‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 36 sur 87 · TABLEAU III · texte numérisé non relu

TABLEAU III

RÉPARTITION DU CALCIUM ET DU PHOSPHORE INORGANIQUE DANS LES SÉRUMS NORMAUX

Les quantités de calcium et de phosphore sont exprimées en mgr. pour 100 cmè.

Emme

CALCIUM PHOSPHORE n Complexe | & = 5 adsorbable En | = = © & A © per © E | À o |2+Se | = | 24 E = © mn a an | Dr | — Le | «© EF x S a S » © : Z 5 “ E = RDA RES a © [a © Fn 8 à di | & |l | ci = = E ail E (1) (2) (3) (UT ® es © j De a ne D Le. * Sujets adultes.| 10,9 | 4,1 4,7 3,6 ji RS 4,2 2,9 | 1,3 7,6 |

(D’après BENJAMIN et HESss.)

On voit que les quantités de calcium ionisé, de calcium lié aux protéides et de calcium non ionisé en solution sont tout à fait de l’ordre de celles précédemment rapportées.

Mais c’est évidemment l'existence du complexe essentiellement constitué par du Ca et du P, adsorbable et diffusible, qui présente pour nous un intérêt tout particulier.

La nature de ce complexe n’a pas pu être encore déterminée. Mais si l’on rapproche ces résultats de ceux obtenus par HozT, LA MER et CHOWN, SExpRoY et HASTINGS, et tout récemment par Mc. LEAN et Hix- RICHS [79], on peut se demander s’il ne s’agit pas simplement de phosphates tricalciques. La quantité de Ca qui entre dans la composition de ce complexe correspond en effet à la % fraction envisagée plus

PK As

haut, ce qui semble renforcer l’hypothèse d’après laquelle cette fraction correspond au (PO“)}2Caÿ concentré à saturation.

BENJAMIN et HESs ont montré, de plus, que, dans certaines conditions réalisées à l’aide de sérums artificiels (absence ou concentration insuffisante des ions carboniques), le complexe n’est pas adsorbé, alors qu’une petite fraction du P total, voisine de 1 mgr. p. 100 cm, l’est toujours.

Il est intéressant de remarquer que, diminué de cette quantité, le phosphore adsorbé 2,9 — 1—1,9 mgr. p. 100 cm* équivaut à peu près à la moitié du calcium adsorbé soit 3,6 mgr. pour 100 cm°. Ce sont justement là les proportions de ces deux éléments qui entrent dans la constitution du (PO“)?2Caï.

En attendant que de nouvelles découvertes nous renseignent exactement sur la nature de ce « complexe » et, d’une manière plus générale, sur la nature et la concentration plasmatique des divers orthophosphates inorganiques, nous pouvons essayer d’utiliser ces données actuelles pour lPévaluation du rapport théorique de la concentration de ces phosphates dans le L. C. R. et le sérum sanguin :

La moitié environ du P inorganique total du sérum entre dans la constitution du complexe que nous exprimerons en (PO“}?Caf. L'autre moitié est en majeure partie à l’état de mélange de phosphates monoet disodiques dans la proportion de 1 à 4.

Comme il entre deux fois plus de P dans la molécule de phosphate tricalcique que dans Ja molécule de phosphate mono- ou disodique, il en résulte qu’il

y a deux fois moins de molécules de phosphate tricalcique que des autres.

La solution isotonique répondant à cette composition serait obtenue en mélangeant 370 cm* de la solution isotonique de (PO“)?Ca* et 630 cm de la solution isotonique du mélange des phosphates mono- et disodiques.

Ces 1.000 cm° renfermeraient 49 gr. de phosphates totaux. La valeur du rapport théorique de distribution obtenue en introduisant cette concentration dans la relation de E. DERRIEN est :

orthophosphates Cr. K 3,9

orthophosphatessS. V is V 49

valeur qui est tout à fait en accord avec celle de la

moyenne des déterminations expérimentales, soit 0,51.

Bicarbonates

La réserve alcaline plasmatique, exprimée en CO? et évaluée à l’appareïl de VAN SLYKE, varie entre 53 et 77 cm* de CO? p. 100 chez l’adulte normal au repos (V. C. MYxERs), ses valeurs moyennes normales étant voisines de 54 cm° de CO? p. 100.

Les travaux de EGERER-SEHAM et Nixon [35] en 1921, de HamirroN [53] en 1925, de Pincus et KRa- MER [98] en 1923, de LiNpER et CARMICHAEL [75] en 1928, de MunrwyLer, Way et POMERENE [90] en 1931, de P. Crisroz [23] en 1931, de P. CrisroL et P. Mon- NIER [25] en 1931 ont montré que le taux des bicar-

bonates dans le L. C. R. est sensiblement égal à celui des bicarbonates dans le plasma, de sorte que la va-

bicarbonates C. r.

leur du rapport ——— , en tenant compte bicarbonates S

de la correction nécessaire à l’expression de la concentration des bicarbonates par litre d’eau de plasma, est normalement comprise entre 0,9 et 1 ; les taux moyens physiologiques, 0,025 mol. gr. de COSH-— par litre d’eau de plasma et 0,0235 mol. gr. dans le L. C. R.,, fournissent la valeur 0,96 pour le rapport moyen.

La loi de Donnax ne semble donc pas régir la répartition des bicarbonates.

Par contre, P. CRristToz [23] a montré que le rapport théorique déduit de l’application de la formule de E. DERRIEN à ce constituant est bien en accord avec les données expérimentales : La concentration de la solution isotonique de CO*HNa (P.M.=84), calculée par rapport à celle de la solution isotonique de NaCI est i—13.

Le rapport théorique est donc :

CO3 HNa Cr. K 3,9

COS HNa S. Vi V13 Acide lactique De nombreux auteurs, tels que : HiImwicH, LŒBEt, Barr et GREEN [58], en 1923-24, MENDEr, ENGEL et

GoLDSCHEIDER [82], BarcRorT [5], SCHENK, en 1925, BoKkELMaAN [11], JERVEL [64], en 1927-28, ont montré

ER por

que la lactacidémie normale est comprise entre 10 et 25 cgr. par litre. Les taux moyens qu'ils ont proposé ne sont pas toujours très concordants, mais si l’on groupe les données comparables il semble bien que la teneur moyenne en acide lactique du sang soit voisine de 20 cgr. par litre.

L'étude de la répartition hémo-rachidienne de lacide lactique a été surtout entreprise par KitrtaN en 1924, et par GLASER en 1926.

Les dosages effectués sur des prélèvements contemporains de sang et de L. C. R. ont donné les résultats suivants :

Pour KizLiAN [69], la lactacidorachie varie normalement entre 8 et 15 cgr. par litre, alors que la lactacidémie varie normalement entre 11 et 15 cgr. par litre.

Ge Il situe la valeur moyenne normale du rapport -——

entre 0,80 et 0,90.

Pour GLASER [45], les variations normales de la lactacidorachie s’étendent entre 11 et 27 cgr. par litre oscillant autour de la moyenne 19 cgr., tandis que la lactacidémie normale varie entre 13 et 45 cgr. par litre.

(RES des concentra-

La valeur moyenne du rapport

tions serait voisine de 0,75, les limites extrêmes de ses variations physiologiques étant 0,60 et 0.99.

GS

Les valeurs moyennes des rapports obtenues

par ces deux auteurs sont donc comparables, mais on

est frappé de l'écart considérable qui se manifeste aussi bien entre les taux des lactacidorachies normales qu'entre ceux des lactacidémies normales proposées. Ces divergences, sensiblement proportionnelles, sont imputables, sans doute, aux techniques utilisées.

La question a été reprise tout récemment par Jd. Duzcy [34] à l’aide de l’excellente méthode de Kraus HANSEN appliquée par OTrro JERVEL au dosage de Facide lactique dans les milieux biologiques.

Il met tout d’abord en évidence le fait que le sang total est plus riche en acide lactique que lie plasma.

Les moyennes de ses dosages sont en effet voisines de 22 cgr. par litre pour le sang, de 18 cgr. par litre pour le plasma. Cette distinction est importante car le taux plasmatique importe seul dans l'étude des échanges hémo-rachidiens. Les déterminations antérieures portant sur le L. €. R. et le sang total n’ont plus, de ce fait, qu’un intérêt restreint.

La valeur moyenne de 21 dosages, effectués par J. Duicy sur des L. C. R. normaux, est comprise entre 16 et 17 cgr. par litre, les variations physiologiques de la concentration pouvant aller de 10 à 25 cer. par litre.

Il est intéressant de remarquer que ce taux moyen de la lactacidorachie est justement égal à la moyenne des moyennes de KiILLIAN et de GEASER.

D’après les chiffres de J. Durcy le rapport

a. lactique C.r.

a. lactique S

0 gr. 16 oscille autour de la valeur == = 0,88.

0 gr. 18

C'est-à-dire — 0,83 en apportant la correction

1,06 habituelle.

Ce chiffre est en accord avec celui utilisé par FLExNER [41] et avec l’opinion générale que le plasma est plus riche en acide lactique que le L. C. R.

La répartition de ce constituant n’est donc pas conforme à celle prévue par la formule de D. D. VAN SLYKE, Wu et Mc. LEAN.

Elle semble obéir par contre à la loi de E. DERRIEN comme l’a montré J. DuLcy : en admettant que l’acide lactique dosé se trouve en majeure partie sous forme de lactate de soude, la concentration de sa solution isotonique est égale à i—18 gr. 5 par litre. Le rapport théorique est donc :

a. lactique Cr. K 3,5 — — = —— = 0,81.

a. lactique S. Vars V185

b) Cations

Hydrogène

La différence qui existe entre le pH du sang et celui du L. C. R. est de l’ordre de grandeur des erreurs de détermination.

L'opinion que le L. C. R. est légèrement plus alcalin que le sang a été souvent exprimée (Warr- NER [117], MariNesco [81], etc.), mais, d’après FLEx- NER, il est prudent de s’en tenir aux déterminations de Mc. QuaRRiE et SHOHL [80] qui donnent pour le

sang, comme pour le L. C. R., des valeurs comprises entre 7,35 et 7,40 + 0,02. De nombreux auteurs, tels que EskucKenN et LickiNT [37, II], Beck et LAuBErR [6] partagent cette opinion.

La répartition de l’ion H+, égale ou supérieure à 1, semble donc échapper à la loi de DonNaAN, l’équation de Van SiykE, Wu et Mc. LEAN exigeant, on le sait,

CE un rapport

— 0,96 pour tous les cations.

Ces chiffres sont cependant trop voisins pour autoriser une conclusion définitive.

Sodium

D’après les très nombreux dosages de FREMONT- SMITH, etc. [40], de DaïcEy [29], ct les chiffres rapportés par PETrERs et VAN SLYKE [97], le taux moyen normal de la natrémie est voisin de 3 gr. 25 par litre de sérum.

On tend à admettre que 10 % de ce sodium est lié aux protéides et, de ce fait, non diffusible (AuUGs5Er- GER [3], BRULL [15], GREENE et Power [48]).

La teneur en sodium du L. C. R. normal est voisine de 3 gr. 26 par litre, en moyenne, d’après FREMONT- SmMirH, etc. [49], Pincus et Kramer [98], Krax, STARY et WiINTERNITZ [71], DaILEY [29], indiquent des chiffres analogues.

Dosant le sodium simultanément dans le sérum et le L. C. R. de mêmes patients, FREMONT-SMITH et ses collaborateurs trouvent chaque fois une concentra-

tion légèrement plus élevée, de 0 gr. 03 en moyenne, dans le L. C. R. que dans le sérum.

La concentration moyenne, 3 gr. 25 par litre de sérum, diminuée de 10 % (valeur du Na protéidique) et ramenée à 1 litre d’eau de sérum, est égale 419 -0r 210;

Na C.r.

Le rapport ———— oscille donc autour de la valeur Na S 3,26 — 1,05.

moyenne 3,10 A vrai dire, ce rapport est très voisin de celui calculé à partir des équilibres de DonNNaN, soit

Nat C.r.

NatsS cependant, comme le rapport effectif est {oujours légèrement supérieur à 1, il est permis d'affirmer que la répartition du sodium n’obéit pas à cette loi.

Potassium

D’après PETERS et VAN SLYKkE [97], la teneur du sérum normal en potassium oscille autour de la concentration moyenne 0 gr. 2 par litre.

Une partie de ce potassium est liée aux protéides. GREENE et Power [48] ont montré que, chez le chien, cette fraction non dialysable correspond à 24 % du K sérique total. Ce pourcentage est un peu plus élevé que ceux rapportés jusque-là.

Dans le L. C. R. des concentrations comprises entre 12 et 17 mgr. par litre, ont été trouvées par Pincus et KRAMER [98], Fisier [36], etc.

L'étude comparée de la kaliémie et de la kalirachie a montré que le potassium contenu dans le L. C. KR. représente de 50 (KRar, STARY et WINTER- NITZ [71] à 69 % (Pixcus et KRAMER [98]) du potassium sérique.

Si l’on admet, avec GREENE et POWER, que 24 % du K total ne sont pas dialysables, il apparaît encore que le taux de la kalirachie est inférieur à celui du potassium sérique diffusible, le rapport étant voisin de 0,63 en moyenne selon le chiffre retenu par FLEXx- NER.

C’est là une valeur inférieure à celle de l’équilibre prévue par l’équation de Van SLYKkE, Wu et Mc. LEAx.

La répartition du potassium ne semble donc pas obéir à la loi de DonNaN.

Calcium

On a déjà vu, à propos des phosphates, que sur les 90-115 mgr. de Ca que contient normalement 1 litre de sérum, de 50 à 60 % seulement sont librement dialysables.

Les travaux récents de SEARLE et MicHaErs [105] ont montré que la teneur en calcium du L. C. R. d’un sujet normal est tout à fait voisine de celle de lultrafiltrat du sérum du même sujet. Et cela à un tel point que, d’après ces auteurs, le dosage du calcium liquidien renseigne exactement sur la quantité de calcium sérique diffusible.

La répartition du calcium diffusible entre le sérum et le L. C. R., telle que le rapport de ses concen-

trations dans chacune de ces deux humeurs est voisin de l’unité, correspond sensiblement à celle de l’équilibre théorique déduit de la loi de DonNNAN.

Magnésium

Le sérum sanguin contient normalement de 1 à 3 mgr. de magnésium par litre (PETERS et VAN SLYKE).

Selon CusHNyY [28] et GRENNE et Power [48], de 35 à 45 % liés aux protéides sériques ne sont pas dialysables.

Malgré les difficultés présentées par le dosage des faibles quantités de Mg contenues dars le L. C. R, les résultats obtenus par de nombreux auteurs ont été généralement concordants. Des concentrations comprises entre 3 mgr. et 3 mgr. 6 par litre ont été ainsi déterminées chez les sujets normaux (COHEN [21], STARY, KRAL et WINTERNITZ [112].

L'étude de la répartition du Mg entre le sérum et le L. C. R. a montré que le rapport des concentra-

Page 1