‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 85 sur 115 · TAUVERT. VALLÉE DE LA CLTDANE. — LE MAS · texte numérisé non relu

TAUVERT. VALLÉE DE LA CLTDANE. — LE MAS

Au sud de Bourg-Lastic , on descend un profond ravin , où coule le ruisseau du Bourg. On remarque au moulin, que les argiles sont en couches puissantes , et qu'elles passent insensiblement à la roche primitive, laquelle en cet endroit a pIntAt l'apparence du granité que du gneiss. On remonte en face, pour atteindre des plateaux couverts de Genêts et ombragés de magnifiques Bouleaux. G 'est par ces chemins pittoresques et sauvages , que Ton arrive à Tauvert (756) et è Chalusset , villages bâtis sur les argiles parsemées de quartz qui existent à peu près partout.

En sortant de Ghalusset, on traverse la vallée de la Glydane. Elle est profondément encaissée dans les gneiss et dans les micaschistes. On passe pour y descendre près des raines d'un vieux château bâti sur une des cimes dé-

286 TERBAlIfS PBIMITIFS.

chiquetées , qui dominent le torrent. On } descend par de nombreux zig-zag. Le chemin borde un précipice. Oo j voit les saillies des roches s'élever en crêtes dentelées aadessus des arbres.

Dans toute la longueur , cette profonde vallée est formée de parois resserrées « et de petits cirques très-circonscrits , dont on a fait de charmantes prairies arrosées par les eaui les plus pures.

Ce sont de petits bassins nivelés , à bords élargis, qai représentent le fond vaseux d*anciens lacs.

C'est ce que l'on voit très-bien au moulin de Taovert. La rivière s'échappe d'une gorge resserrée , elle entoure un pré arrondi^ et après avoir fait tourner les roues du moulin , elle réunit ses deux bras, pour entrer de nouveau dans une gorge rétrécie.

Un chemin rapide , qui traverse ensuite un plateau de basalte, conduit à Bialon ; le Montel, le Has, le Fraisse (721), Védrine , nous ont montré partout le même terrain ; ou des gneiss, ou des micaschistes, qui alternent souvent , puis toujours des argiles avec des cailloux de quartz. Au Has, les gneiss sont mieux caractérisés, et en descendant audessous du Mas, le long du Béai de CAte-Chaude, qui forme de très-jolies cascades , on voit des masses de calcaires saccharoïdes et les emplacements d'anciens fours h chaux. Ce calcaire est en couches , dans les gneiss , et présente comme lui des ondulations variées. Il existe sur plusieurs points et des deux côtés du ruisseau {fig. U,p. 286).

Le calcaire vient former là un affleurement assez considérable dans les micaschistes. Ce calcaire renferme da mica et de la serpentine qui s'y mélange en toute proportion et y forme des masses isolées et même une espèce de

GANTONS DE ROCUEFORT, d'qERBIENT, etC. 287

salbandes. Près du calcaire on observe de très-belles masses de micaschiste , que la pluie qui tombait en abondance faisait paraître violet.

On connaît encore du calcaire à Ruère, où il forme une couche subordonnée à la roche schisteuse ; on en remarque des traces à Hazières et à Bialon, et il en eiiste des carrières dans quelques communes assez voisines qui appartiennent au département de la Corrèze , telles que celles de Monestier et de Jioux.

MESSEIX. SAVENNES. — CHAUMADOUX.

Après avoir traversé le premier plateau de micaschiste (761, 771), que Ton trouve au sud de Bourg-Lastic , et après avoir passé la Clydane , nous montâmes à Frugheaux sans quitter un micaschiste à feuillets ondulés.

Un peu plus loin , on passe sur le grand plateau basaltique de Messeix , mais ce village est entièrement construit sur le micaschiste. La vaste étendue de terrain que l'on parcourt jusqu'à Pradelles est une plaine recouverte de micaschiste et d'argiles (764, 749, 763, 767, 758).

Pradelles (786) est situé sur une éminence de micaschiste et d'alluvion. Nous primes à l'ouest du village, un chemin qui nous conduisit dans le fond de la vallée , et nous permit de voir les grands escarpements boisés de la vallée de Chavanon. Ce sont des sites magnifiques. Nous remontâmes de l'autre c6té d'un petit ruisseau , et nous atteignîmes le village de la Randonnière, situé sur le même terrain que les autres.

An-dessous de Feix , on descend dans un ravin assez pro* fond , où se trouvent , à ciel ouvert , de magnifiques car-

rières de calcaire saccharoïde. Cette roche est en conches ayant quelquefois pins d'un mètre de poissance {fig. 25, page 288). Ces couches ont la même inclinaison que le micaschiste qui en forme le toit « et paraissent séparés de cette dernière roche par de minces assises serpentineuses ; mais partout il y a passage insensible d'une roche à l'autre, bien que la serpentine paraisse, comme dans le Forez, principalement placée entre le calcaire et le micaschiste. Ce calcaire est d'un gris bleuâtre» plutôt lamellaire que saccharoïde. Il contient de larges veines de calcaire blanc cristallisé et , parfois , de très-petites veines de calcaire rose. Le gisement est considérable ; sa profondeur est inconnue, et si Ton renonçait à l'eiploiter à ciel ouvert, on pourrait facilement Tattaquer par une galerie.

La Viallc (770) , Savennes, Ruère (731), Marières p la Brugère (749) , Farvalange , comme tous les villages du plateau sont sur le micaschiste ou sur les argiles.

Si , après avoir passé la Clydane , toujours ao sud de Bourg*Lastic , au lieu d'aller à Meisseix , on se dirige vers le Serroux (748) , on remarque que le village est bâti sur le granité , roche qui perce eu quelques points circonscrits da canton de Bourg-Lastic. Là , le granité se prolonge vers la bande de terrain houiller, mais il se décompose, devient sableux , et en quelques endroits même , il passe à la protogyne.

Il est assez remarquable que les divers affleorements da granité des environs de Bourg-Lastic paraissent suivre, â peu près , la direction du terrain houiller.

On traverse encore le plateau de basalte ; on arrive aux Vialles (797). Font-Grenier est aussi sur basalte ; mais pour aller â Bogros , le terrain est entièrement changé ; ce sont

CANTONS DE ROCUEFORTy D^HERMENT, etC. 289

les argiles et les masses de quartz qui recouvreat le micaschiste. *

I À Qoe petite distance de Chaumadoux (822) et notam-

ment sur un monticule situé au S.-£., on a creusé des puits nombreux dans le micaschiste pour extraire le minerai de fer. Ce minerai est quelquefois friable ou même terreux ^ quelquefois compacte. Il parait contemporain des micaschis-

j tes y et il est souvent accompagné d*une roche fibreuse qui

rappelle l'asbeste. Sont-ce des sources minérales qui Tauraient déposé pendant ou après la formation des micaschistes?

De Chaumadoux en allant à Montsipy (906J , on passe près d'un monticule sur lequel le quartz est en place , et près d*un petit dyke basaltique bien isolé.

TAUVES. — FANOSTRE. AVÈZE.

Tauves est construit sur le gneis^ mais rapproché de plateaux de basaltes et d'alluvions volcaniques qui cachent la roche primitive sur de grands espaces. En sortant , au nord y on traverse d'abord une très-large nappe de basalte (trois kilomètres) , et Ton retrouve le gneiss au-delà du plateau, à la Pailloncye , à Massanges (913), et l'on rencontre , çà et là , sur les plateaux , quelques blocs d'alluvions. En descendant de Massanges , pour passer le ruisseau et se diriger sur Fanostre (899) , on rencontre le gneiss en masses très-dures et volumineuses , quartzeuses et recouvertes de Rizocarpon geographicum. Au-delà de Fanostre , commence le micaschiste. On passe alors sur le basalte de Montel (880) , et une avenue d'arbres conduit à Chazelles (845), où l'on voit un dôme élargi, dont la sor-

290 TEBRAINS PRIMITIFS.

face est couverte de quartz blanc et d*argiles sableuses. On ?oit le même terrain près d * A vèze ainsi qu*à Augerolles (8 1 7) • mais il y n moins de quartz ; Villat-Bas est encore sur le micaschiste.

PONT- VIEUX. — LARODDB. — LA BESSFTTE. — CINGLES. —

JOURSAC.

Il existe f an sud de Tau?es » une profonde vallée également creusée dans les gneiss et dans les micaschistes ; c'est la vallée de Pont-Vieux. On y remarque, dans le fond, un petit tlot granitique (716), tout entouré d'alluvions anciennes. En remontant la vallée pour arriver aux Quatre-Vents « on voit la galerie d'un filon antimonifère qui a été exploité pendant quelque temps sous le nom pompeux de Mine d'Or.

On traverse alors de grands plateaux d'alluvion volcanique (825). Après avoir passé une maison isolée, appelée les Chazeaux, on descend au ruisseau de Rigand-les-Berges, et la , on voit le gneiss à découvert. On le voit encore pendant quelque temps deTautrecâté du ruisseau, et Ton traverse des argiles sableuses en se dirigeant vers Larodde. Ces argiles proviennent de la décomposition des micaschistes et contiennent , comme cette roche , une grande quantité de quartz.

En sortant du c6té de la Bessette , on reste sur le micaschiste , et à une petite distance de Fourroux , on voit des mouvements de terrain que Ton considère comme un camp gaulois. Plus loin , c'est encore micaschiste , mais il est recouvert , et même au-delà du village de la Bessette , de quartz et d'argiles sableuses.

Si Ton descend pour traverser la bande de terrain honillcr

CANTONS DE ROCHEFORT, D*HERHENT, etC. 291

qoi se prolonge bien ao-delà de Taaves , dans le Cantal , on remonte péniblement à la Tauverie et Ton vient de quitter le grès hoailler. On est sur le granité.

Cette dernière roche se prolonge à la Renaudie , où elle se décompose. A peine est-on sorti de ce village que Ton marche sur une multitude de fragments de trachyte qui sont le produit de la décomposition et des lavages des tufs ponceux et trachytiques qui recouvrent le plateau, et cachent même en partie le terrain houiller.

AuChastel» le gneiss est à nu. Nous traversâmes encore la bande houillère pour arriver au Mont (778). Les grès et les schistes vous conduisent jusqu'aux premières maisons du village qui 9 cependant, est tout entier sur le micaschiste. Au delà du Mont, c'est encore le même terrain, avec beaucoup de granité. Nous descendîmes alors pour gagnf^r Singles (765). Il faut traverser une profonde vallée « et un peu au-dessous du Mont» on voit encore le granité qui, dans plusieurs endroits, borde la bande de terrain houiller. Près du grès, ce granité est en boules , presqu'en galets , et ces boules souvent un peu décomposées sont entassées les unes sur les autres. C'est ainsi qu'on trouve ce granité en descendant du Mont. Avant d'arriver au bas , on distingue un rocher assez curieux que l'on prendrait d'abord pour du basalte, et qui est granitique, très-escarpé d'un côté, et qui vraisemblablement a supporté un vieux château , car des escaliers sont taillés dans le roc et permettent de monter trèsfacilement sur sa cime. Ce rocher est indiqué sur la carte mais il est mal orienté; il se prolonge en un long filon qui traverse la vallée et s'étend jusqu'à Singles.

Singles est construit sur le bord du terrain houiller qui s'y arrête. L'église et les premières maisons forment sa limite.

29â TEERAllfS PRIMITIFS.

Au delà les maisons da village sont sur le granité , et soqs les dernières à l'ouest c'est le micaschiste ou le gneiss.

La bande de granité, longeant toujours le terrain houîlier, continue vers le nord. En quittant le terrain houiller» pour monter à Joursac » on voit d'abord des masses de granité arrondies , formant une espèce de poudingue sur le bord du terrain houiller , et lui servant pour ainsi dire de salbande, mais d'un côté seulement. C'est de ce cAté que la bande houillère parait bordée d'une zAne de granité inégalement renflée, laquelle certainement a fourni les matériaux de cette espèce de poudingue.

Le village de Joursac est bAti sur le granité (741) qui se prolonge vers Mouilhoux et bien au delà encore vers le nord; peut-être même forme-t-il partout de ce côté une bande non interrompue.

Un filon de plomb sulfuré existe dans le granité de Jour* sac avec une direction S.-S.-E. N.-N.-O. On reconnaît des affleurements près de Singles.

CANTom DE SAniT-AMAirr . DE GHAMPEix , etc. 293

Page 1