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DU TERRAIN PRIMITIF DU DÉPARTEMENT DE LA LOIRE

L'étade da département de la Loire a été faite avec un Boin particulier par M. Gruoer , ingénieur en chef des minés. Il a consigné ses travaux dans un ouvrage remarquable, sous le titre de Description géologique et minéralogique du département de la Ijoire. Ce volume, qui sort de l'imprimerie impériale, porte la date de 1857;

M. Gruner eut bientôt reconnu qu'il ne pouvait faire la description d'un département aussi intéressant, sans la rattacher à la géologie des contrées voisines et même à la géologie générale , et il a touché au moins à toutes les grandes questions de la science de la terre.

Nous ne pouvons donner ici que de courts extraits de cet important travail , et quoique nous ayons nous-méme parcouru une partie de la région qu'il décrit , nous devons admettre que ses observations ont pins d'autorité que les nôtres » et nous devons aussi avoir plus de conGaoce dans les conclusions qu'il en tire.

Au point de vue de notre ouvrage , le caractère le plus saillant du département de la Loire , c'est la chaîne primitive du Forez qui sépare la Limagne proprement dite de la plaine du Forez , et le bassin du Bourbonnais de celui de Roanne. Une autre grande chaîne primitive sépare les plaines de la Loire de celles où la Saône et le Rhône conduisent leurs eaux , et la direction générale nord-sud , si fréquente pour tous les accidents du plateau central , se manifeste encore dans ces deux grandes saillies.

Les gneiss et les çiicaschistes , ainsi que leurs modifications , en un mot , toutes les roches primitives schisteuses ,

constituent une assez grande partie de ce sol primitif, dont le reste est occupé par les granités éruptifs » les amphibolites et les porphyres ; ces derniers , selon M. Gruner , n'appartiennent pas en général à l'époque primitive. Mais comme déjà nous avons parlé de la classiGcation du porphyre par M. Gruner » et qu'ayant égard aux liaisons de ces porphyres avec les gneiss et les granités , nous les avons décrits en traitant du terrain primitif du Puy-de-Dôme , nous nous occuperons aussi de ceux de la Loire , dans ce paragraphe» sans vouloir , en aucune façon , contrarier les idées de M. Gruner.

Les roches schisteuses primitives sont , pour M. Gruner comme pour nous , le granité légèrement schisteux , le gneiss proprement dit » le micaschiste et stiaschisie , et le schiste argileux. Ce dernier , dit M. Gruner , « est plus ou moins modiGé ou endurci par le phénomène encore si obscur du métamorphisme , c'est-à-dire de l'action réelle ou supposée que les roches d'épanchement ont exercée sur l'enveloppe solide du globe pendant toute la durée de leur période d'éruption. »

Le gneiss est évidemment la roche dominante du terrain schisteux. Il s'élève très-haut dans le Beaujolais , et monte au maximum à 1,000 à 1,200 mètres, tandis que le sommet du Pilât atteint 1,434 mètres ; mais il est formé par du granité schisteux que M. Gruner distingue du gneiss. Quant au micaschiste , il dépasse rarement 800 à 900 m.

M. Gruner n'a pu évaluer que d'une manière très-approximative la puissance du gneiss ou de l'ensemble du terrain schisteux, mais il pense que cette puissance est au moins de 3,000 à 4,000 m.

Ce terrain aurait précédé tous les antres , et aurait été

488 TBEEAINS PRIMITIFS.

» Le gtaoiie de la Loire renfenne k pea près les mêmes roches subordonnées ou accessoires qae le gneiss ; le quarte blanc laiteux s'y trouve en puissants filons» spécialemeni dans le nord de la chaîne du Forez ; les pegmatites et granités graphiques sont fréquents k Textrémité opposée des montagnes du Forez. Plus rarement le feldspath se montre en masses grenues blanches, dites leptynites ; cependant on en voit un exemple k Marcilly, au nord de Montbrison : œ feldspath est criblé de petits grenats rouges très-brillants.

» La serpentine se rencontre en deux points seulement» et en masse fort peu étendue au pied oriental du Pilât. »

Les filons métallifères sont rares dans le granité , mais cette roche contient des tourmalines, des grenats, de Téme» raude, de Tandalousite, de l'amphibole et du quarte agathe et calcédonieux diversement coloré.

a Le granité couvre à peu près le tiers du département de la Haute-Loire ou 155,660 hectares , ou près de trois quarto de la surface occupée par les terrains anciens. »

Après ces caractères généraux, M. Gruner passe en revue les principales régions granito-gneissiques , et nous regret* tons de ne pouvoir donner que de courte extraite de ces intéressantes descriptions.

« Dans la chaîne du Pilât , la séparation entre le granité éruptif et le gneiss est toujours bien tranchée ; le granité schisteux , lui-même , à la base du gneiss , ne passe jamais au granité grenu proprement dit , cependant , il ne s'ensuit pas que la ligne séparative des deux terrains soit facile à tracer avec précision sur une carte. Non-seulement, la série des pointe de contact forme une ligne festonnée très-irrégulière, mais encore le granité reparaît à diverses reprises au milieu du gneiss , sous forme de dykes plus ou

moins poissants. Sur le versant oriental de la chaîne, le gneiss ne se montre plus en masses continues ; il a été disloqué par le granité et réduit en lambeaux d'une faible étendue; souvent même ce sont de simples blocs de quelques décimètres cubes.

a Le granité éruptif de la chaîne du Pilat , appartient principalement à la variété à grains Gns. Nulle part , M. Gruner n'a aperçu le granité à gros grains ; mais on voit du granité porphyroïde , passant au granité à grains fins entre Pellussin et la Croix-de-Montvieux , et à la descente vers Bourg- Argental y sur la route de Paris à Marseille. »

<c Les schistes cristallins auraient été ridés avant le soulèvement du Pilat. Cette chaîne est sillonnée de crêtes obliques courant du S.-S.-O. au N.-N.-E., parallèlement aux strates des schistes. Ces strates sont d'autant plus inclinés qu'ils sont plus voisins du pied de la chaîne. Quant au sommet du Pilat, entre la croix de Montvieux et le col du Bessat , la crête est formée dans toute sa longueur de granité schisteux. Ce granité n'a jamais l'apparence porphyroïde ; il est toujours beaucoup moins micacé, et par suite' aussi beaucoup moins friable que le granité éruptif grenu; il s'en distingue enfin par l'absence complète de morceaux empâtés de gneiss. »

Ce granité forme sur le Pilat , des amas et des séries de blocs entassés et intacts, nommés chiraUf analogues à ceux que nous remarquons sur quelques montagnes primitives de la chaîne du Forez , aux environs de Pierre-sur-Haute et au grun de Chignor, au-dessus de Vollore.

Un des faits les plus curieux que présente cette chaîne , se trouve à la descente vers Annooay , sur le versant oriental. « Le granité grenu passe graduellement an granité

porphyroïde gris, à grands cristaux de feldspath blanc. En même temps , la roche est criblée de fragments empfttés de gneiss : les blocs sont de toute dimension , depuis la grosseur du poing jusqu'à celle de plusieurs mètres cubes ; ils sont presque tous plus ou moins allongés dans le sens du plan des strates » mais leur position relative n'a rien de Gie. Les angles et arêtes des fragments sont en général un peu émoussés et même arrondis , mais il n'y a jamais passage du granité au gneiss ; même lorsque les deux roches sont intimement soudées » la séparation est toujours nette , et parfois le bloc se détache spontanément en laissant un vide au milieu du granité. Enfin » ces débris du terrain schisteux n'oiïrent jamais le moindre indice de fusion ou de scorifi* cation ; tandis que des fragments de gneiss emp&tés dans le trachyte du Capucin au Mont-Dorc , ont paru à M. Gruner complètement scorifiés et fondus sur les bords. »

Ce n'est pas le seul exemple cité par ce savant géologue en faveur de la formation neptunienne du granité. Il indique encore près d'Oréol p h la limite du département, un point où le granité « s'est insinué dans toutes les fentes et fissures les plus étroites du terrain de gneiss , et cependant il n'y a nulle part la moindre trace de scorification. »

Dans la chaîne du Forez, M. Gruner a remarqué, sur le versant de la Loire comme nous l'avons fait sur celui de l'Allier, l'abondance des granités éruptifs , « cependant il n'est pas douteux que , antérieurement aux éruptions granitiques, le terrain schisteux n'occupAt également cette partie du plateau central , car on trouve là aussi , en une foule de points, au milieu du granité, des débris et blocs de gneiss. Mais si le schiste a été anéanti d'une manière ansn complète , il faut en conclure que les épanchements grt-

nitiqaes ont dû être plus nombreux ou plus énergiques dans ce district que dans le Beaujolais. )>

» Les granités de la chaîne du Forez sont très-variés ; cependant le granité friable à grains fins et à mica noir ( le granité type du Forez ) est de beaucoup plus abondant surtout dans la partie sud ; vers le nord, on le voit passer au granité à gros grains ou à la variété porphyroïde. d

I)ans la partie sud , on remarque souvent aussi des fragments Âe gneiss empfttés sans avoir subi la plus légère scorification.

» Au nord du défilé de Noirétable , surgit le dernier des quatre chaînons principaux , dont se composent les montagnes du Forez ; c'est le puy de Montoncelle , avec deux côtes parallèles peu importantes , voisines de Cusset , sur les rives du Sichon.

» Le chaînon de Montoncelle commence au défilé de Saint- Julien-la-Vestre et embrasse , à son origine , les territoires des communes de Servières , les Salles et Arconsat. La roche dominante est le granité k gros grains , rose ou blanc de la vallée de Noirétable , au milieu duquel reparaît çà et là y comme aux Salles , le beau granité porphyroïde , blanc et gris, de Saint-Julien-Ia-Vestre. Très-rarement on observe des passages au granité à grains fins , ce qui a lieu cependant au bourg de Gervières.

9 Le même granité à gros grains , diversement nuancé , constitue la suite du chaînon » c'est-à-dire les hauteurs du bois du Guet » les bois de Saint-Thomas , et le pay de Montoncelle proprement dit. (Nous l'avons considéré comme un porphyre). Rarement il devient porphyroïde, et nulle part » même lorsque les éléments cristallins sont menus , on ne retrouve le véritable granité type du Forez , qui est si

bien caractérisé dans la partie sud de la chatne. Cette variété principale ne franchit pas la ligne de Boen à Thiers.

» Le granité de Hontoncelle ressemble davantage à celui du Beaujolais (Panissières et Ville-Chenève) qu'au granité ordinaire de la chatne du Forez ; cependant il est plus riche en quartz et ne renferme jamais de l'amphibole.

)> Le chaînon granitique de Montoncelle se prolonge vers le nord jusqu'aux limites des montagnes du Forez. Il constitue à son extrémité , les deux crêtes N.-O. S.*E. qui bordent le Sichon près de Cusset et en général les coteaux qui longent le bassin tertiaire entre Vichy et la Palisse.

» Les montagnes du Forez, comme celles du Beaujolais, abondent en Glons quartzeux; ils semblent se rattacher d'une manière spéciale au système des chaînons du Forez. Les grands Glons quartzeux de nos terrains anciens sont , en effet, presque tous orientés du N.-O. au S.-E., et suivent particulièrement le pied des chaînons, c'est-à-dire les grandes lignes de fracture et de soulèvement du système N. 50^ O. Ils sont surtout nombreux dans la vallée de Saint-Thurin et au pied de Hontoncelle , et là ils se montrent , non-seulement dans le terrain ancien , mais encore dans toutes les parties des terrains de transition , dont les ondulations principales obéissent , comme les chaînons du Forez , au système N.-O. S.-E. »

M. Gruner admet que le granité du Forez « a été soulevé suivant la direction N. 30^ 0. , lorsque déjà il était entièrement solidifié , et que cette direction n'a rien de commun avec celle de son éruption proprement dite. Dans la vallée dejSaint-Thurin, le granité longe en effet les porphyres etle« roches de transition , sans y pénétrer jamais sous forme de dykesy sans en envelopper jamais « aucun fragment, et sans

OÉPAaTEMENT DE LA LOIRE. 493

avoir jamais prodoit sur ces terrains les effets ^ ordinairement si saillants 9 da métamorphisme, triple phénomène que Ton observe au contraire le long des lignes de contact du granile et du terrain schisteux ancien. Aussi peut-on , avec certitude, conclure de là , ce que déjà nous avons constaté dans le Pilât et le Beaujolais , que le granité du Forez a fait éruption après le dépôt du terrain de gneiss , mais avant'la période du système carbonifère, et qu'il fut de nouveau soulevé, è une époque postérieure , après sa complète solidification , suivant la direction N. ÔO^'O., soulèvement que H. Gruner regarde comme étant probablement postérieur au terrain triasique. »

M. Gruner fait suivre ces considérations (que nous avons beaucoup abrégées) sur les roches primitives d'une discussion sérieuse sur Tége et la direction des principales rides qui existent sur ces terrains. Il nous serait impossible de le suivre. Soit défaut de capacité , soit manque d'observations suffisantes , nous n'avons jamais pu distinguer nettement sur le plateau central , ces lignes diverses de soulèvement. Nous n'avons jamais pu encadrer les époques géologiques entre ces systèmes de rides si précis dans leur direction et dans leur âge relatif ; mais Taveu de notre incertitude ne nous empêchera pas de donner les conclusions de H. Gruner.

« 1^. D'après lui les granités du Forez et du Beaujolais, et probablement tous les granités éruptifs du plateau central, appartiennent à une période unique ; mais la diversité des roches prouve en même temps que la période en question embrasse un certain laps de temps , et comprend une série d'éruptions parallèles dont les produits ne sont pas rigoureusement identiques. »

« 2®. I^s granités constituent des massifs ou des zones

plus OU moiDS alloDgés , doot la direction première est N. 20"" à 21'' E. dans le Beaujolais et le long de la Loire , entre Saint-Galmier et Issingeaux, ou N. IQ^'à 20* E. lorsqu'on envisage la moyenne des grandes lignes qui s'étendent du Vigan à Glony et de Carcassonne à Semur.

«r S"*. Les éruptions granitiques ont plissé le gneiss parallèlement à Taxe N. 15® à 30'' E. et ont engendré du même coup des crêtes et chaînons qui sont orientés dans le terrain schisteux ancien et sur N. 20® à 22® E. »

M. Gruner admet que le plateau central , presque tout entier, doit sa première et principale ébauche aux éruptions granitiques » et qu'il fut élevé au-dessus du niveau des eaux , en majeure partie , à la fin de la période antésilurienne.

Dans l'ouvrage de M. Gruner , un long chapitre est consacré aux roches et minéraux divers des terrains anciens. Et il commence par l'étude du quartz comme étant le minéral le plus important. On le rencontre en lentilles et en filons. Le premier mode appartient aux terrains schisteux , et surtout au micaschiste. Les nœuds ou lentilles se composent de quartz blanc, laiteux, passant tantôt à l'état hyalin, tantôt à la variété calcédonieuse. Souvent de petites veinules ocreuses ou micacées les coupent en divers sens; on y voit aussi , mais très-rarement , de minces lames bleues de disthène.

«r Les lentilles ont des dimensions extrêmement variables, depuis quelques centimètres cubes jusqu'au volume de plusieurs mètres cubes ; ces dernières sont rares. Le schiste micacé ne paraît avoir éprouvé au contact des lentilles quartzeuses, aucune impression calorifique intense. Les schistes, souvent gaufrés ou plissés , ne sont jamais ni scorifiés ni fondus, o

<i Quant au quartz en filon , on le rencontre indiférero-

DÉPARTEMENT DE LA LOiaB. 495

ment dans le granité et le gneiss ; ce qai prouve déjà que celte formation n'a rien de commun avec celle des masses lenticulaires. Le quartz des lentilles est blanc , laiteux , plus ou moins hyalin ou corné » mais non saccharoïde ; tandis que le quartz des filons est , le plus souvent* grenu ou cristallin. Le premier ne renferme qu'un peu de mica , de rares veinules de fer oxydé » et exceptionnellement du distbène. Le second est généralement accompagné, quoiqu'on faible proportion , de la plupart des substances qui caractérisent les filons métallifères : la baryte sulfatée» Thydrosilicate d'alumine , les pyrites de fer et de cuivre « le spath fluor, la galène , l'oxyde de fer , la blende , les carbonates multiples de chaux , de magnésie , de fer, etc. »

Ces filons sont considérés par M. Gruner comme étant plus modernes que les terrains de transition , et , quoique nous ayons décrit ceux du Puy-de-Dôme dans les terrains primitifs, nous partageons l'avis de M. Gruner.

Ce savant ingénieur décrit avec soin un grand nombre de filons de quartz du département de la Loire , et conclut de ses nombreuses observations à l'origine aqueuse de ces filons. C'est une thèse que nous adoptons entièrement et que nous avons d'ailleurs développée dans notre Ouvrage sur les Eaux minérales considérées au point de vue chimique et géologique.

M. Gruner signale encore des zones de quartz agathe qui se rattachent an porphyre quartzifère , au pied oriental de Montoncelle et dans quelques autres localités. Ce sont les mêmes quartz que nous avons rencontrés associés au grand filon de quartz et de porphyre désignés sous le nom de Pierres-Folles, à Montaigut (Puy-de-Dôme).

« Les pegmatites , dans la Loire , se montrent dans les gneiss et les granités, $ous forme de dykes , amas ou veines.

et jamais on ne les voit passer ni an granité grenu ordinaire ni au granité porphyroïde. Elles sont le produit d'éruptions spéciales, plus récentes que celles du granité, mais antérieures à la période du système carbonifère, m

a Les pegmatites perdent quelquefois leur caractère spécial de granité à grandes parties. Si elles sont simplement grenues , on les appelle granulUes , et si le quartz tend en outre à disparaître , on leur donne le nom de leplynites. Les granulites et les leptynites sont presque toujours intimement associées et se rencontrent généralement dans les mêmes lieux ; tandis que les pegmatites proprement dites conservent davantage leurs caractères propres et apparaissent plutôt d'une manière indépendante. On peut aussi remarquer que les tourmalines noires caractérisent spécialement les véritables pegmatites « ou le granité à grandes parties, tandis que les grenats sont plutôt habituels aux leptynites et aux granulites. »

Les roches amphiboliques , syénites et diorites, eiistent aussi, mais accidentellement, dans les gneiss et les granités de la Loire. La mieux caractérisée est celle que l'on voit danx la commune de St->Martin-la-Plaine. a Les circonstances locales ne permettent pas de reconnaître si cette roche est subordonnée au gneiss , ou si elle doit être rangée dans la classe des roches éruptives, introduites après coup sous forme de dykes ou d'amas. Cependant sa disposition en dômes on culot arrondi semble plutôt indiquer ce dernier mode de formation. Peut-être y a-t-il une certaine connexion entre l'amphibolite et le filon quartzo-aurifère de Bissieux. •

a L'âge des amphibolites est difficile à déterminer. La circonstance signalée par M. Drian, que ces sortes de roches ne paraissent pas exister sous forme de galets dans

DÉPAaTEMBHT DE LA LOIRE. 497

les poadiDgnes honillers de la Loire» ne peut suffire pour les faire considérer comme postérieures à la période houillère. »

« Les silicates magnésiens, terpenltne, diallage et asbe$ie^ jouent dans le département de la Loire un rôle très-subordonné* »

Parmi les minéraux terreux non silicates , indiqués ou décrits dans la description géologique et minéralogique du département de la Loire» la baryte sulfatée est la plus répandue ; elle forme» comme dans le Puy-de-U6me et la Haute-» Loire des filons orientés S.-E. et N.-O. ou quelquefois N.- S. 9 comme beaucoup de porphyres du Puy-de-Dôme. La baryte est blanche » lamellaire» assez souvent mouchetée de galène » de pyrite de cuivre et quelquefois de blende.

La chaux Ouatée n'existe nulle part isolée » mais on la rencontre en petits cubes au milieu du quartz de quelques filons.

a Le carbonate de chaux ne se montre nulle part dans les terrains anciens » en couches » en filons ou bancs continus. Il existe uniquement sous forme de cristaux rares dans les filons métallifères » ou en veines spathiques minces » au milieu des schistes, d

« Au lieu de chaux carbonatée pure » on trouve dans quelques filons » des carbonates multiples de chaux » magnésie» manganèse et fer. Ces minéraux complexes sont même un peu plus abondants que le carbonate de chaux simple. »

Les minerais métalliques des terrains anciens de la Loire ne sont ni très- variés ni très-abondants ; voici ceux qui sont indiqués par H. Gruner : Fer oxydé » pyrites ferrugineuses et arsenicales » or natif » plomb sulfuré , blende » cuivre py* riteux et antimoine sulfuré.

Le fer oxydé rouge ou hydraté est assez souvent associé

au quartz ou bien existe en bancs plus ou moins terreux dans le gneiss » ou forme le chapeau de Glons pyriteux altérés.

Le fer hydroxydé se trouve aussi associé au micaschiste, comme cela a lieu fréquemment dans le Puy-de-Dôme , près de Combronde et dans les cantons d*Herment et de Bourg-Lastic.

a Le minerai de la Loire existe à la Tour-en-Jarrét , et se compose de deux parties : tantôt c'est simplement du micaschiste » entre les feuillets duquel s'est logé du peroxyde de fer concrétionné , plus ou moins hydraté ; tantôt une sorte de brèche formée de fragments de schiste recimentés par de Thydroxyde de fer; et , dans ce cas , la brèche repose elle-même toujours sur le micaschiste plus ou moins ferrugineux. Les deux roches sont» au reste, très-inégalement chargées de fer, et il est aisé de voir que le minerai a dû être formé sous l'influence de causes dont le cercle d'action était extrêmement restreint. »

Les pyrites sont assez rares , disséminées et souvent arsenicales.

Le plomb , plus répandu dans la Loire que les autres métaux » s'y trouve à l'état de galène, et accompagne assex ordinairement le quartz et la baryte.

« Ces deux gangues ne sont pas , en général , également abondantes ; le quartz est la gangue la plus ordinaire ; la baryte sulfatée ne vient qu'en sous ordre. Dans quelques Clons , on observe à la fois dejix quartz didérents » comme dans les filons de Vienne et de Poullaouen ; l'un est amorphe , opaque , plus ou moins calcédonieux ; l'autre blanc , cristallin ou même hyalin. »

« Outre ces gangues, on voit souvent des fragments nombreux, plus ou moins altérés, du terrain encaissant;

plus rarement on y tronye du spath fluor, diversement coloré f et du spath calcaire on spath brunissant. An plomb est également associé un peu de blende » et , dans certains filons ( ceux de Broussin » de la Poëpe et de Saint-Féréol ) , celle-ci devient même prédominante ; enfin on trouve çk et là des mouches pyriteuses de fer et de cuivre. »

« La galène est partout peu argentifère ; sa teneur est rarement de 30 grammes aux 100 kil. de plomb. Les filons coupent indifféremment le granité , le gneiss et le micaschiste; cependant les plus importants se rencontrent dans le gneiss , an pied méridional du Pilât. Le plus considérable est celui de la Pause , dont la longueur serait de 4 à 5,000 mètres , sans compter son prolongement probable sons la combe de Broussin. »

Outre l'ensemble des filons de Saint- Julien et de ses environs, des filons du même genre , moins considérables et moins nombreux , se rencontrent aussi sur le revers occidental du Pilât et dans les montagnes de la chaîne de la Riverie.

Il existe encore du plomb dans la commune de La Valla, à Roche-Taillée, à Lafayette, à Cornillon, et dans les gneiss de Saint-Galmier.

Le cuivre , à Fétat de pjTÎte , accompagne quelquefois le plomb ; mais un seul filon , formé de quartz et de veines cuivreuses , existe à Gumières » dans la chaîne du Forez, d II forme la ligne de fatte de l'étroit promontoire granitique sur lequel est bâti le bourg du Gumières. Sa direction est N. 30^ O. La crête du filon traverse le bourg dans toute sa longueur, et on la voit surtout à son extrémité nord. Plusieurs puits creusés sur le filon à Gumières donnent de l'eau légèrement vitriolique. La masse du filon est un quartz blanc , saccharoïde , plus ou moins carié. Sa puissance to-

500 TERRAINS PRIXITIPS.

taie est de i^^^O; les salbandes sont argileuses et les épontes granitiques, un peu tendres et d'apparence talqueuse. Le quartz est veiné parallèlement au plan du filon et particulièrement divisé en trois zones parallèles , entre lesquelles se montrent deux filets , sensiblement continus de cuivre pyriteux , d'une épaisseur moyenne de O^'.OS , avec quelques élargissements de O^^^Ot à 0°^,02. Ailleurs, cependant , les filets se réduisent à de simples mouchetures régulièrement alignées dans le sens des filons.

M. Gruner signale encore le filon de Bellegarde , que Ton exploite pour la baryte sulfatée , et qui renferme des mouchetures vertes de cuivre carbonate.

L'antimoine , à l'état de sulfure , n'est guère cité qu'à Vaifleury, dans les montagnes de la Riverie, dans le gneiss.

Enfin f l'or a été trouvé et même exploité autrefois dans des quartz» près du hameau de Bissieux, commune de Saintr Martin*la-Plaine.

« J'ai trouvé dans la vigne ou cette mine est située « dit M. Gruner y de nombreux cailloux de quartz » blanc jaunâtre , que l'on ne remarque nulle part ailleurs aux environs 9 et qui dilTèrent essentiellement du quartz blanc laiteux f si abondant , sous forme de rognons , au milieu du micaschiste. Us ressemblent plutAt au quartz saccharoïde ordinaire des filons métallifères. Ce sont donc U probable-' ment des débris des matériaux extraits. J'observerai» eo terminant » que tout près du terrain de la mine » se trouve la belle amphibole lamelleuse dont nous avons déjà parlé , et que cette roche n'est peut-être pas étrangère à la formation du quartz aurifère » si toutefois , ce que je ne sauraif affirmer » elle est d'origine éruptive , et non pas simplement un gneiss plus ou moins modifié. »

Cette associatioo oa cette proximité de l'or et de Tamphibole est d'aataot plas remarquable , qa'en Californie , au Mexique , et en plusieurs autres localités du Nouveau* Monde , les gisements de quartz aurifère sont en rapport avec des siénites ou d'autres variétés de roches amphiboliques , comme si ces dernières, en arrivant au jour, avaient frayé le passage à des sources siliceo- aurifères.

Porphyres. -*- Nous avons placé les porphyres du département du Puy-de-Dôme avec les terrains primitifs » à cause des relations intimes et des passages que présentent ces roches , tout en faisant des réserves sur les diverses époques de leur émission. Nous devons donc citer ici les porphyres de la Loire que M. Gruner place dans les terrains de transition. Nous ne voulons cependant contester en rien l'opinion du savant auteur de la description géologique de la Loire. Dans ce département , il y a connexion intime entre les porphyres et es terrains de transition , et l'étude de ces roches tend à faire supposer pour elles une longue période d'émission, laquelle a pu commencer dès l'époque des granités jusqu'au commencement de la période houillère.

M. Gruner indique deux espèces de porphyre : le granit iotde , plus ancien , le quarizifère , plus moderne.

a Le porphyre granitoïde occupe un territoire assez nettement limité entre le Lignon et l'Aix : un espace triangulaire très-montueux , aux trois angles duquel sont situés Boën , Saint -Germain-la-Val et Champoly. »

« Le porphyre quarizifère constitue surtout les montagnes de la Madelaine et la partie nord des chaînons du Beaujolais, entre Thizy , Beaujeu , La Clayette et Charlieu. De plus , il perce les autres terrains de transition , et même, en divers points , le granité et le terrain de gneiss , sous forme de dykes nombreux et puissants, i»

502 TERBAmS PRIMITIFS.

On a coDfondQ le porphyre granitoïde avec le granité , et peut-être avoos-noas fait quelquefois nous-méme cette coufusion dans le département du Puy-de-Dôme. La principale différence , qui n'est pas toujours facile à constater , consiste 9 selou M. Gruner, dans la nature même de la masse feldspathique. « Le feldspath dominant du granité ordinaire est habituellement à base de potasse , c*est<4-dire de Torthose , tandis que celui du porphyre granitoïde est à base de soude , et parait appartenir à Talbite. »

<x Le mica , assez abondant , se présente sous forme de petites paillettes ; le quartz est en proportion faible et semble même parfois manquer complètement. Dans tous les cas » il est plutôt sous forme de petits globules hyalins, irréguliers, qu'à rétat de dodécaèdres bipyramidés , comme dans le porphyre quartzifère. Le feldspath se présente généralement sous forme de petites lamelles cristallines confusément assemblées. Il n'y a jamais de p&te » dans le véritable sens dn mot f comme dans les porphyres quartzifères. n

M. Gruner regarde ce porphyre comme a antérieur an grès à anthracite du Roannais , ou tout au pins en partie contemporain. »

« Il est facile de confondre le porphyre granitoïde avec certain grès k anthracite , et on ne doit guère s'en étonner, puisque cette roche est exclusivement formée de débris porphyriques, immédiatement ressoudés sous l'influence calorifique et chimique du porphyre lui-même et , probablement aussi t sous l'action non moins énergique de fortes sources thermales que ces éruptions plutoniques semblent avoir provoquées. »

Le porphyre quartziière est la roche la plus moderne do terrain de transition de la Loire. « Ses éruptions séparent le grès à anthracite, du terrain houiller proprement dit.

DÉPAaTBMENT DE LA LOIRE. 503

» Il se compose d'une p&te plas on moins compacte, cristalline ou terreuse , au milieu de laquelle se dessinent des cristaux de feldspath, quartz et mica, et presque toujours aussi des nodules peu réguliers, d'une substance cireuse et tendre, qui est de la pinite ou villarsite un peu altérée. Toutes les variétés percent le grès à anthracite , et aucune d'elles le terrain houiller proprement dit.

» Dans le Forez, peu de porphyres quartzifères sont exempts de pinite , tandis qu'elles sont rares dans le granité et le porphyre granitoïde de nos contrées. Quoique le porphyre quartzifère de la Loire soit toujours formé des quatre ou cinq minéraux indiqués, il oiïre cependant de nombreuses variétés qui diffèrent les unes des autres par la dureté, la eristallinité et la couleur de la pâte , comme aussi par le nombre , la grandeur et l'apparence des cristaux.

» La structure du porphyre quartzifère est massive « comme celle de toutes les roches d'épanchement. Les fissures ou joints irréguliers y sont moins nombreuses que dans le porphyre granitoïde, et, par suite, on peut l'extraire plus facilement en blocs de grandes dimensions. Dans quelques circonstances assez rares, il affecte, jusqu'à un certain point, les formes prismatiques du basalte ; mais ses colonnades ne sont ici aussi régulières « ni aussi étendues que celles du grès à anthracite.

» Ce porphyre se présente dans le département de la Loire sous deux formes différentes. Dans la partie nord , et spécialement sur la rive gauche de la Loire, il constitue de grandes masses fort étendues « de véritables chaînons à flancs souvent abruptes. De ce nombre sont les montagnes de la Hadelaine et la côte d'Ambierle. Par contre , au sud de Roanne , sur le plateau de Neulize , on rencontre de sim-

504 TBEBAUfS PEllUTlFâ.

pies filons OQ djkes , plus oa moins proéminents , dont la puissance varie de 1 à 200 mètres et plus.

» D'après cela on peut s'attendre à trouver le porphyre quartzifère à des hauteurs très-diiïérentes et souvent asseï fortes. Dans le chaînon de la Madelaine, il atteint les niveaux de 1,123 et 1*1 63 mètres, et de nombreuses sommités voisines sont à 900 ou 1 ,000 mètres. Sur la rive droite de la Loire , il se rencontre au haut de la plupart des cimes sur lesquelles passe la ligne de partage des bassins de la Loire et du Rhône : le signal de Saint-Rigaud , de 1,012 m. La Boussièvre, de 1,004 m. et diverses autres crêtes, dont les côtes oscillent entre 800 et 1 ,000 mètres. Sur le plateau de Neulize , les points culminants sont également porphyriques; ce sont les buttes de Cordelles, Neulize et Vendranges, au centre du plateau (561, 582 et 583 mètres) , et , sur la rive gauche de la Loire , la butte de Chaume , près de Bully (616 m.) ; comme limite inférieure, on peut citer le bouton porphyrique de la vallée du Sornin , entre Charlieu et Pouilly , au niveau de 260 mètres.

a En résumé , partout où se montre le porphyre quartzifère , le sol est très-accidenté , à pentes raides et parsemé de roches dures. »

H. Grunerfait remarquer, dans les nombreux exemples qu'il a indiqués, que les porphyres n'ont jamais scorifiéles roches qu'ils ont traversées , mais qu'ils ont pu silicifièr leurs parois. Nous sommes complètement de son avis , quand il attribue ce phénomène « à de fortes sources siliceuses qui se sont fait jour et ont pénétré les schistes les plus rapprochés. »

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