‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 53 sur 115 · CANTONS DE CLERMONT · texte numérisé non relu

CANTONS DE CLERMONT

Berzet et celui de Saint-Genès-Champanelle. Elle offre poar caractères :

Pesanteur spécifique: 3,25; dureté assez forte pour rayer le verre, mais faiblement; couleur verdâtre ou rosfttre, les deux souvent réunies sur le même échantillon et se confondant fréquemment; translucidité sur les bords; structure massive ; texture compacte ou grenue , presque saccharoïde au microscope ; cassure inégale et raboteuse en grand , cireuse ou esqnilleuse en petit ; ténacité très-grande ; forte odeur argileuse par insuillation ; fusible au chalumeau en émail d'un gris plus ou moins foncé.

L'autre roche que nous avons nommée eurite porphy^ roïde , est aussi intercalée dans le granité près de St-Genès. Le filon qu'elle constitue paratt an jour très-près de ce village, sur le chemin qui conduit à Thède. Elle a pour caractères :

Pesanteur spécifique: 3,03; dureté un peu moins grande que celle du verre ; couleur gris foncé ; structure massive ; texture grenue ; cassure inégale un peu esquilleuse à la loupe; ténacité moins forte que celle de la précédente ; happe un peu à la langue , et fond facilement au chalumeau en un émail noir.

Cette roche offre une pâte pétrosiliceuse qui renferme des cristaux très-nets d'amphibole. Cette dernière substance entre aussi quelquefois comme principe constituant de la pâte, et la roche passe alors à la diorite.

DURTOL. — l'étang. — CHANAT. — CÔTES DE SATAT.

Au nord-est de Clermont, on retrouve la falaise granitique (698 , 685) qui fait suite aux côtes de Ceyrat , au puy de

178 TEHRAinS PRlHlTIFâ.

Chateîi » et qui se prolonge aa-dessos de Nohanent, dans la direction de Volvic.

Dès que Ton atteint Durtol (568) , on est sur le granité qui est toujours le même et à gros grains. Après avoir traversé la lave et les pouzzolanes de Durtoi, on monte bientôt l'escarpement granitique sur le flanc duquel est tracé le chemin de Chanat. On s*élève doucement sur ce granité (663) 9 laissant à sa gauche une jolie vallée boisée , au fond de laquelle est une source minérale. La végétation est trèsbelle dans le fond de la vallée, et contraste avec Taridilé da granité. Une fois au sommet de cette pente (821), on e«t tout près d'un hameau nommé l'Étang , où Ton retrouve encore le granité porphyroïde à gros grains , avec larges cristaux de feldspath {Fig. i^^page 198). Ces blocs entassés sur quelques monticules semblent former une crête circulaire ou large bassin primitif entièrement cultivé. M. Vimont a trouvé dans ce cirque la lave de Clerzac» laquelle » è rÉtang même , se dégage de la terre végétale qui la recouvre et descend dans la vallée de Sayat.

Parmi les groupes de blocs granitiques qui constituent l'enceinte du cirque» on en distingue un plus élevé que les autres» dans lequel on remarque sept à huit masses trèsvolumineuses dont la plus grosse » touchant les autres par quelques points -seulement» a reçu le nom de Re de la Pila^ le Roi de la Pile (700).

Sur quelques blocs de ce groupe » on voit des cavités arrondies qui conservent l'eau après les pluies» et dont il est assez difficile d'expliquer l'origine.

Le cirque de TÉtang n'est pas le seul que l'on rencontre sur ce plateau de granité qui se prolonge au- delà de Chanat , à Laty et jusqu'au Mas-d'Argnat. Au sud de Chanat» on

CANTONS DE CLEBMONT. 179

remarque qne le village de Temant esft placé aa fond d'on cirque de granité sor les pentes doquel on trouve des amas de pouzzolane noire. Peut-être ces pouzzolanes sont-elles sorties de Pariou, et le vent d'ouest a pu les jeter dans le cirque de Ternant. Au-dessus de Ternant^ on voitC6te-Vcrse qui est le point granitique le plus élevé (1030) du plateau. Cette éminence est formée d'un granité à petits grains, souvent rougefttre , moins dur que le granité porphyroïde , et se décomposant aussi assez facilement : le monticule qui porte plus spécialement le nom de Côte-Verse est situé audessus et à l'ouest de Ternant.

Au sud de Ternant, à un kilomètre environ du village , existe encore un cirque , celui de Montchabre. C'est une cavité cratériforme très-distincte , dans le granité , et ressemblant tout-à-fait à un cratère d'explosion. Le fond en est occupé par une belle prairie et il s'en échappe un ruisseau qui se dirige vers le Cressinier. Autour de cette dépression et surtout au point le plus bas , par où sort le ruisseau , on voit un assez grand nombre de blocs de lave , tandis que l'intérieur du cirque contient aussi de la pouzzolane que l'on retrouve encore sur les bords et sous le gazon ; le ruisseau lui-même a entraîné et déposé près de sa sortie une crête de ces pouzzolanes, dont l'abondance ferait presque supposer qu'elles sont sorties de ce cirque même , lequel serait alors un véritable cratère d'explosion {fig. 16, page 180).

Page 1