‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 89 sur 115 · CHAPITRE XXllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXllI

Tenttfau prlnltlfft des eantons de Blllom 9 de Saiat-IMev» de

Vle-le«C!oiiite et de Saaxlllaiiges.

ENVIBONS DE BILLOM. — BONGHEAT. — SETMIER.

La ville de Bîllom (359) est bâtie sur des argiles qui s'étendent assez loin encore au nord et à Test. C'est un terrain tertiaire composé aussi de grès et de calcaires. A l'est et au sud-est de la ville » on trouve bientôt des vallées creusées par les eaux jusqu'au granité, et plus loin encore c'est un des bords de la Limagne où la roche primitive est entièrement à nu.

On commence à trouver le granité aux Plaines (567) , audelà de Moiitmorin (607), au sud-est de Billom. De là on descend sur un plateau granitique où se trouve une maison isolée, appelée Champsiaux. On voit près de là une vallée garnie de Pins sylvestres , et on y remarque une multitude de blocs de granité qui rendent cet endroit très-pittoresque. Ce même granité existe aussi à Emerat. De ce village on descend encore par un chemin rapide dans une profonde vallée boisée où se trouve le village de Serpanoux (449) et ses moulins. On a en face , la grande montagne qui s'élève au-dessus de Croissard et dont la large base , entièrement granitique « laisse percer cette roche en nombreuses et pittoresques saillies. C'est toujours le même granité gris en masses

308 TEERAWS PHIMITIFS.

souvent énormes. Ces boules de granité abondent partout aux environs. Entre Artanges (570) 'et le moulin de la Marade , dans un bois de Pins» on voit un Glon de quartrite ou espèce de porphyre violet» k grains fins, que l'on retrouve encore aux Maisons-Basses et aux Pierres-Hautes. Un filon de roche semblable , coupe aussi la route au-dessus du chftteau de la Peyrouse. Entre ce château et le Heradoux on trouve » sur le chemin même , au milieu des granités » une très-belle protogyne avec chlorite ou talc vert très-remarquable. Elle forme un petit amas dans le granité.

Tout à fait à Test de Billom» on voit le granité à Bongheat (457) et dans tous les environs de ce village. Il y a là *une espèce d'tlot granitique tout entouré d'argiles sableuses.

Le Fournier , Chaleron , Audigier sont sur le même terrain. A la Roche on voit de grosses masses arrondies. A Belair on rencontre un filon de quartz très-marqué.

An-dessus» la Chadeyras est encore sur le granité ainsi que Herment» la Cote, et les Bouys» qui est tout à fait sur la limite des argiles et de la roche primitive.

On voit sur le plateau » près des Moulins » toujours canton de Billom , an nord-est de Bongheat » en face d'une ferme» un monticule qui peut être en micaschiste ou du moins en roche schisteuse » et au sommet on trouve des blocs que nous avons indiqués comme porphyres et qui sembleraient plu* têt appartenir à une roche de petrosilex on d'amphibolite et peut-être aussi à un schiste argileux » analogue à celui de l'Ardoisière de Vichy. Ces blocs feraient alors partie du terrain carbonifère. En face et au sud de cette petite montagne on en voit une autre » mieux arrondie encore » à la base de laquelle on a creusé de l'argile sableuse , mais le dôme entier est formé d'une roche feuilletée» notée sur notre carte

CANTONS DE BILLOM , DE SAINT-DIER» etC. 309

romme micaschiste » mais qui rappelle mieux le carbonifère qne la montagne précédente. On voit encore vers le sommet, nne roche plus dure qui appartient» peut-être, à la formation du porphyre. Deux villages , Montmatay et les Granges , sont construits sur ce même terrain qui descend josques au-delà de la plaine et se retrouve même sur les côtés do chemin de Bort ; au-dessous des Granges on voit encore des porphyres.

Si de Billom , on veut gagner le château de Seymier , on rencontre une énorme quantité de ces boules de granités, souvent entassées et oiïrant des aspects tout à fait singuliers. C'est un granité blanc ou bleuâtre, à grains plus 00 moins fins , mais toujours k mica noir. Dans les cassures, on remarque fréquemment de petits amas de mica, en lamelles fines. Parmi ces blocs , un des plus remarquables , est celui qui est au-dessous du château de Seymier. Il est dressé à pic, et haut de près de 10 m. Tel est encore celui qui se trouve dans la garenne. Il est énorme et il a été fendu en plusieurs morceaux dont deux sont encore trèsrapprochés et renferment enlr'eax une petite masse mobile , qai les empêche de se réunir. Est-ce la foudre ou quelle est la cause qui Ta brisé ?

Entre le Theil (7 1 6) et Fontvieille, il y a aussi un .roc branlant qu'un seul homme fait remuer très- facilement ; mais la masse la plus considérable , le groupe le plus digne d'attirer les curieux , est celui qui se trouve au nord du château» dans un petit bois de Pins. Plusieurs pierres sont placées les unes sur les autres , et de jeunes Pins ont poussé dans les intervalles qu'elles laissent entre elles. Derrière est un gros bloc suspendu , qui parait prêt à tomber , et que pourtant nous n'avons pu ébranler.

310 TERBAINS PRIMITIFS.

La plopart de ces blocs présentent des trous arrondis , et diverses excavations , comme si l'eau les avait entamés en tombant goutte à goutte.

Entre Seymier et Mozan , c'est toujours le granité , et Ton voit sur la route , près de ce dernier village , une roche rouge qui forme aussi des filons puissants , près de l'étang du Pic y près de la route de Sauiillanges. On en voit deux très-distincts sur lesquels croissent des Pins. Ces filons vont très-loin, avec la direction NO. SE. On en retrouve encore un au-delà du petit village de la Gravière. Cette roche rouge ressemble à un véritable porphyre » ou à une pAte d'eurite qui ne contiendrait pas de cristaux.

Nous avons parcouru aussi les communes d'Estandeuil (538) et de Fayet (650) ; l'on y voit partout le granité , en énormes masses entassées les unes sur les autres. Ce granité est traversé » notamment aux environs du Pic , par des filons d'un porphyre euritique ordinairement d'un violet lilas , et quelquefois blanchâtre et comme décoloré. Ces filons souvent parallèles se poursuivent très-loin , se déviant A peine.

SAIMT-DIBR. — SAllIT-FLOUR. TRÉZIOUX. CEILLOUX.

SAlNT-JEAN-DES-OIXliRES.

Saint-Dier est une petite ville bâtie sur le granité et en partie aussi sur les argiles sableuses , qui constituent , dans cette localité, un bassin tertiaire assez étendu ; tout le trajet de la petite rivière qui passe à Saint-Dier» est creusé dans le granité , et il en est de même de la Dore , qui longe ce canton et qui le sépare de celui de Courpière. C'est partout du granité, et qui très-souvent se montre en grosses masses

CANTONS DE B1LL0M , DE SAINT-DIER , etC. 311

dans toute l'étendae des communes de Domaize etdeCeilioox (751). On trouve une grande uniformité dans toutes ces roches primitives. Sur quelques points, comme auprès de Peyrouz , ou voit des filons de quartz , qui affleurent audessus des granités; ailleurs, comme au-dessus de Ceilloux , au-dessus du Fraisse , on remarque des filons de porphyre euritique , à grains très-fins , blanchâtre « ou plus souvent rose y qui constituent les affleurements de divers monticules. Tout ce terrain est traversé par de petits ruisseaux d'eau limpide , et les monticules sont fréquemment couverts de bois de Pins, de bouquets de Chênes ou de Rouleaux pleureurs.

Au sud-ouest de Saint-Dier, presque toute la commune de Saint-Jean-des-Ollières (688) est sur granité. Cette roche ressemble tout à (ait aux granités de Domaize et de Fayet. Ce sont en général de gros blocs isolés ou amoncelés. Ce granité est percé par le basalte du côté de Sugères. il supporte les meulières de Chavarot , mais il se montre dans le village même à l'est, où les dernières maisons ne sont plus sur meulière, mais sur terrain primitif (623).

Au nord de Saint-Dier , les communes de Saint-Flour (519) et de Trézioux , sont entièrement sur terrain primitif. C'est toujours le granité, généralement en grosses masses et se décomposant sur quelques points, de manière à former des espèces d'argiles rouges ; c'est surtout dans les endroits où il devient porphyroïde , que cette décomposition a lieu. A l'est de Saint-Dier, on trouve des filons de porphyre et d'autres de gneiss. On voit un de ces derniers descendre audessus de Fonzilloux , donner naissance à plusieurs affleurements et constituer la crête d'un petit monticule au-dessus et au nord de Paillât. C'est peut-être le même filon que

Ton voit auprès de Peyraud, caria direction est sensiblement la même y et il est probable qu'il forme entre ces deux points des aillearements que nous n'avons pas observés. Parmi les filons 00 les dômes de porphyre quartnfère , le pins remar^ qaable est celoi que l'on voit au nord de Trézioux » et près du hameau de Goëlle; c'est un des points les plus élevés do canton , et le porphyre est très-quartzifère. On rencontre aux environs plusieurs petits filons latéraux qui sont comme autant de racines appartenant au principal. Le sommet de cette montagne est couvert de vieux Pins et de Châtaigniers, sous lesquels se trouve en abondance le Sarolhamnus vul^ garis.

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