NOTRE-DAME DE L'ISLE-VERTE
(A mon bon ami, C.-R. Beaulieu, E.-D., Cacouna.)
Ami, vois-tu, mon île? Oh! vois de ces côteaux ;
Immoblle, elle eat là, dormant au sein des eaux Baignant ses rivages.
Les sièeles l'ont vu naître et la verront périr,
Camme on regarde, au soir, dans l’espace s'enfuir D'orageux nuages.
Un jour, du sein de l’onde, elle apparut soudain : Sa crête se eouvrit bientôt de noir sapin, De riches verdures.
L'on vit se dessiner en contours gracieux Roes-à-pio, ports étroits et vallons spacieux : C'étaient ses parures.
Quand l’immortel Cartier monta le St-Laurent, La légende nous dit que ‘“ belle ile voyant, ‘Il vint au rivage.
“Et Cartier ébloui de si belles bear-tés, ‘ Isle-Verte, dit-il, tu nous as subjugnéa Par tou vert feuillage ;
"Que tes oiseaux chanteurs y vivent de longs jours ! ‘ Qu’à l'abri dés autans s'écoulent leurs amours, ‘“ Leur frêle existence.
“ Et que tes sapins verts, tes énormes bouleaux “ Gonfondent en un seul leurs flexibles rameaux : ‘Signe d'espérance ? !
Mointenant la verte île a son temple saoré Dont se dessine, au soir, sur le ciel empourpré Le clocher qui brille.
L'écho de l’Angelus emporté par le vent Sur les rives du Sud fait entendre souvent De joyeux trille.
Mais au centre de l'ile, en un site enchanteur, Asile de la paix, retraite du bonheur Aux yeux dérobée, Debout la blanche Tour (1), immobile géant,
Contemple sans effroi le fleuve St-Laurent, Qui l’a respectée.
Sa baso de granit est sise au bord des flots, 1 sa blanche lueur guide les matelots Surpris par Porage.
Lorsque la mer profonde a soulevé son sein, Que la vague en courroux, méprisant tout lieu, Franchit le rivage;
Lorsque l’onde entrouvrant ses lngubres tombeaux Menace d’eugloutir les fragiles vaisseaux | Poussés vers la plage ; Jen Lorsque le fier marin à la barre, troublé, Interroge, inquiet, l'élément conjuré Séchant le rivage;
Le Phare daus la nuit de son grand œil de feu,
Comme un astre rougi pendu dans le oiel bleu, Illumine l’onde.
Le front du naütônnier de sombre vient serin :
Le Phare est là debout, lui tragant le chemin Sur la mer profonde.
8 le Phare illumine au loin le noir écueli, 11 ne refuse pas un sympatique acoueil Bien digne d'envie,
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Guilbert Lindsay. C’est le type du parfait gentilhomme. Plein de science et de jugement, aimant la lecture comme la conversation, il captive ét énchaine le monde. On dirait qu’il a su passer aux membres de sa famillé, ce rare talent de la bonne grâce et de l’amenité qui plait et laisse un bon souvenir, Je voudrais dire plus, mot qui leur dois beaucoup, maix trop de louange paraîtrait lourd, On n'aime pas ce qui est trop direet.
he (1) La Tour de l'Ile-Verte est située sur un. , sinte de terre en face du Saguenay pour aiusi dire. Le gardien actuel est M.
Là, les fronts sont riants, sincères sont les cœurs Que n’ont pas, cependant, épargné les douleurs :
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Calice de lie,
Et quel panorama se déroule aux regards Lorsque le roi du jour s’abaissant vers ses bords Dore la montagne !
Là bas le Saguenayÿ; et ses pics sourcilleux ; À mes pieds la verdure ; à droite, les flots bleus; Ici la campagne.
Partout, partout Vair pur; agréables fratcheurs
Pour tempérer, le jour, du soleil les ardeurs Brûlant la prairie.
Tiède brise du soir rafraichissant le front,
Atmosphère de paix, calme. pur et profond Dont !’Ame est ravie,
#54 O mon île chérie où régne le bonheur, Puissent mes faibles vers dépouillés de douceur Sincères paraître, J’admire tes splendeurs ; je chante tes appas,
Mais poëte oublié, je t’aime...... et ne puis pas Te chanter en maître !
CHs-A. GAUVREAU, À. B,
Isle-Verte, Juin 1881.
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VREAU, À. B,