DES FILONS DE PONTGIBAUD
Les filons métallifères sont nombreux aux environs de Pontgibaud et présentent, comme on le sait, sensible* ment la même direction que les filons de porphyre.
11 y a très-longtemps que M. Fournet a signalé les relations qui existent entre les porphyres et les filons métallifères. Depuis cette époque, M. Poyet a fait la même observation: d'après lui : a tout le district métallifère serait compris comme celui du Gornouailles , entre des bandes parallèles de porphyre quarlzifère , à grains de quartz bipyramidaux et souvent pinitifères. 11 y aurait un certain nombre de ces bandes de porphyre parallèles. »
a L'ensemble des terrains primitifs de l'Auvergne, dit M. Fournet, se compose de micaschiste, gneiss et stéascbiste, qui paraissent y être les roches les plus anciennes, car elles sont traversées par toutes les autres : elles se brouillent assez fréquemment entre elles; cependant, il règne dans l'ensemble une certaine disposition générale, qui peut faire supposer que le micaschiste est plus abondant sur les hauteurs , et le stéaschiste , au contraire , dans les vallées. Le gneiss prend surtout de l'eitension aux approches des grandes masses de granité , quoiqu'il se retrouve dans la confusion des schistes micacés et stéaschistes , cependant avec des caractères différents.
CANTONS DE PONTGIBAUD ET DE PONtAUMDR. 25 A
» Une autre roche dominante, qui est un granité à petits grains, a jeté de nombreux filons dans ]es masses précédentes » et a percé au jour ces grandes masses , en sorte qu'il paraît avoir exhaussé une première fois ]e plateau de l'Auvergne ; il occupe quelquefois une situation intermédiaire entre les grandes hauteurs primitives et les vallées , en dessinant ainsi un étage distinct. Un second granité a encore paru en plus grandes masses ; il a percé au travers de toutes les formations schisteuses : c'est le granité à gros grains ou porphyroïde , qui constitue , en général , les grandes hauteurs sur lesquelles sont implantées les formations volcaniques.
» Enfin , une dernière formation , celle des porphyres quartzifères « qui se présente uniquement en filons plus ou moins puissants, a tra\ersé9 indistinctement, toutes les formations précédentes sans les déranger très-notablement, parce qu'elle ne se montre que rarement en grandes masses ; mais ce qu'il y a de remarquable , c'est que cette roche est associée , en quelque sorte , aux filons métallifères ; elle se trouve , au moins , constamment sur la bande que nous avons établie précédemment. Ainsi , elle est abondamment répandue à Saint-Pardoui et auprès de Blot-l'Eglise ; elle réparait auprès de Pranal, où elle forme l'une des épontes du filon vertical de galène du Joar-de-l'An , dont l'autre éponte est du micaschiste ; elle marche ensuite constamment avec les filons , en s'en écartant faiblement à droite ou à gauche, et les croisant, on plutôt , étant croisée par eux , et ils parviennent ainsi dans la route commune , à Mont-la-CAte, au-dessus de Say, où le porphyre forme des murs saillants , par suite de la des-
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truclion qa*a éprouvée le granité à gros grains, qui l'encaisse dans cette localité.
» Cette relation entre les filons métallifères et le porphyre est donc un fait très-frappant par sa généralité et par sa constance » qui vient ajouter un dernier trait au parallélisme que nous venons de signaler entre les vallées , les arétea culminantes, les lignes volcaniques et les dépôts bouillers. • (Éludes sur les depuis tnèlalliféres , p. 86 et suivantes).
Outre ces relations des filons métallifères avec les porphyres y M. Fournet cite encore quelques traits frappants dans leur connexion avec d'autres roches.
« Tous ces filons , dit-il , qui, comme nous Tavons déjà observé, ont traversé indistinctement toutes les formations de schistes , de granités à petits grains et de porphyre quartn* fère , depuis Pranal jusqu'à Rosiers , éprouvent une modification sensible dans leur allure , vers la rencontre de l'immense amas de granité à gros grains, qui constitue le plateau de Celles et de Tracros. Ce granité , en perçant le sol schisteux pour se faire jour, l'a fracturé violemment, en sorte que les filons se multiplient, pour ainsi dire, sous les pas dans la vallée de Rosiers. Une partie d'entre eax se trouve ensuite arrêtée brusquement dans les escarpements abruptes de la vallée transversale, qui descend de l'étang d'Augère à la vallée de Roure : escarpements formés par la tranche d'un gneiss granitoïde , redressé par le granité à gros grains, qui occupe le côté droit de la vallée; mais celui de ces filons , qui passe le plus près du village de Roure , subit une déviation très-marquée vers l'est , en contournant la masse de granité à gros grains , et glissant ensuite entre celui-ci et le granité à petits grains ; après ce