LA TOLPIE. LA RTCHABDE. PIERRE-SUR-HAUTE
YALaVlâRES. LES PRADEAUX.
Au nord-est de la Forie , s'élèvent les sommets les plus hauts de la chaîne du Forez et notamment la montagne de Pierre-sur-Haute qui en est le point culminant. On ne quitte pas le granité pour l'atteindre.
On passe à Reyrolles (930), et bientôt après au rocher de la Volpie ; c'est un cirque de granité très-pittoresque, dans lequel se précipite un filet d'eau que l'on aperçoit à peine. Des Bouleaux et des Hêtres , dispersés à la base du rocher et sur ses pentes inférieures, des lignes de Bruyères fleuries qui en décorent toutes les fissures et le vert pur des prairies faisaient , de cet ensemble , on admirable tableau.
Nous montâmes par un très^mauvais chemin au Pradal et à Badin (1083), pauvre hameau où l'on voit partout des blocs de granité éboulés , que l'on rencontre encore au Colombier , puis on entre dans un grand bois de Sapins.
Le chemin est constamment mauvais , couvert d'énormes blocs de granité blanc tombés des sommets. Ce granité, en eiïet , constitue toutes les pointes de la chaîne do Forez ; son mica est blanc , son feldspath abondant et ses blocs irréguliers, sont souvent entassés. Quelquefois même, ce gra-
nite simule des coulées fracturées coinine les trachytes des hauts sommets du Mont-Dore.
Nous visitâmes tous les sommets (1463 , 1469, 1410, 1565). Nous passâmes à la croix duFossat, col étroit où viennent aboutir deux profondes vallées ; nous arrivâmes ensuite aux burons de la Richarde (1589) et nous vtmes, un peu audessous, un bloc roulé d'une siénite à gros cristaux , dans laquelle prédominait Tamphibole. Enfin nous étions sur le sommet de Pierre-sur-Haute (1630).
Cette montagne paraît avoir la forme d'un dôme , comme Montoncelle , mais ce n'est pas un porphyre, c'est toujours ce granité blanc dont nous avons parlé et dont le type est an Grun-de-Chignor près de Vollore. Il contient pourtant quelques veines de granité noir à petits grains et des filons de quartz avec mica blanc argenté.
Quand on considère l'ensemble des montagnes de Pierresur-Haute , il semble que l'on soit placé sur un vaste dôme • très-surbaissé , lequel cependant semble s'élever au-dessos d'autres montagnes surbordonnées.
Nous redescendîmes au sud-est en parcourant d'immenses plateaux et de grands dômes couverts de Bruyères , dômes dont la hauteur dépasse 1400 mètres, ce qui donne aux granités de la chatne du Forez, une altitude supérieure i celle des trachytes du puy de Dôme , mais inférieure à celle des sommets du Mont-Dore.
Le chemin que nous suivions pour descendre sur les pelouses nous offrit les altitudes de 1432, 1486 , 1480 aui burons de Veyrol , 1422 et 1443 an-dessus du petit hameau de Las Fayas, entièrement composé de jasseries ou étables à vaches. Ce sont des habitations d'été que l'on abandonne en hiver.
CANTONS DE saint-germain-l'hebm , etc. 335
Au-dessous, nous passâmes & Montjallade (1139), puis aai Perriers ; mais ici , le granité devient veiné , il passe an gneiss jusqu'au village de Valcivières. Plus bas , le gneiss devient granité , souvent très-micacé et quelquefois amphiboliqoe.
De Valcivière à la Bernardie on est presque toujours sur le gneiss. On passe aun Courtioux et Ton arrive , en montant toujours sur un dôme de granité , dans un bois taillis de Hêtre , en continuant & s*élever , par un chemin très-rocailleux , sur les hauts plateaux où nous étions avant d'arriver à Las Payas.
Nous continuâmes à marcher vers le sud , sur ces pelouses immenses , passant de temps en temps près de quelques saillies de granité, nous maintenant à 1400 mètres d'altitude , puis h 1300 , puis à 1200, et enfin nous arriv&mes sur la grande route d 'A mbert à Saint-Anthème , au col des Pradeanx , élevé de 1155 mètres.
Là , sur la route même , un peu en dessous des Pradeanx, du côté d'Ambert , on voit un rocher coupé dont le granité est un peu feuilleté et passe au gneiss.
De là à Saint-Anthême on descend par une très-belle route, presque toujours tracée sur le gneiss et touchant quelquefois des espaces granitiques.