ALLUYIONS DU DÉPARTEMENT DE LA CORRÈZE
Au-dessus du terrain jurassique, dans la Corrèze, on ne rencontre plus que des alluvions composées de sables, de graviers et de cailloux roulés ; mais ce sont des dépôts locaux et restreints que Ton remarque seulement sur quelques versants et dans le fond des grandes vallées , telles que celles de la Dordogne, de la Corrèze, de la Vezère.
Bien que la composition soit la même , le niveau de œ terrain est très-diiïérent. On en trouve sur le sommet des plateaux , on en voit des lambeaux suspendus è de grandes hauteurs au-dessus des cours d'eaux actuels, et c'est encore le même que les eaux courantes abandonnent sur leurs rives. Nous observons exactement la même disposition dans le Cantal et dans le Puy-de-Dôme.
Le phénomène alluvial a donc commencé depuis trèslongtemps et s'est continué sans interruption pendant un
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laps de temps considérable qui a permis aux rivières de tracer» de creuser et d'approfondir leur lit.
De Boucheporn ne considère pas toutes les alluvions de la Corrèze comme s'étant déposées dans le lieu même où elles se trouvent. « Au sud de Beaulieu, dit-il, on rencontre la couche de galets d'alluvion , avec sables et argiles à ta fois sur le plateau jurassique de Belmont , près Sioniac , au pny de Liourdre , et enCn près de Liourdre même , vers le niveau de la vallée de la Dordogne. Pour nous, continuet-il, il n'existe aucun doute que le terrain d'alluvion n'ait été déposé primitivement tout entier au niveau de Belmont, et que la partie actuellement en plaine ne soit descendue par afTaissement du sol. Le dernier creusement de la vallée, et un creusement considérable, serait donc postérieure l'époque géologique de ces alluvions , époque que du reste nous ne pourrions préciser, quoiqu'elle soit sans doute dans les plus modernes de la série tertiaire. » {Explication de la carie géologique de la Corrèze, page 91.)
La Dordogne , dans plusieurs parties de Fon cours et è des niveaux différents , a abandonné des alluvions dans la Corrèze. Il suffirait d'un petit élargissement de ses berges pour que l'alluvion puisse s'y accumuler et s'y maintenir.
De grandes alluvions existent encore près de la ville de Bort, surtout au nord, mais elles se rattachent aux alluvions glaciaires du Puy-de-Dôme , et nous les avons déjà citées en nous occupant de ce dernier département.
TERRAINS d'alluvion DV DÉPARTEMENT Dt CANTAL.
M. Tonrnaire , dans sa Description géologique du Cantal, insérée dans le Dictionnaire de^ statistique, nous a donné,
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sur les terrains modernes de celte contrée» quelques détails que noas allons reproduire.
«c Les plaines arides que la route d'Aorillac à Argentat traversée auprès de Saint-PauMes-Landes et de Nieudan, sont couvertes d'un sable quartzeuz , dont les graips sont tantAt blancs^ tantôt de couleur grise ou violacée , parfois translucides; ils renferment des fragments de silei assez gros et à surfaces irrégulières. Sa nature et son aspect prouvent qu'il provient , en grande partie , des terrains tertiaires qui composent les assises inférieures des collines voisines. Quelquefois les grains sont agglutinés par un ciment calcaire et ferrugineuz , de sorte qu'ils forment une espèce de grès très-friable. L'épaisseur de ce manteau sablonneuz est faible, et, auprès de Saint-Paul , les moindres fouilles mettent le calcaire à découvert. Les mêmes sables et silet existent près de Jussac » de Nancelles » entre ce village et les collines d'Aurillac , et en plusieurs autres points , vers la limite sud-ouest des plateaux. Auprès de ces collines , les silex sont en général plus gros , mêlés à des fragments calcaires* à des fragments de trachyte et de micaschiste, suivant la nature du terrain inférieur, n
« Ces dépêts sont le produit d'alluvions certainement fort anciennes ; car la Gère » la Dauthre ont creusé leur ravin au-dessous de leur niveau. Les grands courants d'eau dont ils attestent l'action , ont sans doute détruit la portion des terrains tertiaires et des nappes volcaniques qui s'étendaient au sud des collines, et qui formaient le prolongement des bancs dont celles-ci nous montrent la coupe ; ils doivent être contemporains des secousses volcaniques qui ont fait surgir les montagnes centrales, a
M. Toumaire croit que l'on doit rapporter à des faits de
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idAdo/ç ardre et de même date, les galets et cailloux quartleni que l'on trouve sur les coteaux qui entourent le lac de.Madic et sur ceux qui avoisînent Lempret et Largniac, à UQ niveau très-supérieur à celui des lits actuels de la Dordogne et de la Sumène, quoiqu'il soit moins élevé que celai des plateaux basaltiques et primitifs. Nous serions plus disposé à considérer ce terrain comme un prolongement des alluvions glaciaires du Mont-Dore , et comme faisant suite aux alluvions de Tauves et du cimetière des Enragés dans le Puy-de-Dôme.
« Les granités , et surtout les micaschistes et les gneiss, se décomposent parfois en argiles , sous l'influence des ageots atmosphériques. Lorsque ces terres sont en place, on y reconnatt généralement la contexture des roches qui les ont produites. M. Tournaire cite parmi ces gisements d'argile, les terres bariolées de Pierre-Levade et de Prentegarde, dont se servent les potiers de La Roquebrou et celles du pont du Vernet. »
» Les roches volcaniques , surtout celles qui sont scoriacées, sont susceptibles de se décomposer d'une manière analogue , et donnent des argiles rouges que l'on rencontre sur les plateaux ou à leurs pieds. »
« Des marais tonrbeui existent aussi sur plusieurs plateaux basaltiques , et la tourbe se montre en quantité consi* dérable dans la région qui s'étend entre les cimes du Cantal et le Cézalier. ù
% Quantauxalluvions actuelles des cours d'eau, l'encaissement de la plupart des rivières et des ruisseaux ne leur permet guère de s'étendre. »
Plusieurs des plateaux et des pics basaltiques du Cantal oRirent encore de curieuses alluvions ; c'est ainsi que le ro-
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cher de Bonnevie , près Marat , est couvert sar son sommet et sur ses flancs d'une grande quantité de cailloux roulés dont un grand nombre trachytiques. Ces cailloux proviennent-ils de TAIIagnon ? Ont-ils été soulevés par le ba« salte, ou bien le lit de PAIIagnon a-t-il jamais été suffisamment élevé pour les y déposer ? Le plateau de basalte sur lequel on arrive en sortant de la vallée de Messiac, au-dessus de Grenier-Mongon , est entièrement couvert de cailloux roulés de quartz » comme si un cours d*eau l'avait traversé. En venant de Saint -Flour et en approchant de la profonde vallée cil la Truyére roule ses eaux , on voit encore sur les plateaux de nombreux galets qui n'ont pu être déposés que par cette rivière avant le dernier creusement de son lit. Enfin tout le bassin tertiaire d'Aurillac è Arpajon est aussi parsemé de nombreux cailloux dont quelques-uns atteignent même le bord sud du bassin Tonné par le micaschiste.
DES TERRAINS d'aLLUVION DU DÉPARTEMENT DE LA BAITTE-
LOIRB.
Ce que nous venons de dire des alluvtons dans les paragraphes précédents , peut également s'appliquer au département de la Haute-Loire. Le , comme ailleurs, on reconnaît la continuité de cette longue période alluviale , et Ton suit ses traces à des niveaux différents.
L'Allier et la Loire, avant d'avoir creusé leur profond sillon , ont étalé les débris des roches préexistantes sur des terrains plus élevés. L'eau , à plusieurs reprises , a détruit son ouvrage , en enlevant ou en remaniant les matériaux qu'elle avait déposés; mais les coulées de basalte » en ra«