AGE
que, comme nous le verrons plus loin , et s'il est assez facile, dans certaines circonstances , de séparer ces deux périodes et d'attribuer les terrains meubles à chacune d'elles « le plus ordinairement on ne peut fixer d'une manière précise, l'âge des alluvions. Comme il n'y a pas eu discontinuité de transport« il ne peut y avoir de séparation nette dans la longueur d'une période qui n'a pas été interrompue. Ainsi nous voyons » sur le plateau central , le long de nos principaux cours d'eau» des vallées à étages munies de terrasses èllu- TÎales 9 et il est facile d'allirmer que la terras<^e supérieure est plus ancienne que celle qui est au-dessous » et celle-ci plus ancienne encore que le cordon de cailloux roulés ou de sables que la rivière charrie encore. Quant h la limite précise entre ces Ages» elle n'existe pas. Les étages eux-mêmes ne marquent pas des époques distinctes , car les berges ne présenteraient qu'un talus avec pente uniforme » si une grande inondation accidentelle » en les remaniant , n'avait marqué, par une diiïérence de niveau, l'élévation du liquide et sa retraite définitive de cette altitude.
Ces hautes terrasses existent sur les bords de la Loire , sur les rives de l'Allier et de la Dore. D'énormes ploteaux, comme nous le verrons par la suite » éloignés du lit da fleuve, témoignent de son ancienne puissance. La Loire, selon M. Gruner, s'abaisse graduellement en creusant son lit dans les sables tertiaires du Forez et du Roannais. Il a pu constater dans la plaine du Forez trois séries de berges, on rives successives, se rapprochant de plus en plus du cours actuel du fleuve. Â son entrée dans la plaine du Forez, k fleuve a coulé d'abord à 40 mètres au-dessus de son lûve&u actuel.
L'Allier s'élevait peut-être encore plus haut en entrant
104 TEREAIH8 D^ALLUVlOll.
dans la Limugne. tlocet annonce qu'il a reconnu en An* tergne trois dépAts distincts de cailloux roulés. {Bull, delà Sôc.géol.^ t. 13, p. 198.) Mais en comptant comme Roxet ceux qui gisent sons les nnppes basaltiques » il y a certainement plus de trois époques distinctes.
Indép-^ndamment des trois étages que nous venons de dter sur le bord des rivières « et qui tous contiennent des (Produits volcaniqneSy il existe en Auvergne des alluvions antérieures aux éruptions. Nous trouvons ensuite des allutiv^ns trachytiques quelquefois très-riches en fossiles » puis des couches de cailloux roulés sous-basaltiques dont Tâge tie peut être absolument le même, puisque la période basaltique a été d'une extrême longueur.
EnGn , bon nombre de plateaux basaltiques sont euxmêmes recouverts de cailloux roulés épars ou rapprochés» lesquels indiquent toujours le mouvement des eaux et une ^ande persistance à user , à détruire les terrains environtiants. Certaines causses de la Lozère et du Gard ont aussi des alluvions éparses.
Un des caractères distinctifs des terrains meubles anciens est d'être privés de cours d'eau. C'est au point même qu'il existe des terrains d'alluvion sur des parties de la terre oà il ne tombe plus une seule goutte d'eau. C'est ce qui a lieu le long de la c6te du Pérou à Arica et sur tout le versant occidental des Andes; on voit des vallées qui contiennent encore et qui ont charrié des cailloux roulés et qui sont aujourd'hui entièrement dépourvues d'eau , car il ne pleut jamais dans ces localités. (D'Orbigny , Voyages, t. 2« p. 365.)
il est vrai de dire aussi que les ruisseaux des terrains d'alluvion ancienne, quand ils existent, sont -presque toajMrs plus ou moins