‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 30 sur 87 · I. — NON ELECTROLYTES · texte numérisé non relu

I. — NON ELECTROLYTES

Albumines

On admet en général que le taux normal des albumines dans le plasma sanguin est compris entre 63 et 85 gr. par litre. Environ 63 % de ces protéides seraient de la sérum-albumine et 36 % de la sérumglobuline.

Quant aux nombreuses déterminations [4, 57, 66, 72] du taux des albumines dans le L. C. R., elles conduisent à la valeur moyenne 9 gr. 25 par litre, les chiffres extrêmes des variations physiologiques étant 0 gr. 16 et 0 gr. 38 par litre. 80 % de ces protéides seraient de la sérum-albumine et 29 % seulement de la sérum-globuline [66, 72].

Par rapport au taux élevé des protéides plasmatiques, celui des protéides liquidiens est donc pratique-

ment négligeable du point de vue de Fapplication des lois de Donna au système plasma-L. C. R.

En réalité l’origine plasmatique des albumines du L. C. R. ne fait guère de doute ; le septum hémoméningé n’est donc pas rigoureusement imperméable aux molécules protéidiques. Ces dernières diffusent avec une très grande lenteur, les globulines surtout,

s. globuline de telle sorte que le rapport —— qui est voisin s. albumine

de 0,56 dans le plasma descend aux environs de 0,25 dans le L. C. R. (KArKaA).

Si l’on songe qu’en chiffres ronds le poids moléculaire de la s.-albumine est 70.000, tandis que celui de la s.-globuline atteint 150.000 [100], on peut se demander si la diffusion de ces énormes molécules n’obéit pas à la loi de E. DERRIEN. (Cette question fera l’objet d’une communication ultérieure).

Acides aminés

L’amino-acidémie normale, exprimée en N aminé par litre, d’après les chiffres concordants de FoLIN et BERGLUND [42], GREENE, SANDIFORD et Ross [46], BEECHER et HERMANN [7], Crisroz et Trivas [27], varie entre 50 et 80 mgr., avec une valeur moyenne de 64 mgr. par litre d’eau de plasma.

La teneur en N aminé du L. C. R. normal serait, d’après des données rapportées par WaLtTER [116], égale à 30 % de l’amino-acidémie. D’après F. Lic- KINT [74] les chiffres normaux de l’amino-acido-

2 HCOS

rachie varient de 15 à 30 mgr. par litre, la concentration moyenne étant 22 mgr. d'N aminé par litre.

a. aminé C.r.

Le rapport prend donc des valeurs a. aminé S

moyennes voisines de 0,34.

Nous voici loin de la valeur du rapport théorique prévu par la loi de DonnaN pour les non-électrolytes, c’est-à-dire l’unité.

Les déterminations globales des teneurs du plasma et du L. C. R. en acides aminés ne permettent pas l'application à ces constituants de la loi de E. DER- RIEN.

Créatinine

Il est admis d’une manière générale que la créatinine est moins concentrée dans le L. C. R. que dans le plasma.

Les travaux de Myers [92], Myers et Fixe [91], LouGx, CRISTOL et BouxovaLa [12], Cocxrizz [19] ont montré que les valeurs normales de la créatininémie sont comprises entre 10 et 25 mgr. par litre. La moyenne de ces dosages effectués à l'hôpital chez des sujets « normaux » est de 22 mgr. environ par litre d’eau de sérum.

Dans le L. C. R. le taux normal de la créatinine varie de 4,5 à 22 mgr. par litre d’après Myers et FinE [91], Crisror, NikoLrrcH et Bouxovara [12, 26], CockRiLL [19]. La moyenne des moyennes des chiffres normaux donnés par ces différents auteurs est de 15 mgr. par litre.

créatinine C.r.

La valeur du rapport normal est créatinine S

comprise entre des limites assez larges allant de 0,38

à 0,98 d’après CocKrizz. Sa valeur moyenne est égale

La répartition de la créatinine entre le plasma et le L. C. R. n’obéit donc pas à la loi de DonNNaN qui exige, on le sait, une égale répartition des non-électrolytes entre les deux humeurs.

Satisfait-elle à la relation de E. DERRIEN ? Le poids moléculaire de la créatinine est 113. La concentration de sa solution isotonique calculée par rapport à celle de la solution isotonique de glycose est :

113 X 49 = ————— — 30 gr, 7 p. litre

d’où la valeur du rapport théorique :

Créatinine Cr K 3,50

————— —— — 0,63 Créatinine S. VE V 30,7

L'accord de la valeur expérimentale et de la valeur théorique du rapport des concentrations est donc assez satisfaisant. Mais si cet accord est net, lorsque la valeur moyenne du rapport normal est envisagée, il est loin d’être aussi satisfaisant dans de nombreux cas particuliers. E. DERRIEN a souvent signalé lintérêt qu’il y aurait à étudier la répartition de l’ensemble créatine + créatinine. Je viens d'entreprendre cette étude qui fera l’objet d’une note ultérieure.

Acide urique

L'acide urique, comme la créatinine, est plus concentré dans le plasma que dans le L. C. R. En 1927, FREMONT-SMITH notait ce fait. Les récents dosages de CockriLz [19] l’ont confirmé.

Les limites des variations physiologiques de luricémie, fixées à 40 et 50 mgr. par litre par CHAUF- FARD, GRIGAUT et BropiN [18], à 30 et 50 mgr. par Crisroz et NikoziTCH [24], ont été encore élargies par CockkRiLL qui admet que les taux normaux sont compris entre 29 et 69 mgr. par litre d’eau de plasma.

Ce dernier auteur, dosant l’acide urique dans les prélèvements de L. C. R. effectués en même temps que les prises de sang, trouve des taux de concentration compris entre 5 et 28 mgr. par litre.

Les taux moyens de l’uricémie et de l’uricorachie seraient respectivement : 50 mgr. par litre d’eau de plasma et 25 mgr. par litre de L. C. R.

a. urique C.r.

La valeur du rapport varie normalea. urique S

ment entre 0,07 et 0,67 d’après CocKkkRiLzx, oscillant

autour de la valeur moyenne —— = 0,50.

Mais cet auteur fait remarquer que la précision et la spécificité des méthodes de dosage de l'acide urique ne sont pas suffisantes pour permettre une étude ri-

goureuse de la répartition de cette substance entre le plasma et le EL. C. R.

Il n’en est pas moins vrai que l'indication ainsi fournie est formelle en ce qui concerne l’application de la théorie de DoNNAN au système sang-L. C. R.

La valeur du rapport des concentrations de l’acide urique, en tous cas inférieure à 1, n’obéit pas à cette loi.

Mais si l’on calcule la valeur du rapport prévu par la loi de E. DERRIEN en tenant compte de ce que l’acide urique, dont le P. M. = 168, a une concentration isotonique i = 45 gr. 7 par litre (calculée)

a. urique C.r K 3,00

. à. urique S. UT VE

On trouve un chiffre à peu près identique au chif-

fre expérimental moyen.

Urée

On admet, en général, que l’urée se répartit également entre le plasma et le L. C. KR.

En réalité de nombreux auteurs ont montré que, le plus souvent, le taux de l’azotémie est légèrement supérieur à celui de l’uréorachie.

Ces faits sont trop connus pour qu’il soit utile d’insister. Il suffit de rappeler que l’azotémie normale varie entre O0 gr. 15 et 0 gr. 50 par litre et que le

urée EC. Tr.

rapport ——— oscille normalement autour de sa urée S

valeur moyenne 0,93.

En tenant compte de la différence de la concenira-

np

tion de l’eau dans le L. C. R. et dans le plasma, la valeur de ce rapport moyen est encore abaissée :

1,06 Cette répartition ne satisfait pas à la loi de Don- NAN. Elle obéit par contre à la loi de E. DERRIEN, cela a déjà été dit. La concentration de la solution isotonique de l’urée (P.M.— 60) calculée à partir de celle de la solution isotonique de glucose est donnée par la relation suivante :

i 49 — —= —— d’où i — 16 gr. 33 par litre.

60 180 Cette valeur introduite dans l’équation de E. DER- RIEN donne au rapport théorique la valeur :

urée C.r K 3,50 —————— = — 0,86.

Urée S Vi 116,33

Cholestérol

On sait depuis les belles recherches de A. Ga:r- GAUT [50] que la cholestérolémie normale varie de 1 gr. 40 à 1 gr. 90, oscillant autour du taux moyen 1 gr. 60 par litre de sérum ou de plasma.

Les taux normaux de la concentration du cholestérol dans le L. C. R, situés entre 0 gr. 008 et 0 gr. 015 par dJitre par CHAUFFARD, GUy-LAROCHE et Gai- GAUT [17] en 1911, ont été récemment déterminés à laide d’une méthode photométrique par HorrHAus et

WiECHMANN [62] qui trouvent des chiffres compris entre 0 gr. 003 et 0 gr. 006 par litre.

Le cholestérol plasmatique n’est pas libre. En 1915, GRIGAUT écrivait (Thèse, p. 18) que la presque totalité du cholestérol plasmatique est lié aux protéides sous forme de complexes « protéo-cholestérides ».

Les recherches de MACHEBŒUF poursuivies par SANDOR {103] ont en effet montré depuis, que les protéides plasmatiques entrent dans la constitution de complexes « lipo-protéiques » renfermant 90 à 96 % des lipides sériques totaux.

Il est donc vraisemblable, me semble-t-il, que le cholestérol présent dans le L. C. R. diffuse en même temps que les protéides sériques. Le résultat de l’évaluation suivante semble confirmer cette manière de voir ! :

Dans un litre de plasma, 1 gr. 60 de cholestérol sont fixés à 70 gr. de protéides ; à 0 gr. 30 d’albumines par litre de L. C. R. correspondent donc :

= 0 gr. 006 de cholesterol par litre 70 de.L..C.R.

valeur qui correspond justement à la moyenne des déterminations de CHAUFFARD, GUY-LAROCHE et Gri- GauT et de celle de HorTHAUS et WIECHMANN.

— Il conviendra évidemment de vérifier que la cholestérinorachie varie comme l’albuminorachie. Mais dès à présent le fait que GRIGAUT a trouvé, en

1. Dans ce calcul, les protéides totaux ont été envisagés car, d’après Sanpor (Le problème des Protéides, Doin, 1934, p. 68), les stérols semblent être également répartis entre les albumines et les globulines.

ete

moyenne, 0 gr. 10 de cholestérol par litre de liquide d'œdème et des chiffres supérieurs, allant de 0 gr. 10 à 1 gr., pour les différents transsudats pathologiques (liquides centrifugés, car les G. B. contiennent une quantité notable de cholestérol), semble bien être une indication assez nette en faveur de cette hypothèse ?.

On comprend, dès lors, que la répartition du cholestérol entre le plasma et le L. C. R. n’obéisse pas à la loi de E. DERRIEN :

Si le cholestérol plasmatique était libre, le rapport

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