pas cette cause pour les contrées étrangères à l'Auvergne. Tout nous porte à croire que pendant le refroidissement de notre globe , la matière encore incandescente de rintérieur , a pu s*accumu1cr à une certaine 4îs(ancc de la surface et occasionner une surélévation. On n'accepte plus en géologie ces immenses houleversements, ou diocs de comètes et ces changements d*axes appelés è Takie de nombreuses hypothèses; le fait que fai^ede la terre, dans son plus petit diamètre, coïncide avec l'aie actuel de rotation , prouve que cet axe n'a pas changé depuis qne la croûte du globe a pris la forme solide qu'elle a conservée jusqu'à ce jour.
Les observations faites sur l'oscillation du pendule , à i'abwr^atoire de Toulouse , par M. Petit ; celles qui ont été lûtes en différents points par Rozet et par d'autres physiciens , indiquent toutes pour l'Europe et pour la France en partieoKer, un aplatissement plilis faible que celui des autres parties4e ht terre. Mais il est en Europe des points dont la saiitie est plus considérable. Ainsi , d'après les observations de M. Elle de Beanmont {Recherches sur les révolu^ tiofu de la eurface du globe , 1830, p. 729) , lorsque l'on traverse ^e Tduest à l'est le midi de la France et de la Ix>iiibardie , on trouve à Dordean'x la plus faible intensité de pesanteor, puis l'intensité croit rapidement h Figeac, h Clerment-Ferrand et à Milan jusqu'à Padoue où elle atteint son maiimom. C'est au village d'Opme , près Clermont- Ferrand , que le pendule indique la plus grande bosselure du plateau central , et nous reriendrons sur ce sujet en nous occupant du terrain basaltique. Ainsi, l'aplatissement de
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la terre poar lequel on admet 1/300 enviroo^ est loin d'être uniforme sur tonte sa surface.
La cause ou plutôt la théorie de ce renflement général de la zone moyenne , également distante du p6le et de Téqua* teur , a été donnée par M. Babiuet. « Il peut se faire , ditil f que cette vaste masse Onide du globe ne tourne pas uniformément sur elle-même, et que les parties centrales tournent un peu moins vite que les continents qui constituent sa surface. Cette théorie , continne-t-il » est d*aocord avec ridée de rechutes successives de Tenveloppe extérieure vers le centre, lesquelles ont dû donner aux masses, rapprochées du centre , un surcroît de vitesse de rotation. »
M. Babinet conclut que si i*hjpothèse qu'il vient d'eiprimerest réellement la cause efficace de ce que Ton observe, on voit que les continents , tournant plus vite vers l'orient que le noyau central qu'ils devancent, feraient un tour de plus an bout de 50,000 tours ou une révolution de plus en 1 ,500 ans.
H. Babinet tire de cette hypothèse des conséquences d'une haute importance sur Tétat actuel de la manifestation des fluides électrique et magnétique sur la terre. Il regarde alors la terre « comme une vaste machine^électrique dont le fluide serait développé par cet immense frottement dont les courants^ de l'est à l'ouest, seraient la cause de la direction de l'aiguille aimantée du nord an sud avec toutes ses irrégularités, dépendant naturellement de l'inégaUté des épaisseurs de la croûte terrestre, des accidents de tempéretore et du déplacement intérieur de la lave et du fluide œntral. »