‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 18 sur 87 · ARGUMENTS EN FAVEUR DE L'ORIGINE DIALYTIQUE · texte numérisé non relu

ARGUMENTS EN FAVEUR DE L'ORIGINE DIALYTIQUE

C’est tout d’abord le fait bien connu que le L. C. R. ne contient que des substances existant dans le plasma sanguin.

Un autre argument réside dans l’ « isotonicité » du

plasma et du liquide cérébro-spinal. Tous deux ont en effet un À normalement voisin de 0°56 (MESTRE-

ZAT [135], TESCHLER [190], FREMoNT-Smirx [77], Cte-retc).

Enfin la composition du liquide obtenu par dialyse in vitro où in vivo du sang est tout à fait voisine de celle du L. C. R. (MESTREZAT [136, 137]).

Il existe donc un certain nombre de faits très nets en faveur des deux origines, d’où la divergence d’opinions.

Les travaux de PuURJESZ, BELA, DANETz et Hor- WATH [155], Borsook ct WINEGARDEN [14], Fiex- NER {68 6.), montrant par diverses voies la similitude du fonctionnement plexuel et rénal, ont renforcé l’hypothèse du travail sécrétoire des plexus choroïdes qui apparaissent de plus en plus comme des « organes séparateurs d’eau ».

Il me semble d’ailleurs que la seule constatation de lhydrocéphalie interne consécutive à l’isolement des cavités cérébrales est un excellent argument en faveur du travail fourni par les cellules plexuelles.

La pression liquidienne considérable qui prend naissance dans ces conditions, capable chez les sujets jeunes d’actions mécaniques telles que la dilatation énorme des ventricules (capacité d’un litre et plus), l’amincissement des hémisphères cérébraux et la distension de la boîte cranienne, me paraît peu compatible avec l'hypothèse d’une dialyse au niveau de lépithélium des plexus.

En effet, bien que la pression hydraulique du sang dans les capillaires des formations choroïdes ne soit pas encore connue avec certitude, on peut, d’après FLEXNER, évaluer à 40 cm. d’eau environ la différence

qui existe entre cette dernière et la tension liquidienne intra-vasculaire.

Or, les travaux de SrARLING [181] poursuivis par SORENSEN, KRoGH [118], GovAErRTs [84], SCHADE et CLAUSSEN [170], HasriNGs et VAN SLYKE montrent qué la pression osmotique des protéides du plasma est de 38 cm. d’eau environ ; elle contrebalanceraïit la pression hydraulique du sang dans les capillaires de l’organisme.

Dans le présent essai d'évaluation, donné simplement à titre indicatif, la pression effective dans les vaisseaux plexuels ne serait plus que : 40 —38 = 2 centimètres d’eau, c’est-à-dire à peu près la pression intraventriculaire normale en position verticale.

Nous voici loin des hypertensions notées dans l’hydrocéphalie interne (10 cm. d’eau et plus).

Il faut donc bien admettre un véritable « travail sécrétoire » de la cellule plexuelle.

Mais, d’autre part, les arguments invoqués en faveur d’une dialyse dans le système sang-L. C. R. sont sérieux.

Laissant de côté les théories unicistes qui ne peuvent concilier tous ces faits, comment envisager, à leur lumière, la formation du liquide cérébro-spinal ?

Considérer avec KArka [118] que les plexus choroïdes sont des organes sécréteurs au niveau desquels peuvent se produire, dans certaines conditions (irritation mécanique, inflammation, modifications de la composition du sang, etc.), des phénomènes de per-

1. Voir référence n° 115 de l’index bibliographique relatif au chapitre « Physico-Chimie ».

Page 1