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DU TERRAIN PRIMITIF DU DÉPARTEMENT DE LA HAUTE LOIRE

Le terrain primitif du département du Puy-de-Dôme, se rattache au sud à celui de la Haute-Loire qui en est la continuation. C'est principalement par Brioude et par la Chaise-Dieu , que ces terrains se relient à ceux des cantons d'Ariane et de St-Germain-Lembron ; mais ici ce sont les terrains houillers qui font la jonction , et il paraît que le sol primordial s'est prêté au dépôt des houilles par une profonde dépression.

Les gneiss et les granités dominent dans cette contrée.

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Le micaschiste est peo répandu et Ton y voit rarement des traces d'éruptions porphyriques et amphiboliqnes. Aussi, depuis longtemps (1823), Bertrand-Roux avait fait la remarque que, dans la Haute-Loire , le terrain primitif « est d'une simplicité de composition dont on a peu d'exemple. » C'est le granité qui domine et le gneiss lui paraît subordonné et presque jamais indépendant.

Le gneiss ne se présente en grande masse qu'aux environs de Fix , de Pradelles et du Vernet. Peut-être ces gneiss ne sont-ils qu'un des côtés du terrain soulevé et déplacé par la vaste éruption granitique de la Margeride ; car de l'autre cAté de cette chaîne, dans les départements du Gard et de la Lozère , on voit des gneiss et des micaschistes déplacés près de la Margeride et occupant un grand espace.

Bertrand-Roux a décrit les gneiss de la Haute-Loire , avec sa précision ordinaire, i Ils se réduisent, dit-il , à un petit nombre de variétés, parmi lesquelles prédomine le gneiss quartzeux, à feuillets très-contournés, à quartz gris , à feldspath rougeâtre peu solide et à paillettes nombreuses de mica noir on blanc d'argent. »

Les granités , dont l'importance est bien plus grande , occupent une vaste surface, mais ils sont souvent recouverts, comme dans le département du Puy-de-Dôme , par des dépôts tertiaires et par des produits volcaniques. Il est vrai que postérieurement à ces terrains superposés, de puissantes érosions ont encore mis à nu la roche primitive et enlevé les sédiments sur un grand nombre de points.

Bertrand-Roux distingue comme nous deux espèces de granité dans la Haute-Loire : le granité commun et le granité à petits grains.

a Le granité commun comprend les granités k gros

grains et à grains moyens de quartz et de feldspath, qui sont comme enlacés entre des lames nombreuses de mica , dont l'interposition les isole les uns des autres et en favorise singulièrement la désagrégation. Cette variété est généralement répandue : c'est celle où le feldspath éprouve le plus souvent le genre d'altération qui lui est propre. Le tissa de ces granités est lAche et leur aspect terreux. »

a Dans les granités à grains 6ns , les paillettes de mica ne sont ni assez nombreuses , ni assez étendues pour envelopper et séparer les grains de quartz et de feldspath : l'altération de cette dernière substance y est beaucoup plus rare. »

o Bertrand -Roux ajoute encore à ces variétés le graniu parphyroïde à pâte presque compacte , à gros cristaux de feldspath ; les granités veinés auxquels les dispositions du mica sur des plans parallèles , donne un aspect schistoîde qui les rapproche du gneiss. »

« An reste , les variétés principales qui viennent d*être décrites 9 sont presque toujours associées entr*elles; elles forment, au milieu les unes des autres, des nœuds, des amas, des couches ou des portions de couche pins ou moins mélangées. C'est à la prédominance de la variété commune, que les montagnes granitiques de la Haute-Loire doivent leors formes arrondies. Les talus doucement inclinés sont pris dans des roches appartenant à cette variété ; s'ils éprouvent une brusque inflexion , on peut être assuré qu'elle est due à l'apparition accidentelle d'un banc de granité à petits grains ou cristallins. »

a Ces dernières variétés dominent à leur tour dans les pentes rapides , dans les escarpements abruptes , dans les étroits et tortueux canaux , au fond desquels serpentent la

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plupart des torrents. Chacune de leurs nombreuses sinuosités est déterminée par une masse plus dure , ordinairement située à l'extrémité des angles saillants , on vers le fond des angles rentrants, qui se correspondent avec tant de précision. »

Bertrand-Roux, sans nier les dépressions accidentelles du terrain primitif , considère les canaux où coulent maintenant les rivières de la Haute-Loire , comme ayant été creusés par Taclion des eaux, «c Pour connaître l'instrument qui les a creusés, dit-il» il ne faut pas quitter le bord de ce ruisseau que nous voyons s'y précipiter de rocher en rocher, les ramollissant peu à peu , se servant de leurs débris pour les user les uns par les autres , reculant devant les masses trop volumineuses pour qu'il puisse les tourner, se repliant autour de celles qui sont encore assez dures pour braver leurs efforts , mais qu'il fait peu à peu disparaître , et parcourant ainsi successivement tous les replis de son vallon. »

« C'est dans de tels canaux , que coulent l'Arzon et

parfois la Gagne , la Sumène et la Loire elle-même et dans le bassin d'Issengeaux , TAnce , TAndrable , la Dunière et le Lignon , dès que ces rivières ont acquis assez de force pour entamer profondément leur lit. » Vieille Brioude offre un exemple de ces érosions. La ville est bâtie sur un cap en terrain primitif qui s'avance au confluent de TAIIier , avec une autre petite rivière. Tout le sol est du reste couvert de cailloux roulés , mais dans les escarpements , ou voit la roche primitive dans laquelle la rivière a creusé son sillon.

Les relations des granités et des roches schisteuses , sont les mêmes que dans le Puy-de-Dôme. On voit le granité percer et déranger ces dernières.

C'est ainsi que la petite chaîne de Craponne , comme cellv

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de la Margeride est formée de granité , qai a dérangé le micaschiste, qoe Ton ne retrouve qa'anprèsde Dore-FEglise. Nous avons observé les mêmes faits à la Chaise-Diea. En partant d'Ariane , ce sont des micaschistes » pois des gneiss; mais quand on arrive sur le plateau , le gneiss cesse de s'incliner, et Ton rencontre des granités blancs» contenant des nodules de mica noir , dont la dureté est variable. Ce grand plateau ofTre plusieurs dépressions assez profondes , qui ont évidemment contenu de Teau. Cette eau y a accumulé des sables provenant de la décomposition du granité» sur une épaisseur très-notable.

On remarque aussi des éminences ayant la forme de dômes , et une entr 'autres bien caractérisée au-dessus de la Chaise-Dieu, au Signal. Ce dôme parfaitement rond» est composé de granité » passant au gneiss sur quelques points, tandis que sur d'autres» il est formé de grandes parties de quartz et de feldspath , représentant une sorte de pegmatite. Ce granité parait plus moderne que le terrain environnant. C'est une roche dont l'ége nous paraît le même que celui des granités de Pierre-sur-Haute et du gmn de Chignor dans le département du Puy-de-Dôme. On retrouve ensuite le gneiss qui s'étend jusqu'à Saint-Paulien » où il est recouvert par le basalte.

Quoique le terrain primitif de la Haute-Loire ait une composition très-simple» on y rencontre pourtant plusieurs substances minérales intéressantes. Nous avons pu vérifier la plupart des gisements cités par Bertrand-Roux dans sa description géognostique des environs du Puy » il indique :

La pinite en petits prismes hexaèdres qui sont très-rares» puis la pinite en grains moyens, passant du brun noirâtre au noir bleuâtre Ces grains rares et isolés dans les premières

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variétés « agglomérés dans les granités sans mica , y deviennent quelquefois si abondants , qu'ils forment du vingtième au cinquième de leur masse. La pinite en très^peliU grains^ et enfin , comme principe colorant de petits nœuds de granité disséminés au milieu des roches de ce nom.

Le grenat est rare. Bertrand le cite aux environs de Pradelles. en petits cristaux ou en grains amorphes, irrégulièrement disséminés ou disposés en zones, dans différentes variétés de granité.

L'amphibole est cité par Bertrand , entre Vorey et Saint- Vincent où il remplace le mica du granité. Nous l'avons observé près d'ÂlIeret, au puy Gibron. Cette montagne est entièrement formée de granité , dans lequel on remarque de la diallage, des grenats et de Tamphibole qui, en s'unissant au feldspath , constitue une très-belle diorite schisteuse. Dans la qiême roche existe de la baryte sulfatée et du feldspath rose , en masses assez volumineuses , à clivage trèsfacile et des lames de mica noir superposées et quelquefois cristallisées en lames hexagonales. Au sommet de la montagne , existe une éruption basaltique qui a pu contribuer à la variété de minéraux que nous avons pu y obsener.

Parmi les filons qui traversent ces terrains , Bertrand indique des filons granitiques au-dessus de Peyredeyre «r les seuls, dit-il, qu'il ait jamais vus; » l'un d'eux a 4 mètres de puissance. Le granité en est dur à grain fin, d'un rose tendre à très-petites paillettes de mica argentin ou noirâtre.

Les filons métallifères ne sont pas nombreux ; Bertrand- Roux en cite cependant à Lavoûte, à Saint-Vincent, au Fiou , à Saint-Pierre Eynac , à Marcillat , à la Flache et au Ribeyroux. Ils contiennent de la barvte sulfatée, uu

SI

peu de quartz et de chaui Ouatée et des mouchetures de

galène.

<x A Test de Maleys, deux de ces filons, puissants de trois décimètres chacun » et séparés par six décimètres de granité commun très-altéré et devenu presque sableux, courent ensemble du sud au nord dans un granité semblable. Ils consistent en baryte sulfatée dans laquelle sont disséminés quelques rognons de galène ; on y trouve aussi quelques cavités tapissées de quartz prisme limpide et de la chaux fluntée. On dit y avoir trouvé un peu de cuivre carbonate. A 20 mètres plus haut , un autre filon , de 4 dé-' cimètres d'épaisseur , paratt couper les précédents. Il consiste en deux zones de chaux fluatée , enveloppant une zone intermédiaire de baryte avec quelques particules de plomb , de quartz , etc. » ( Description géognostique des environs du Pwy , p, 25.)

La baryte sulfatée est la substance minérale la plus répandue dans les filons. Outre ceux dont nous venons de faire mention , nous en avons reconnu plusieurs prèsd'Alleret et le long du chemin de la Voulte à la route de Brioude. Ces filons sont exploités à ciel ouvert pour la baryte. Ils se dirigent en général vers le sud-est et plongent vers le nordouest. Leur puissance varie. Ils atteignent jusqu'à un mètre, et sont formés d'une belle baryte blanche en grandes masses, peu fissurées et conservant toujours une structure cristalline très-prononcée. Les salbandes sont souvent polies. Noos avons vu» dans Tintérieur de la masse barytique, de l'oxyde jaune de plomb , du carbonate de cuivre , du fer bydroxydé , du quartz en cristaux parfaitement hyalins » insérés dans les cavités avec des cristaux de baryte crétée.

Le fer hydroxydé que Ton rencontre dans ces filons est en masses caverneuses, ressemblant tout à (ait à celui que Ton trouve aui Gélestins de Vichy ou à Royat dans les travertins. On y remarque aussi du quartz caverneux trèscurieux , et le gneiss qui touche ces filons et en forme en quelque sorte les salbandes, est entièrement décomposé et très-friable » comme les granités et les autres roches primitives qui ont été longtemps en contact avec les eaux minérales. Toutefois » ce qui nous a ofTert le plus d'intérêt dans ces filons » ce sont des masses de quartz ferrugineux qui rappellent un peu le fer hydraté silicifère de Montmartre , près Paris , et qui ont surtout une grande ressemblance avec les masses de calcaire siliceux que Ton trouve à Saint-Mart et dans plusieurs autres localités oJl existent des eaux minérales. Ces morceaux ont une forme irrégulière» comme s'ils s'étaient consolidés au milieu d*un magma. Leur surface est rugueuse » fendillée. Quelquesunes de ces masses renferment dans leur intérieur un peu de sulfate de baryte qui est nettement séparé du- fer et de la silice. Enfin il existe les plus grands rapports entre les dépôts de quartz ferrugineux de ces filons et les rognons de résinite ou de silex dont l'origine hydro-thermale n'est pas contestable. La baryte et les métaux qu'elle accompagne auraient donc été abandonnés par des sources à une époque où l'abondance et l'activité des eaux minérales pouvaient donner lieu è ces dépôts compliqués. Nous sommes en cela tout è fait d'accord avec Bertrand-Roux » car il dit en terminant ce qui a rapport à ces sources : « Remarquons que la plupart d'entre elles sont situées dans le voisinage de quelqu'un des filons métallifères que noas avons indiqués (page 26). »

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