‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 90 sur 115 · VIC-LE-COMTE. — MANGUEIT. — ISSERTEÂUX. — SCGÂRES · texte numérisé non relu

VIC-LE-COMTE. — MANGUEIT. — ISSERTEÂUX. — SCGÂRES

SAUXILLANGES. SÂINT-QUENTDf. — : US JÂLADIS.

— GONUAT. LA COURERIE.

Tous les environs de Vic-le-Gomte (500) présentent une espèce de grès ou d'arkose , très-développé et qui repose directement sur le granité.

A l'ouest, cette roche est à peine découverte ; on la voit cependant à la base de Corent(358)y où l'Allier l'a mise à nu, mais elle est complètement découverte à l'est au-delà des bois de la Comté, à 10 à 12 kilomètres de Vic-le* Comte.

Tout autour d'fsserteaux (673) , on voit le granité en grosses boules posées sur le sol ; çà et là percent quek|ues fiknis de porphyre et aussi quelques filons de quartz avec tourmaline. Mais Taccident le plus curieux de ces localités, c'est le passage de cette roche à des filons ou des amas d'one autre roche primitive peut-être eurite, peut-être protogyne,

CANTONS DE BILLOM , DE SAINT-DIEE , etC. 313

laquelle est surtout caractérisée par une belle couleur rouge vif. Si le sol esthumide, cette couleur rouge devient éclata te. Comme cette roche se décompose très-facilement » il en révolte sonyent sur le lieu même de la décomposition une espèce d'argile ronge qui se forme encore tous les jours » par le lavage des eaux , et qu'il ne faut pas confondre avec les argiles sableuses tertiaires.

Près de la Sarre, sur les limites du canton de Sauxillanges, 00 voit un petit dôme et plusieurs points de porphyre à grains très-fins» qui font saillie an-dessus du granité. D'Isserteaui à Manglieu c'est toujours le même terrain ; mais près de Hanglieu , le granité change quelquefois de nature et se transforme en une sorte de protogyne altérée. Ce n'est, il est vrai , que sur quelques points que cette apparence se présente , et l'on y distingue alors très-bien tous les joints de retrait et de stratification j Le fer oxydé rouge domine dans cette roche , et elle se convertit même sur place eo argile d'un rouge de sang, qui colore fortement les eaux de ploie.

De Hanglieu à Sugères on trouve un grand espace couvert d'argiles sableuses (503, 524).

Sogères (480) est placé sur des alluvions; mais à une très-petite distance à l'est du village, le granité est à nu. On voit qu'il se prolonge au nord et au sud. Ce terrain primitif pourrait être considéré d'une manière générale comme un mélange de gneiss , de micaschiste et de granité , souvent traversés par des fiions de porphyre.

Au sud-ouest de Sugères , après avoir traversé les argiles sableuses , on arrive à la Sarre et à Lospeux , village allongé construit sur les gneiss. On remarque au-dessus de Lospeux,

314 TERfiAlNS PRIMITIFS.

nn filoD de porphyre (531) qui souvent passe aa quartz. Od en voit de gros blocs au-dessus du village.

A une petite distance de ce porphyre ^ se trouvent trois filons de quartz ayant la direction ordinaire, et dont un seol assez volumineux pourrait être confondu par sa forme avec on dôme de porphyre.

Les Chassaignes, Lacot, le Ruchet (486) sont sar le micaschiste , et cette roche s*étend en dômes élargis au sud de ces hameaux. Le porphyre perce encore (476) an nord de Hontbenoit. Ce dernier village est sur le terrain primitif, mais les argiles sableuses en sont très-rapprochées et se prolongent en une bande étroite , dans la direction d'Usson.

Geniller, lesEcharpies, lesTuillières, Chabetout (387), le Joui , domaines ou villages situés près de Brenat , sont encore sur le micaschiste.

Sans quitter ce même terrain , on arrive à Champateaux, petit village situé près de la limite do terrain d'allovion. En dessous » on retrouve les cailloux roulés qui sont des alluvions de la rivière de Sauxillanges et au-dessus le micaschiste. En descendant à Sauxillanges par la route, on traverse encore on filon de porphyre, et l'on entre dans la ville.

En sortant à l'ooest , on est bientôt sor le granité : en montant sur cette roche une rampe assez rapide , on voit aa-dessous de la ville de belles prairies nivelées, qoi indiquent un dépôt d'allovion moderne , et l'emplacement d'on ancien lac.

En soivant on chemin tracé sur le granité , on arrive A la Courerie (608), village très-pittoresque placé à l'entrée d'on ancien lac et d'une vallée sauvage resserrée entre de hantes montagnes de granité. La roche qui se montre à la Coorerie

CANTONS DE BILLOM , DE SAINT-DIER , CtC. 315

est tout anguleuse et appartient ou à un granité porphyrique ou à un poq)hyre quartzifère. Cette même roche fait saillie dans la vallée , sur le bord du chemin et du ruisseau , où noos avons pu obsener ses formes ; on la voit tout le long do chemin de la Courerie à Saint-Quentin (608).

Dans le même canton, au-dessus de la Saignolle, on rencontre quatre ou cinq collines alignées (723 » 777 , 793) couvertes de mica bronzé , que l'on trouve aussi quelquefois près de Thiers et qui constitue assez souvent des sommets élevés. Ces pointes granitiques offrent toutes des bouquets de Pins.

On est alors sur le bord d'une pittoresque vallée granitique. On distingue la même roche du côté opposé , et l'on entend, dans le fond, bondir le ruisseau de Lastreau, obstrué par les quartiers de roches détachés de ces montagnes.

Noos redescendîmes à Sauxillanges , pour retourner à Sogères. Nous vtmes le granité se prolonger jusqu'auprès de la ville ; mais aux Combières (469) commence le micaschiste ou le gneiss. La même roche existe aux Versannes , au Colombier (609) , au Theil. Entre ces deux hameaux on voit un filon de porphyre qui vient passer sous les maisons du Theil. Au-delà se trouvent deux dômes alignés et également porphyriques. La partie nord du dernier dôme » dont la base est granitique, se prolonge et supporte un revêtement de cailloux roulés qui se continue , dans le canton de Saiot-Dier, jusqu'auprès de Brulcul (village).

De Theil, en prenant à l'est, on rentre définitivement sur le granité, dans la commune d'Egliseneuve (715), où l'on voit une multitude de dômes en granité et quelquefois en porphyre (670, 672, 599). Entre Charelle et la Verrerie, village bâti en porphyre , et au sud de ce dernier , s'élève

3 1 6 TERHA119S PRIMITIFS.

une montagne pointue (66G) avec quelques bouquets de Pins et dont la pointe est formée d'un beau porphyre rose exploité.

Le Gros ^ le Fay (700) sont sur granité , et Ton arrive alors sur le bord (725) de cette pittoresque vallée que nous avons déjà citée. On peut y descendre par le village de Jeanlong. De tous côtés l'eau coule avec bruit et (orme de petites cascades, et de tous côtés aussi se montrent des escarpements de granité ou des filons de porphyre , qui traversent la vallée. On monte par des chemins affreux aux Planissards (777) « village entouré comme Lou-Réal de pointes de granité qui ressemblent à du porphyre.

Lou-Bonis et le Bouchet (783) sont placés sur le même terrain ainsi que la Paye et Homette.

Il faut traverser de nouveau la vallée , pour arriver aui Côtes et au misérable hameau des Liards. On est tout près de Chantagrel , et Ton entré par ce hameau dans la commune de Condat , où l'on continue de trouver le granité à Montmorin (809)» au Sopt , à la Michinie , à la Peyrerie et auxjaladis.

Dès que nous eûmes passé la Peyrerie jusqu'aux Jaladis, nous commençâmes à trouver dans les champs des masses éparses de quartz améthyste. Ces fragments devinrent si nombreux près du Jaladis que l'on en améliorait les chemins et que Ton en construisait des murailles pour la clôture des champs.

Ces masses proviennent d'un filon situé à la base d'un bois. Ce filon dont l'affleurement est à peine sensible est assez considérable et parait avoir été déjà eiploité. Quand ce quartz est resté longtemps exposé à Tair dans les muraillei ou dans les champs , il se décolore et devient verdAtre a sa

CANTONS DE BILLOM , DE 8A1NT->D1ER » etC. 317

surface , tout en conservant à llntérieor toute la vivacité de son coloris.

Après avoir récolté des échantillons d'améthyste , nous visîtflmes Pissis (778) ^ Condat (831) , le moulin de Giry (800), et nous trouvâmes partout du granité, et quelquefois de petits filons de porphyre. Au Cher, hanaeau assez élevé , nous vîmes du porphyre et un filon (902) très-saillant de quartz impur, ayant la direction NE. SO. ; ses fragments épars au-dessous du Cher sont très-abondants.

Un peu plus bas, au-dessous de Condat et à côté du puy Chabrol , de belles prairies basses et tourbeuses indiquent l'emplacement d'un ancien lac , sur le terrain primitif.

Nous suivîmes ensuite une très-belle route , qui a coupé des granités et quelquefois des porphyres. Pendant tout ce trajet, il est difticile de distinguer les deux roches , car on y voit des granités , dont les fragments conservent leurs angles et se présentent avec des formes polyédriques , comme les porphyres quartzifères. On voit qu'il existe là des roches d'ftge différent qui se sont succédées , qui se sont pénétrées , et Ton manque de caractères géologiques pour reconnaître leurs relations d'âge. Quand la roche postérieure s'est moulée en petits filons d'injection , ou bien quand elle est sortie en masses d'épanchement , le refroidissement ne s'est pas opéré de la même manière , et la structure s'est ressentie de ces différences. II en résulte que, sur ces points , la carte se ressent de ce manque de caractère distinctif entre ces roches primitives.

Nous rentrâmes ensuite dans le canton de Saint-Dier, par le château de Liberty, Chantagrel et Pupidon, où nous retrouvâmes les argiles sableuses. Ces argiles pénétraient sans doute dans la vallée où il en existe encore des traces.

3 1 8 TERBAINS PRIMITIFS .

NoQs visitâmes le Suqnet bâti sur le granile et vînmes re* joindre la grande route, par le chemin du Montet. De grosses masses de porphyre y barraient autrefois la vallée et formaient d 'énormes filons , au point de jonction des deox cantons de Saint-Dier et de Conihat.

ROUTE DE I'aLLEYRAS. — AUZBLLBS. ^ BESSBT.

Le lendemain, en sortant de Sugères, au sud-est elen suivant la route de Condat , nous vîmes l'emplacement d'un ancien lac, occupé aujourd'hui par une belle prairie. Ce lac communiquait avec celui de Sugères , et des filons de porphyre qui traversent la route et le bassin ont dû autrefois établir une ou plusieurs séparations entre ces lacs. Ces filons oiïrent de larges surfaces analogues à des plans de stratification et parfaitement unies. On dirait des couches régulières redressées.

Le terrain primitif de Sugères , situé sur la limite des argiles du bassin tertiaire , pourrait être considéré comme un mélange de gneiss, de micaschiste et de granité, mais il semble plutôt appartenir à la roche primitive schisteuse qu'au véritable granité. Il est traversé par un grand nombre de petîb filons de roches diverses, parmi lesquels on distingue surtout un porphyre rose , tantôt dur et anguleux , tantôt entièrement décomposé et passé à l'état d'argile, lequel reste en filons et conserve les formes polyédriques du porphyre. On y voit aussi du granité à grains fins, des quartz et despegmatites avec tourmalines, exactement semblables à celle de Berzéprès Clermont. En suivant la coupure faite paria route, près de Sugères , on est surpris de toutes les modifications qne la roche primitive a éprouvées et de toutes les variétés de roches éniptives qui l'ont traversée.

CANTONS DE BILLOM, DE SAINT^DIER , etC. 319

Au milieu de ces accidents , on remarque un noyau qui se décompose et qui ne tardera pas à disparaître , en laissant une cavité semblable à celles qui existent déjà à une petite distance. Ce noyau ressemble» au premier abordée une bombe volcanique 9 dont l'enveloppe serait ferrugineuse et le centre rempli d'olivine. On voit bientôt, que le noyau est une espèce de granité , ou peut-être de micaschiste, un peu stéatiteuxy qui est mou et décomposé. II est enveloppé par une roche schisteuse» sans doute la même que celle de Tintérieur» mais tellement pénétrée d'oxyde ronge de fer» que le noyau en est tout enveloppé. Sa forme est ovale » sa hauteur d'environ 60 centimètres. Il se termine à sa partie inférieure par un prolongement qui parait un peu micacé. La vue de ce noyau rappelle tout à fait ces géodes friables de fer hydroxydé qui existent dans certains conglomérats volcaniques. On ne peut se défendre de l'idée d'une formation aqueuse , pour ces roches feuilletées » et d'un autre cAté les divisions pseudo-prismatiques de cette multitude de petits filons de porphyre , de quartz et de pegmatite » conduisent à une origine tout opposée.

En quittant le fond tourbeux ou alluvien de ces anciens lacs f on prend un chemin rapide au confluent d'un petit cours d'eau et du ruisseau d'Ailloux et l'on arrive au Montet, pauvre village situé sur le cêté d'un monticule conique ; le quartz perce au sommet , mais c'est un quartz rougefltre comme celui qui existe au Cher , dans la commune de Gondat , quartz qui a une grande tendance à passer au porphyre quartzifère.

Au-delà de Suquet et de Pupidon » on arrive au Coudert et à Jourfaly » hameaux contruits sur le granité. On entre alors dans le canton de Saint-Germain-l'Herm et l'on moute

320 TEBRAIHS PRIMITIPS.

par an chemin très-rapide à la Begande et à Montandouz , toujours sur granité ainsi que le Boaschet » Haydat * et le château de Maydat (825).

Sur ce dernier point existe un porphyre rose assez compact dont on s'est servi comme moellon pour la construction du château.

Nous atteignîmes ensuite Montbesson (868) et les Epines (877) ; ces villages et tous les monticules voisins offrent partout les saillies d'un granité à fragments souvent polyédriques, à grains ans, très-dur et â mica abondant. Cette roche qui a la forme extérieure de porphyre, n'en a nullement la structure minéralogique. On rencontre la même roche à Genette, à la Veillereitte et au Buisson; mais à partir de ce dernier village , c'est un granité blanc à gros grains, que nous avons déjà décrit, et très-différent de l'autre. Ce granité blanc est très-caractérisé à Labat. On le retrouve encore à la Faye.

A Neuville (904) , le porphyre se montre en masses et en filons. Au-dessus de ce village , existe une large montagne (1008) de granité semblable à celui de Labat.

On continue de trouver le granité ordinaire à la Bernardie , à Auzelles « à la Molette , à Parrel , à Ranvier , è la Fouille , etc.; on est alors sur une route nouvelle , dont la coupure n'a mis à nu que du granité et du porphyre.

Cette route qui va rejoindre celle d'Ambert à TAIIeyras (783), est tracée dans un granité à grains fins, traversé par de nombreux filons de porphyre ou de roche micacée qu'il est bien difficile de définir , mais dont nous avons marqué sur notre carte les points les plus saillants comme porphyre.

On trouve sur la route même un magnifique pont d'une seule arche , jeté sur le ruisseau de Mérode. Il est construit

CANTONS DE BILLOM , DE SAINT-DIER, etC. 321

en granité , assis solidement sur des granités et dans nn site très-pittoresqne. Ce granité est entièrement différent de ceux qaenons avons trouvés dans ce canton. C'est une très-belle roche, d'un blanc bleuâtre, avec mica noir et n'offrant pas les grands cristaux de feldspath que l'on observe à Celles et dans d'autres localités ou le granité existe. Il diffère aussi beaucoup du granité d'Olliergues à mica blanc , en ce que son grain est moins gros et le mica toujours noir. EnGn , il paratt être le même que celui des environs de Clermont , au pied de Charade. Plusieurs carrières de ce beau granité sont exploitées dans ce pays. C'est la seule pierre de taille en usage. Quand on est aux Tourdies , on en voit des masses saillantes , à gauche de la route ; elles sont exploitées , et en suivant le chemin qui y conduit on trouve une veine de porphyre verdàtre qui se rapproche du petrosilex.

Nous all&mes au Vert, puis à Vindiolet et aux Vindioles où existe un filon de quartz. Le granité continue sur la route de Saint-Amant à Saint-Dier. On passe & la Souche, à Fayet, à Chigros , puis revenant par le Grun de la Ville-Morte (805), on arrive au Besset.

Nous avons remarqué déjà près de Sugères de ces vallées h fond plat qui témoignent de l'existence d*anciens lacs qui doivent assez souvent leur origine à des filons de porphyre, lesquels en barrant la vallée se sont opposés pendant des siècles à l'écoulement des eaux.

Nous pouvons citer une de ces jolies vallées près de Besset (canton de Saint-Dier ?) . On y voit d'étroites prairies arrosées par un ruisseau divisé et presque couvertes en berceau par de vieux Hêtres qui étendent au-dessus d'elles leurs branches séculaires. Les eaux de ce petit lac se sont frayées une issue à travers les puissants filons de porphyre qui font I ««

saillie dans le fond de la vallée , et dont les crêtes démantelées ajoutent au pittoresque de cette localité.

Nous remontâmes par un très-mauvais chemin, à Couptt, où les porphyres affleurent encore , et de là à MontaiguI » à Conderellet (698) et à Hontpommier.

Page 1