‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 36 sur 115 · FILONS · texte numérisé non relu

FILONS

la port de Teao. Aussi , c'est toujours sur le bord des massifs éruptifs de granité , de porphyre , de serpentine , de basalte » etc. , que les filons pierreux ou métallifères se rencontrent en plus grande quantité, et affectent souvent une sorte de parallélisme en rapport avec la principale roche éruptive.

La majeure partie des géologues admettent aujourd'hui que les filons et principalement ceux qui sont métallifères doivent leur origine à des sources minérales qui ont déposé divers minéraux dans les fentes qu'elles ont suivies pour arriver au jour. Nous pensons que les filons ont pu se former à toutes les époques géologiques, et qu'ils se forment encore de nos jours. M. Daubrée regarde les filons de Plombières comme postérieurs au grès bigarré. Nos barjtines des grès de Chaleix et à plus forte raison celles des eaux du Tambour ont aussi une origine très-moderne. On connaît encore un assez grand nombre de sources minérales qui sont en relation avec des filons métallifères , barytiques ou quartzeux, mais dont les eaux ne renferment plus ces matières qu'elles ont probablement déposées autrefois. M. Daubrée a signalé plusieurs de ces relations. [Bull, de la Soc. gêoL de France^ 2" série, t. 16, p. 565.;

M. Daubrée apporte une preuve de plus en faveur de l'opinion qui admet un changement de nature dans les eaux minérales. Il indique à Plombières des filons de jaspe coDpés par le spath fluor, puis encore du quartz sur les cristaox de chaux Ouatée, puis Thalloysite ou hydrosîlicate d'alamine qui remplit les fissures du spath fluor et qui se forme encore. Il indique les relations intimes d'émergence de plusieurs sources de Plombières avec des filons de quartz et de spath fluor et laisse présumer que des filons de fer oligiste très-

Toisins ont dû avoir aussi des sources thermales pour origioe. {BuUeiin'de la Soc. gioL, S^'série* t. 16, p. 570.)

Les argiles rouges et très-ferrugioeuses que nous obser» Tons surtout en divers points du bassin du Lcmbron doivent très-probablement le fer oiydé qu'elles renferment en si grande quantité à des sources qui , sans doute , ont laissé des Gions dans le granité , mais qui en sortant de cette roche et ne trouvant plus de solidité dans leurs parois, se sont épamthées dans la masse entière du terrain de sédiment, de même que Ton voit aui environs de Plombières les filons réguliers et simples dans le granité , se diviser et se rami* fier dans le grès bigarré qui repose sur la roche cristalline.

il faut encore faire la part des réactions qui s'opèrent dans ces circonstances sur les parois des roches. Les salbandes des filons qui souvent appartiennent â la roche encaissante résultent d'actions métamorphiques , opérées soit par les eaux thermales sous certaines pressions, soit par des vapeurs aqueus^es entraînant divers principes. Cette opinion que nous avons émise depuis longtemps pour les matières des filons et leurs salbandes a été pleinement confirmée par les travaux de Senarmont et par ceux de Durocher , de MM. Delesse et Daubrée.

Les filons sur le plateau central sont les cheminées au moyen desquelles les eaux thermales arrivaient autrefois à la surface de la terre. Ce rAle actif des eaux thermales a paru si important à André Dumont, qu'il en avait fait une classe spéciale de terrain sous le nom de geyseriem. Il leur donnait pour caractère « de ne jamais contenir de fossiles, de n'être jamais en couche. Ils sont engendfés sous la surface du globe, sont en filons ou en amas ; diffèrent des plutonieos en ce que ceux-ci sont produits par fusion ignée.

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tandis que les geyseriens ont été formés par des émanations aqueuses ou gazeuses» analogues à celles des Geysers et des sources minérales. Ils sont rarement feldspathiques, souvent coocrétîonnés, celluleux, etc. »

Lors même que les eaux thermales ont cessé de s'écouler» des actions moléculaires persistent encore dans les roches et dans les filons. Sous des pressions et des températures diverses» des réactions s'opèrent même au milieu de substances solidi6ées ; mais nous ne pouvons entrer dans ces détails, et nous renvoyons pour ces études» aui beaux travaux d'Ebehneo pour les produits de la fusion ignée» et aux remarquables ouvrages de M. Becquerel» sur le rôle important des courants électriques dans la formation des filons. Quant à ce qui louche les eaux minérales» nous avons traité ce sujet avec détails dans un ouvrage spécial (1)» et nous reviendrons particulièrement sur celles du massif central de la France.

(1) Des Eauxmméralei ecnsidéréei dam leurs rapports avec la ehimie ei la géologie ; un volume m-S» de 460 pages.

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