‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 34 sur 87 · NA CS AU EN DS · texte numérisé non relu

NA CS AU EN DS

Phosphates

Tout réceriment, dans un excellent travail sur les orthophosphates minéraux des humeurs, J. Cay- LA [16] a situé les valeurs normaies de la phosphatémie plasmatique chez l'aduite entre 20 et 35 mgr. de P par litre, et les valeurs moyennes aux environs de 30 mgr. Des concentrations sensiblement égales ont été trouvées par l’auteur dans le sérum obtenu par centrifugation du sang défibriné.

Ce sont là les seules données qu’il soit permis d’utiliser du point de vue des échanges hémo-méningés.

La concentration en phosphore inorganique du sang total est en effet plus élevée : les taux physiologiques sont compris entre 20 et 50 mgr. par litre, oscillant autour du taux moyen 35 mgr. par litre.

La teneur en phosphore du sérum de rétraction spontané est cefle qui a été le plus souvent déterminée. Elle varie, d’après PETERS et VAN SLYKE [97], entre les limites physiologiques 20 et 50 mgr. par litre, la valeur moyenne étant 31 mgr. par litre. D’après CayrA, ce dernier chiffre peut être retenu, mais ‘la limite supérieure est trop élevée s’il s’agit uniquement d'adultes :.

Des dosages de MESTREZAT [84], COHEN [20], Mre- RIT et BAUER [83], CAyLA [16], il résulte que la teneur du L. C. R. en P. inorganique varie normalement de 10 à 25 mgr. par litre, le taux moyen étant voisin de 16 mgr. par litre.

Gr

Le rapport des concentrations des phosphates

a été étudié par un certain nombre d’auteurs au rang desquels il faut citer CoHEN [20], Hamicron [53], KiLLIAN, OSNATO, GARCIA et MATTICE [70], Srary, Krar et WiNTERNITZ [113], MERRIT et BAUER [83].

L’indication fournie par ces recherches est que le L. C. R. contient en moyenne moitié moins de phosphore inorganique que le sang totai ou le sérum.

1. On sait que les enfants sont normalement hyperphosphatémiques : 52 mgr. de P. par litre en moyenne. TAPIS

CAYEA, étudiant le chimisme hémo-méningé des orthophosphates, a effectué les dosages sur le sérum de centrifugation (qui, on l’a vu plus haut, renferme la même quantité de phosphore que le plasma) et sur le L. C. R. prélevés contemporanément chez des sujets à jeun depuis la veille et réveillés depuis 2 heures au moins. Ï1 a ainsi obtenu un rapport moyen normal voisin de 0,55 que je retiens seul ici. Cette

valeur corrigée est = 0,51

Les phosphates minéraux du plasma sont entièrement libres et diffusibles ; cela résulte des expériences d’ultra-filtration de RonNa et TAKAHASsHI [101], de CusxNY [28], de NEUHAUSEN et Pincus [94], et des récentes expériences de vividialyse de GREENE et Power [48].

La répartition des orthophosphates entre le L. C. R. et le plasma n’obéit donc pas à la loi de DonNNax.

Quelle est la valeur du rapport théorique de E. DERRIEN dans le cas de ce constituant ?

Pour effectuer ce calcul d’une manière précise il faudrait savoir sous quelles formes se trouvent les orthophosphates inorganiques plasmatiques. Or ce problème très complexe n’est pas encorc résolu avec toute la certitude désirable, du point de vue qualitatif, comme du point de vue quantitatif.

Il sera cependant possible de tabler sur certains points qui paraissent actuellement acquis :

Sd —

I. — On sait en effet qu’il existe dans le plasma des phosphates de métaux alcalins monovalents (tampons).

Il est permis d’admettre ici que ces phosphates sont surtout à l’état de phosphates de sodium car, d’une part, le sodium constitue près de 92 % des cations totaux, et, d'autre part, ce sont les racines carrées des concentrations isotoniques qui interviennent dans la loi de E. DERRIEN ; la présence d’une certaine proportion de phosphate de potassium, par exemple, ne modifierait pas le résultat d’une manière appréciable.

Ces phosphates alcalins se trouvent dans le plasma à létat de mélange des formes monosodiques, PO:NaH;, et disodiques, PO*Na°’H, dans la proportion de 1 à 4

Cela résulte à la fois des données expérimentales

de SORENSEN [109] et des études biologiques et théoriques de HENDERSON [56].

Ce dernier donne en effet-l’équation suivante traduisant ia loi d'action de masse dans le cas des sels d'acides faibles :

PotBH?

ÉnC PotB?2H

ou B est une base monovalente, Na ou K.

Mise sous forme logarithmique, cette expression devient :

PotB?H

pH = pK’, + log. —— PotBH2

Comme dans le sang pK’, est voisin de 6,8 pour

PO:B?H pH 7,4 le rapport ———— est égal à 4/1.

PO{BH2 IT. — Depuis les travaux de Horr, La MER et

CHown [61], SENDRoY et HasrinGs [108], on tend de plus en plus à admettre que les humeurs sont normalement saturées de phosphate tricalcique,

(PO)2Car de telle sorte que le moindre accroissement de con-

centration entraîne immédiatement une excrétion ou une précipitation sur le squelette.

Il y aurait probablement équilibre entre la phase dissoute et la phase solide.

Phosphates mono- et disodiques, phosphates tricalciques semblent bien, dans l’état actuel de nos connaissances, constituer la majeure partie des orthophosphates inorganiques du plasma. Déterminons les concentrations de leurs solutions isotoniques.

A. — Concentration de la solution isotonique contenant les mélanges des phosphates di- et monosodiques.

La détermination cryoscopique de la concentration isotonique de la solution de PO“NaH° n’a présenté aucune difficulté. L’abaissement du point de congélation A=-—-0°56 a été régulièrement obtenu pour des concentrations i,=19 gr. 2 par litre d’eau bidistillée.

J'ai rencontré, par contre, quelques difficultés dans la détermination de la concentration isotonique de la solution de PO‘Na’H. Ces difficultés ont été de plusieurs ordres :

1° Tout d’abord, la nécessité de vérifier que les sels cristallisés employés ont bien le nombre de molécules d’eau de cristallisation que l'étiquette du flacon leur prête. J’ai ainsi observé que les sels réputés PO:N#H, 12 H°0 sont le plus souvent sous la forme PO:Na’H, 2 H°0O pour peu qu’ils aient vieilli dans quelque réserve.

2° La présence d’un eutectique :

glace+ PO*Na’H, 12 H0

3° La faible solubilité de ce sel entraînant au voisinage de la concentration isotonique une précipitation d’autant plus marquée que la surfusion a été plus importante.

J’ai pu, cependant, situer le taux de la concentration isotonique aux environs :

de 32 gr. de PO*N#H, 2 H°0,:par litre, en la calculant par extrapolation à partir de concentrations plus faibles. L’étude de la résistance globulaire a fourni un taux de concentration isotonique tout à fait concordant, voisin de 30 gr. par litre :.

Le mélange contenant 4 volumes de la solution isotonique de phosphate disodique et 1 volume de la

1. Ce mode de détermination donne en effet des résultats qui sont toujours légèrement inférieurs à ceux de la cryoscopie.

solution isotonique de phosphate monosodique, renferme 24 gr. de phosphates totaux anhydres par litre ; il correspond sensiblement au mélange de So- RENSEN et au rapport de HENDERSON, à pH 7,4 (la différence de la concentration molaire de ces deux sels est en effet inférieure 0,02).

La répartition du mélange des phosphates monoet disodiques entre le plasma et le L. C. R. se fait, d’après la relation de E. DERRIEN, dans le rapport :

GT, K 5)

S. ae VS

B. — Concentration de la solution isotonique

de phosphate tricalcique.

La recherche de la concentration de la solution isotonique de (PO“)2Caf a évidemment un caractère pour le moins étonnant lorsque l’on songe à la faible solubilité de ce sel.

On sait, en effet, que la solution de phosphate tricalcique à saturation dans de l’eau renferme de 0 gr. 01 à O0 gr. 30 par litre, à température ordinaire, suivant que l’eau utilisée est absolument pure ou saturée de CO? [106].

Mais étant donné l’ordre de l’approximation de la loi de E. DERRIEN (approximation qui, d’ailleurs, est du même ordre que celle des connaissances physicochimiques actuelles des milieux vitaux), l’évaluation, et l’introduction de cette concentration isotonique « imaginaire » dans nos calculs constitue une extrapolation admissible.

Cette évaluation peut être effectuée de la manière suivante : Au cours de leurs beaux travaux, Hozr, La Mer et CHowx [60] ont été amenés à étudier la solubilité du phosphate tricalcique.

Ils ont montré que dans une solution vraisemblablement en équilibre avec la phase solide (solution obtenue à partir d’une concentration molaire de 0,01 de PO“‘H* dans de l’eau de chaux saturée), le produit de solubilité exprimé en activités est égal à 105 72557

Dans le sérum, le produit de solubilité stœchiométrique est égal à 10—%, et la proportion de phosphore total ionisé sous la forme d’anions phosphoriques tri-

[P] valents PO4#=, soit ——, est de l’ordre de 1/100.000. OS,

Le coefficient de dissociation « est donc excessivement faible ; en introduisant sa valeur dans la formule cryoscopique de RaouzT :

AR; M (ou B = c* dépendant du solvant,

— 1,85 dans le cas de l’eau)

le coefficient i=1+(y—1) « est sensiblement égal à l'unité.

Dès lors, il n’y a plus qu’à introduire dans l’équation précédente les valeurs des facteurs connus, et en particulier A=—0°56, le point de congélation du sang, pour avoir une idée de ce que pourrait être c, la concentration de la solution de (PO*)2Ca* isotonique au sang :

d’où c=93 gr. par litre.

La répartition théorique des phosphates tricalciques entre le plasma et le L. C. R. se fait donc, d’après la loi de E. DERRIEN, selon le rapport suivant :

(Pot)? Caë Cr. 3,9 — 0,56

(Pot)? Cas S. V93

On voit alors que la valeur 0,59 du rapport expérimental moyen de répartition du phosphore inorganique, entre le plasma et le L. C. R., est encadrée par les valeurs théoriques, 0,36 et 0,71, obtenues en admettant que le phosphore inorganique du plasma se trouve soit entièrement sous forme de (PO{)?Ca*, soit sous forme de mélange de phosphates mono- et disodiques :

C'est déjà là un résultat très intéressant et qui semble autoriser à penser que la répartition des phosphates obéit, elle aussi, à la loi de E. DERRIEN.

Peut-on pousser cette approximation plus loin ? I faudrait pour cela connaître les proportions des différentes formes de phosphates existant dans le sérum. Or la littérature scientifique ne donne pas encore de précisions à cet égard.

On peut, cependant, tenter une évaluation à partir des données suivantes :

On sait, depuis les travaux de RonNa et TAKAHAsi [101], qu’une partie du calcium sérique n’est pas dialysable et est probablement liée aux protéides.

Page 1