‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 40 sur 115 · QUARTZ · texte numérisé non relu

QUARTZ

Il est difficile de considérer les quartz de ces deux directions comme cooleroporainSy plus difficile encore de reconnaître leur âge relatif.

Les cantons où Ton rencontre le plus grand nombre de filons de quartz ou ceux où sont les plus beaux sont : au nord , les cantons de Menât et de Montaigut ; à Touest, coux de Pionsat» Pontaumur et Pojifgibaud ; au sud , le canton de Jumeaux ; à l'est, ceux de Saint-Victor, ChAteldon , Thiers, Cunihat, Saint-Amant-Roche-Savine , Saint-Dier et Ambert. On peut poursuivre plusieurs de ces filons dans les départements voisins.

Les terrains primitifs de TArdèche sont traversés aussi par de nombreux filons de quartz blanc et gris, et par quelques filons de pegmatite et de granité graphique à grands cristaux avec lames de mica blanc ou vermeil , notamment à Test et au midi du cratère de la Gravenne de Montpezat. (Dalmas.)

De nombreux filons de cette roche sont encaissés dans les gneiss du Cantal et plus durs que la roche encaissante, ils font saillie au-dessous d'elles. Tels sont les trois filons que M. Baudin a choisis pour exemple dans sa Statistique minérale et dont nous lui empruntons la description.

« Le filon de Peyrezào^ le moins grandiose de ces trois accidents et pour la puissance du filon (3 m. environ) et pour la saillie au-dessus du sol environnant (6 à 7 m.) se voit à Test de la route de Saint-Flour à Montpellier, tout près de la barraque neuve ; on peut le suivre sur plus de 500 m. dans la direction N.-E. S.-O.

» Le filon de Peyre est bien plus imposant et par sa masse et par son déchaussement. Il est forme d'un quartz cristallin plus on moins géodique, offrant à un degré très-prononcé I 9

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par ses accideoU de cristallisation et de coloratk» ea jauoe 00 rouge , l'apparence rubanée si commune a«ii filons. U court dans le schiste taiqueux de l'O. 35 N. à TE. 35 S. Il est vertical et large de 4 à 5 mètres. On peut le suivre pendant près d'un kilomètre sur le versant S.*-£. de la vallée de Beynazès qu*il barre complètement. Sa saiUîe en plusieurs points dépasse 10 mètres, d {Voir powr lefiUort^ que la légende , Annales d'Auvergne^ t. 16, p. 69.)

« Le filùn de Turlande^ dit M. BuQ<Kn, est l'accident du sol primaire du Cantal qui met le mieui en évidence l'influence de la solidité des roches sur leur relief , et la grandeur des érosions qu'elles ont subies.

» La longue et haute crête déchiquetée des roches de Turlande, depuis le point où eUe se dégage de dessous les hautes nappes basaltiques du territoire de Paulhène jusqu'aux abords de la Truyère» n'a guère moins d'une lieue de longueur. Tantôt vertical et tantôt même surplombant , cet immense mur saillit en certains points de plus de 100 mètres sur la roche encaissante. On conçoit tout le grandiose d'un pareil accident. Ausm , soit que l'on observe de quelque point éloigné de la rive gauche de la Truyère » auquel aspect il se détache comme une arête noire et tranchante sur les talus rapides que mine cette riùère , soit que de près on admire les festons élancés de cette arête de quartz » et que d'un pas mal assuré, on recherche sur ses plus hautes cimes les traces du ch&teau féodal qu'y place l'histoire, l'imagination est vivement frappée du spectacle de dénudation géologique qu'offrent aux yeux et les pics quartxeux de Tarlande, et les gorges gncissiques de la Truyère et les couronnements basaltiques qui boruent l'horizon. » {Staiiêtiçue minérale du Cantal ^ Annales d'Auv.^ 1. 16| p. 71 « 1843.)

BARYTE SULFATÉE. 131

Nous aurons l'occasion de nous occuper de l'origine du quartz en parlant plus loin de rorigioe du granité et en expesant les détails de localités ; il nous suEQt pour le moment de rappeler que les faits observés par nous sur le plateau central sont en faveur de l'origine aqueuse du quartz.

DE LA BAATTB SULFATÉE.

Outre les quartz et les porphyres» les roches primitives sont traversées dans une foule de localités par de nombreux filons pierreux. Des quartzites, des barytines, des eurites» des granités à petits grains « des protogynes se présentent ç^ et là. Nous ne pourrions citer partout ces nombreux filons. Nous nous contenterons de signaler leur présence , quand elle offrira quelqu'intérét dans chacune des localités que nous aurons & parcourir; mais nous devons une mention spéciale aux filons de baryte.

Cette substance se trouve fréquemment dans les roches primitives do plateau central. Elle existe en filons dans les cantons de Jumeaux et de Vic-le-Comte. Dans ce dernier canton, près de Four-la-Brouque > dans un ravin à l'ouest du bois de la Courtade, on rencontre des filons de baryte sulfatée qui sont à peu de distance du bois. Ces cristaux quelquefois très-volumineux» de 3 à 5 kilogrammes» offrent les variétés trapézienne, épointée» etc. Ils se trouvent disséminés dans un sable granitique ou dans une espèce de limon ferrugineux » entre les veines ou fentes d'un granité dont la surface est souvent décomposée. Le gisement de ces cristaux de baryte a été très-bien décrit par Duvernin de Moncervier. Il cite près de là encore, aux côtes de Boure a des » filons contenant quelques cristaux binaires ou oclaidres^

» cunéiformes f enchâssés parmi d'autres cristaux en tables o allongées y dont plusieurs sont à deux têtes bien entières » et ont souvent l'une et quelquefois les deux têtes à dou- » ble bizeau. La variété qu'Haiiy nomme entourée s'est » aussi trouvée au-dessous et près du bois de la Courtade. » Ces cristaux quelquefois assez gros ont 6 faces au » prisme, les sommets aigus, etc.; ils formaient un filon » de quelques pouces de largeur entre deux roches grani- » tiques dont la surface entre en décomposition ; ils étaient » enchâssés les uns dans les autres et n'adhéraient pas au » granité. Certains filons de baryte amorphe sont beaucoup » plus larges et profonds que ceux de baryte cristallisée. » {Ann. d'Auvergne, t. 5, p. 26.)

Les filons de baryte abondent surtout dans la Haute- Loire, à Alleret, dans le canton d'Allègre, ou M. Grellet en a marqué plusieurs sur la jolie carte du canton. Le spath fluor leur est quelquefois associé ainsi que le quartz.

Dans l'Ardèche, on en voit des filons à Bieugrand, commune de Montpezat, et dans celles de Mayres, de Pranles, de Croux, de Gilhac, etc. (Dalmas.) Le sulfate de baryte blanc lamellaire ou en cristaux crêtes accompagne le plomb sulfuré dans la plupart des filons.

CHAUX FLUATÊE.

Cette substance minérale existe en filon sur le plateau central. Elle est souvent accompagnée de quartz concrétionné. Nous parlerons plus loin de la chaux fluatée de la roche Cornet près Pontgibaud, de celle que nous avons rencontrée près d'Herment.

Ce minéral existe aussi sur plusieurs points du départe-

PIEaRE OLLAïaE, PIKITE. 133

ment de I*Allier. On en connaît plusiears filons dans TArdèche.

Dans la commune do Cros-le-Géorand , dans celle de Montpezat, à la source des eaux minérales de Malfougère, servant de guangue à des pyrites en aiguilles ; dans celles de Mayres près de Chatelas ; dans celle de Saint-Laurentles-Bains» dans le ruisseau à 80 mètres en aval de l'établissement Bardine. (Filon de 20 & 30 centimètres.) Le fluate de chaux est vert dans le ruisseau et violet dans les ramifications qui sont à côté sur la route. Exposé au feu , il donne une flamme phosphorique d'un beau violet. (Dalmas.)

PIERRE OLLAIRE.

La pierre ollaire est on hydrosilicatc de magnésie, contenant quelquefois jusqu'à 12 pour cent d'eau, et, malgré cela, résistant bien au feu. Nous ne connaissons en Auvergne qu'un seul gisement de cette pierre, dans le canton de St-Amant-Roche-Savine, et nous n'avons pu trouver que des morceaux épars à la surface du sol.

DE LA PINITE.

La pinite est un des minéraux les plus fréquents dans les terrains primitifs de l'Auvergne et des autres parties du plateau central. Elle a été remarquée et décrite depuis longtemps. M. Cocq, anciennement commissaire des poudres et salpêtres àClermont-Ferrand , lequel a depuis mod'fié son nom (toutes les lettres que j'ai de lui sont signées Le Coq), cite la pinite d'Auvergne, près du village deSaint-Avit, aui environs de Pontgibaud et sur la route de Menât. Voici la description qu'il donne de cette substance minérale :

« Conlear d*un brun verdfttre ou noirâtre ; prisme hexaèdre régulier dont tous les bords latéraux sont tronqués , ce qui forme un prisme à 12 pans. Quelquefois le prisme porte une petite facette sur chacun des angles de ia base.

A La surface des cristaux est lis^e et un peu brillante : à rintérieur, la pinite est matte, contient rarement quelques parcelles de mica. Sa cassure est inégale» à grain 6n« pas» sant à la cassure esqnilleuse. Elle est opaque , quelquefois translucide dans les petits fragments. Elle se laisse entamer par le couteau et donne une poussière d'un gris clair; elle est tendre, ne happe point à la langue, quoiqu'un peu onctueuse au toucher. Le volume de ces cristaux, leur faciès, leur gisement, réunis aux caractères que nous venons d'énoncer, établissent Tidentité de cette substance avec la pinite de Saxe. »

On retrouve la pinite dans la Haute*Loire. a Tout le système du Mézenc, dit Cordier, repose sur un nouveau genre de granité , dans lequel la pinite entre pour un vingtième , un dixième et même un tiers. Cette roche occupe an espace de plus de 250 lieues carrées et se prolonge jusque dans le Forez. »

Cette substance n'est pas moins fréquente dans TArdèche; le mica fait place & la pinite dans les granités de TUsclade, de Mézilhac , de la Croix-do-Pal près Montpezat et de Rivaadon , commune de St-Cirgues ; ou bien il est remplacé par du talc vert comme dans la commune de Savas et au village d'Etheyse sur la limite de la Loire. (Dalmas.)

M. Bouillet indique encore ce minéral dans la protogynedo grand ravin d'Enval près de Riom ; au terroir des Chapelles près Issoire, dans une protogyne roogefttre ; à CAteverse, à droite de la route de Clermont A Pontgibaud ; à Chanat

GAMAtSt ilkBBAtBB. 135

et à Ternant, dans un granité à ^aito fins, [topographie minérale, fi^ édit. , p. 156.)

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