SA1NT-ANTHÊHE. FERRÉOL. LA SAUVETAT
Le granité domine encore dans le canton de Saint-Anthème. La petite ville est b&tie sur le gneiss, sur le bord d'une grande prairie traversée par les eaux pures de la petite rivière d'Ance. Mais en remontant cette rivière, au nord de Saint-Anthème , on atteint bientôt le granité au
Fayt (1162) et plas haat encore (1293), od passe 1 Sichard (1344), puis à la grande Jasserie (1309)» 1 k Combe et aux Carbonnonx. On est alors sur les cimes élevées de la chaîne du Forez à des altitudes de 1 300 à 1 400 m . , et l'on se rapproche de Pierre-sur-Haute. La limite des départements du Puy-de-Dôme et de la Loire se trouve sur ces plateaux . Nous dépassAmes cette limite pour entrer dans la commune de Roche » département de la Loire , et nous y trouvâmes un joli petit dyke de basalte à prismes convergents. Le basalte en est noir^ à grains très-fins et extrêmement pesant, comme la plupart des basaltes de ces petits dykes épars qui semblent avoir été fortement comprimés pour sortir. Tout l'espace que nous parcourûmes pour rentrer à Saint- Anthème ne nous a présenté que du granité : c'est sur cette roche que sont construits les villages de Bacuchet (1276), de Bost, de la Faye-Furet, de Hartiuel, d*Eyvant , de Pré-Riom et de l'Allier-Jeune , ces derniers très-rapprochés de Saint- An thème.
Au sud de Saint- Anthême, Lépinat et Ville-Vairet où Tod arrive par de mauvais chemins , sont encore sur le granité ; mais les chemins sont pires encore pour atteindre le village de Sephos (1184); au-dessus » nous montâmes longtemps dans un bois de Pins , toujours sur le terrain granitique, et nous arrivâmes au village de Ferréol. Le paysage est tonjours le même , ce sont des bois de Pins , des Genévriers et des blocs de granité , mais déjà avant d'arriver à Ferréol on voit des Sapins qui couronnent toutes les hauteurs. Tons les pics des environs présentent les mêmes caractères ; toutefois, te granité blanc devint plus rare, c'est plutôt un granité gris ou rougeâtre à grains plus petits et parfois à mica noir.
CANTONS DE saint-germain-l'hebm . etc. 337
Après avoir vérifié la coostitation géologique da sol de ces forêts (1178*1171» 1145), nous revtomes à Ferréol en nous rapprochaot de SaÎDlrÂothéiney et nous passâmes à Ghamp-Grimaui » à Seignibrard, toujours sur des granités tendant au gneiss. Un peu après le village de la Sauvetat ( 1 163 ), nous arriv&mes sur la grande route de Montbrison. Là le granité se change en gneiss. On y voit des taches assez nombreuses de mica d'un jaune sale, tendant à s'agglomérer» et Ton peut à volonté classer cette roche dans les granités ou dans les gneiss. Parfois» elle contient de petits fragments d'un granité préexistant ou des nodules de mica.
Ailleurs» la roche se veine très-nettement» et si l'on quitte la route pour remonter au nord » on trouve distinctement le gneiss. A Grange-Neuve de Tronel » à Neuf-Fond , au Prat» à la Bertranderie» et jusqu'à Laroux (1179)» c'est un gneiss bien net et bien veiné.
MOLUAC. — MENEYROLLES. SAINT-ROMAIN. SAINT-
JCST-DE-BAFFIE.
A l'ouest de Saint-Anthéme» on reste quelque temps sur le gneiss » à la Chomette » à Sapt » villages bâtis sur le bord d'un des anciens embranchements du lac de la vallée où existait une baie.
En montant longtemps» on passe à la Besse et à Holliac , triste village (1135) exposé à toutes les intempéries de l'atmosphère des montagnes» puis à Moliachon( 1090). De là on descend toujours pour arriver à Grandrif » et sur des gneiss» car le granité forme seulement quelques points audessus de la Besse ( 1228).
A Grandrif» autour des eaux minérales» le sol est un
mélange de gneiss et de micaschiste visiblement altérés par les eaux minérales qui suintent en différents endroits.
Nous passâmes au village même de Grandrif et montant un chemin rapide , nous entrâmes dans le canton de Viverois et nous atteignîmes Meneyrolles et Fargettes , deux villages qui se touchent et sont construits sur le gneiss.
C*est en passant sur cette même roche et en traversant des plateaux élevés et sauvages desquels s'élevaient quelques sommets granitiques ( 1 184 , 1236 ), que nous regagnâmes Molliac.
Un petit chemin très-mauvais, qui passe à travers des bois et des prairies , nous permit de descendre à St-Romaio (village 967) et à Saint-Anthême , sur un gneiss douteux passant au granité.
Lorsque l'on est à Meneyrolles, on peut se diriger vers Saint-Just-de-Baflie , sans quitter le gneiss et passer an Temple (842) , à Plagnes (790), à Issartier.
Là, on traverse la grande route d'Ambert , et l'on monte à Saint-Just-de-Ballfie , que Ton voit perché sur une crête de roche primitive (863). On n'y parvient que par un chemin très-rapide. Le village se compose d'une longue rue. Il est construit sur un gneiss» qui souvent passe au granité et quelquefois au porphyre.
VlYBROLS. — LA CHAULME. — SAILLANT. SAINT- CLÉMENT.
La route de Saint-Anthême à Viverols est bien tracée dans une jolie vallée. On longe des prés tourbeux et des alluvions, au milieu desquels existe une petite saillie de granité. On est alors très- près du village de Saint-Clément.
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Od traverse, sar an pont neuf, la rivière d'Ance, dans an liea où elle a laissé une large trace de son passage ; pais » remontant sar le terrain granitique , on ne le quitte plus jusqu'à Viverols.
Viverols est une très-pe(ite ville » assise encore sur le granité » qui domine dans tous les environs.
A Test de Viverols, on suit le granité aux Mas (914), à La6e, et traversant la petite rivière d'Ance, on monte à Lissonnat (869). Dans ce dernier village, le granité se veine un peu , et passe au gneiss.
Nous allâmes de Lissonnat & la Valette , et bientôt nous atteignîmes le chemin qui sépare les deux départements da Puy-de-Dôme et de la Loire. Ce chemin nous conduisit au pied d'une grosse montagne, toute couverte de blocs de granité entassés. Nous descendîmes à Haute-Ville , très-long village , sur le flanc de la montagne , et après avoir traversé on petit ruisseau, nous remont&mesau Mont, village encore bftti sur des blocs de granité. De là , un chemin des plus mauvais nous conduisit à travers un bois, à un escarpement considérable, où un ruisseau qui sépare les cantons de Saint- Anthéme et de Viverols , se précipite en cascade. Le granité s'y présente en masses. Il est disposé en une espèce de cirque trop grand pour la quantité d'eau qui s'épanche dans cette cascade. Il semble que tout cet appareil ait été destiné à une masse d'eau bien plus considérable. Tout indique un grand courant qui descendait autrefois dans ce profond ravin , lequel aurait usé les roches sur une grande étendue.
Aa-dessus de la cascade, on trouve tout de suite le village de la Chaulme , composé de quelques maisons sur des blocs de granité. C'est encore un des sites les plus sauvages de
la contrée. De le un petit chemin entièrement tracé sor le granité (1166) nous conduisit à Montpeloux, au nord-«8t de Viverols , où nous trouv&mes quelques maisons réunies autour d*une \ieille tour posée sur un dyke de basalte.
En rentrant à Viverols par Saillant , le granité passe au porphyre. On peut même considérer la roche qui forme en partie le monticule derrière cette commune , comme un véritable porphyre , et l'on en trouve un semblable , exploité pour la route, au Calvaire près de Viverols.
Merlonne et le Verdier sont aussi sur granité.
Lorsque ces granités des environs de Viverols sont restés longtemps exposés à l'air , leur structure est altérée, et Ton voit les cristaux de feldspath faire saillie à l'extérienr. Ces granités renferment souvent de petites masses de gneiss et de micaschistes , qu'ils ont percés pour se faire jour.
MCDETROLLES. — SACVESSANGES.
Le canton de Viverols présente , comme on le voit » aux géologues une désespérante uniformité. On peut s'en convaincre encore en se dirigeant vers Medeyrolles , ao sudouest de Viverols. On passe près de Bcssette » et l'on s'engage immédiatement dans de grands bois et l'on arrive à Lagarde.
En prenant à droite , nous visitâmes Chastel , le Cros et le Mont. A ce dernier village » le gneiss contient de grands cristaux de feldspath blancs posés à plat et séparés par do mica. A la Fayole (1054), dans le village même, on voit one énorme masse de gneiss isolée. Nous passâmes ensuite à Roussis (1050) , où ce même gneiss porphyroïde est parfaitement caractérisé. Nous \tmes dans les murs do village des
CANTONS DE SAINT' GERMAIN-JL'uEBM , e(C. 341
fragments de basalte « en petit nombre il est vrai , mais noas cherch&mes vainement le point d'où ils pouvaient provenir. Noas arrivâmes enfin à Medeyrolles , commune bâtie à la partie supérieure d'une vaste et magnifique prairie , et très-rapprochée de grands bois de Sapins.
Nous vtmes encore & Medeyrolles le gneiss porphyroïde et le gneiss à mica noir; mais en montant sur le sommet (1 200) qui domine ce village, on rencontre d 'énormes masses de granité blanc qui , sur quelques points , passe au gneiss porphyrique. Il est très-difficile de distinguer le granité du gneiss dans le canton de Viverols» et quoique la partie ouest du canton soit certainement plutôt gncissique que granitique f il est impossible de tracer une limite certaine entre les deux roches qui font la base de ces terrains.
De Medeyrolles y nous passâmes à l'Estival, à Chelles, à la Viveille , à SaintrFlour. Nous entrâmes encore dans de grands bois , errant sous de magnifiques ombrages , et nous sortîmes près de Sauvessanges. Presque tous ces villages sont sur le granité , mais Sauvessanges est sur un gneiss assez bien caractérisé. C'est un grand village réuni à un faubourg que Ton nomme la Valette.
Nous allâmes de Sauvessanges au Crozet, puis à Sermoulis 9 nous rapprochant ainsi des jolis bords de l'Ânce , qui deviennent un peu escarpés au-delà de Sermoulis.
Nous passâmes à Polagner , à Tourris , à la Monge et à Tomps. Ce dernier village est sur le granité ; il en est de même des bois que nous traversâmes pour repasser à Sauvessanges. Nous y vîmes des blocs de granité blanc.
Nous rentrâmes à Viverols par Mayaux (954) et Etruchat.
34S TUHAINS PRlMITin.