‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 33 sur 115 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Des Fll«aii dn terrais prlaU tlff.

Les roches primitives du plateau central tle la FrMiee contieoDent un grand nombre d'espèces minérales. Les unes y sont disséminées^ les autres se rencontrent en amas plus ou moins volumineux » la plupart se présentent en filons. Lea gneiss » et surtout les stéaschis»tes et les granités , sont les roches qui contiennent la majeure partie de ces substances minérales. Noos aurons occasion d'en citer plusieurs en nous occupant des descriptions locales , mais nous devons ici faire mention d'un certain nombre de ces minéraux dont le rAle, dans la nature» a une assez grande importance.

Avant d'aborder l'étude spéciale de chacune de ces espèces , nous devons dire un mot des filons qui les contiennent pour la plupart , et qui sont nombreux sur le plateau central.

Il est naturel de conserver l'ancienne dénommatioa de filons pierreux et de filons métallifères. La directioe de ces derniers est généralement plus constante que celle des filons pierreux. C'est le N.-S. ou le N.-N.-E. S.-S.-O. qu'ils aiïectent le plus ordinairement, et cela, sur toute l'étendue du plateau central. « Dans tous les terrains anciens qui s'étendent des Pyrénées à l'Auvergne, dit de Bouchepom , on trouve , pour aiosi dire à chaque pas , des filons orientés avec une constance remarquable de l'0. 20 N. à l'E. 20 S., qui s'arrêtent au terrain honiller sans y péné-

FILONS. il7

Irer oa qoi viennent s'y ramiQer on s'y perdre. » (Eludes fur V histoire de la terre , p. 138.)

La direction indiquée ci-dessus déjà différente de celle que nous avons donnée plus haut pour les filons métallifères , atteint N.-O. et S.-E pour un certain nombre de filons de quartz , et nous devons dire que de nombreux filons de leptynite , de pegmatite et même de quartz n'ont pas de direction commune et coupent les roches en tous sens.

Le granité lui-même a formé quelquefois des filons dans les gneiss, et en arrivant au jour , sur le plateau central, il a été accompagné ou plutôt suivi d'éruptions siliceuses, soit de silice fondue , soit de silice gélatineuse; mais si on peut lui attribuer quelques filons dans les gneiss et dans les micaschistes, on doit considérer la plupart des rognons de quartz dans ces derniers comme contemporains de la formation des roches schisteuses.

La direction des filons du plateau central de la France est facile à déterminer, il suffit d'observer ; mais il n'en est pas de même de leur âge ; bien que nous placions les gîtes de ces minéraux dans notre première époque, au milieu des terrains primitifs , cela ne veut pas dire que les filons appartiennent tous à cette époque ; il s'en faut de beaucoup. Les filons ont bien commencé à exister dès la création de ces terrains anciens , mais cette formation a continué pour plusieurs d*entre eux à toutes les époques géologiques et peut conti- Doer encore de nos jours. En effet , les veines et les filons, remplis par des dépôts chimiques ou par des injections , appartiennent comme les roches plutoniques à tous les Ages , les mêmes métaux se sont représentés à plusieurs époques ; ainsi Tétain n'est pas toujours plus ancien que le plomb ; ce dernier, n'est pas toujours antérieur au cuivre, h l'or, à

Targeot. On a voula, en géologie, apporter trop de précision dans ia limitation des époques » de même que dans le règne oi^aniqoe « on a cru trouver , trop facilement , des limites entre toutes les espèces. La nature s'est répétée souvent 9 la même formation , les mêmes roches , les dislocations dans un même sens, sont arrivées sans qu'il y ait synchronisme entr'elles.

Quelle que soit l'opinion que l'on adopte sur la formation des filons 9 qu'on les suppose produits par des épanchements plutooiques dans des fentes, que l'on admette qu'ils ont été déposés dans ces fentes par des eaux minérales de diverses époques » comme il faut toujours les considérer comme émanant de l'intérieur du globe, les premiers terrains formés ont dû subir toutes les cassures et tous les événements géologiques. Il doit donc y avoir un plus grand nombre de filons dans les terrains primitifs que dans les autres. L'observation est d'accord avec la théorie. L'Age relatif des filons peut très-souvent être déterminé , lorsque les filons sont rapprochés et se croisent, de telle manière que certains filons viennent en couper d'autres. Il est clair que le filon coupeur est le plus moderne. Mais on n'a pas toujours la chance de pouvoir déterminer aussi sûrement leur Age relatif. H. Griîner , qui s'est beaucoup occupé des filons sur le plateau central et surtout dans le département de la Loire, dit : « que M chaque roche éruptive , traversant les dépôts sédimen- » taires sous forme de dykes plus ou moins massifs et coo- » tiuus, est accompagnée d'une auréole spéciale de filons, • à structure concrélionuée ( métallifères ou stériles ) qui » pourtant , en général , sont moins un produit immédiat 9 des roches ignées mêmes , qu'un dépôt lent et prolongé, » provenant , les uns d'émanations gazeuses, les autres, et

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