CONCLUSION
On voit donc, par cette étude sur la Justice sociale, qu'il n'y a pas eu, depuis treize ans, de « nouveauté » dangereuse, dont elle ne se soit faite la propagatrice et qu'elle n'ait maintenue plus ou moins, malgré les condamnations de Rome et des évoques.
Américanisme, adaptation des dogmes aux besoins de la civilisation moderne et dédain pour les vertus passives et la vie religieuse ;
Adhésion aux critiques amères de Madame Marie du Sacré-Cœur contre les (( religieuses enseignantes » à réformer par l'Institut Notre-Dame ;
Mépris des (( méthodes traditionnelles )), recomman- • dées par Sa Sainteté Léon XIII dans sa Lettre au clergé de France sur les études ecclésiastiques et l'action sacerdotale (1) ;
Complaisance dangereuse pour les théories de M. Le Roy, faisant des dogmes de « purs non sens », avec une simple (( valeur négative » et une a valeur pratique » ;
Eloges compromettants pour la Quinzaine et pour la nouvelle revue lyonnaise, Demain ;
(1) Un Curé-Doyen écrivait dans VUnivers du 23 octobre 1905: (( Il n'est pas un prêtre sérieux en France, je Tespère du moins, oui n'approuve un programme qui consiste à mettre en pratique la parole du glorieux Pontife Léon XIII, répétée par son successeur PieX • il faut aller au peuple. Cependant, ce programme, si raisonnable,' si conforme aux besoins actuels soit-il, n est pas toujours réalisable. et je tiens pour certain (hélas! c'est un fait) qu il n est pas possible partout. Dans certaines régions de la France, il irait même contre le but que l'on se propose II y a telle paroisse, tel diocèse, où il suffit qu'un prêtre prenne I initiative d une oeuvre ae ce senre pour qu'elle soit frappée de stérilité, vouée a l insuccès et aue le vide se fasse autour du prêtre qui 1 a entreprise Pour les populations de ces pays, le prêtre est fait uniquement pour dire la messe, prêcher, administrer les sacrements; des qu il sort
Loisysme hardi, continué, même après la condamnation de M. l'abbé Loisy, dans deux séries de Lettres sur la Bible, la Science et la Foi, où Tautorité de l'Ancien et du Nouveau Testament est mise à mal, ainsi que l'Encyclique Providentissimus Deus ;
(( Echenillage )) des dévotions envers le Scapulaire, envers saint Antoine de Padoue, envers des reliques, (( idoles » ou a fétiches », envers saint Louis de Gonzague, à la vie encombrée a de puérilités », « d'excentricités dignes des fakirs de l'Inde et des Aiss-a-ouahs », envers le Bienheureux curé d'Ars, qui « a fait beaucoup de mal à l'Eglise de France » ;
Méconnaissance des instructions pontificales sur a la patience » et la résignation chrétiennes à recommander aux ouvriers ;
Exaltation de leurs droits, au détriment de leurs (( devoirs chrétiens » ;
Excitation à ce la haine et à l'envie » des capitalistes ;
Négation du a droit absolu » de propriété ;
Appel à l'intervention (( obligatoire » de l'Etat, dans les questions sociales ;
Mépris formel de l'aumône, a qui humilie, abaisse » le pauvre, par des « bureaux de bienfaisance, bureaux d'indigence » ;
Accusations odieuses contre l'Eglise des xvi^, xvii«
de ces attributions, il s'occupe de choses qui ne sont pas de son ressort et alors il perd de son prestige et l'on s'éloigne de lui. — Préjugé, me direz-vous, qu'il faut faire disparaître. —Soit, mais, je le répète, c'est un fait et l'on est bien obligé d'en tenir compte. Je pourrais vous citer tels de mes confrères, prêtres de foi, qui, bravant l'opinion publique, se sont lancés dans les œuvres indiquées plus haut. Ils y ont apporté tout leur zèle, toute leur activité, toute leur intelligence, et, malgré cela, ils ont vite abouti à un lamentable échec et ils ont senti diminuer autour d'eux leur influence surnaturelle sur les âmes confiées à leurs soins. L'un d'eux, découragé, en était même arrivé à cette conclusion excessive : non, décidément, il n'y a "plus rien à faire.
et xviiie siècles, et contrje renseignement de l'Eglise de France, a en retard de plusieurs siècles » ;
Etrange indulgence pour Julien l'Apostat, qui n'aurait été ni c( apostat », ni « perfide oppresseur des consciences )) chrétiennes ;
(( Excuses » déplorables, alléguées en faveur de Voltaire, en faveur du chevalier de La Barre, dont le sup plice odieux retomberait sur l'Eglise ;
Calomnies contre les Ecoles libres, sacrifiées à la c( neutralité » scolaire et à la presse ;
Injures aux Facultés catholiques, excluant (( les élèves intelligents » et mettant le bonnet doctoral sur (( une paire d'oreilles d'âne » ;
Abus des conférences contradictoires, interdites par l'Eglise et que les évêques seuls peuvent autoriser ;
(( Immixtion », prohibée par Léon XIII et Pie X, de la c( démocratie chrétienne » dans la politique ;
Interprétation exagérée des « directions pontificales » de 1892 ;
Ordre de s'abstenir dans les élections ou même de voter pour ((Me méchant candidat » plutôt que pour un monarchiste catholique ;
Etrange assimilation entre les(( catholiques italiens » et les catholiques français (( à la porte de leur pays » ;
(( Hors de la République, point de salut » ;
Approbation donnée à (( Jeannot », catholique votant pour des (( ennemis de la religion » ;
Polémique injurieuse contre Léon XIII, le cardinal archevêque de Lj^on et le cardinal Oréglia ;
Contre Mgr Dubillard, de Quimper ;
Contre Mgr Turinaz, de Nancy ;
Contre Mgr Lorenzelli, Nonce apostolique ;
Contre Mgr Monnier, évêque de Lydda ;
Contre Mgr Delassus, directeur de la Semaine religieuse de Cambrai ;
Contre le Pape Pie X pour ce les évêques à nommer » ;
Contre les Semaines religieuses en général et celles de Paris et de Cambrai en particulier ;
Contre la presse catholique ;
Contre le clergé français et les Grands Séminaires ;
Contre M. Fabbé Maignen ;
Contre V Anjou, la Dépêche de Lille, le Nouvelliste de Lyon, la Croix de Paris ;
Contre la Vérité Française, ce réfractaire, sectaire, » c( chien enragé », dirigée par des « flétris » ;
Contre M. Dimier, transformé en mouchard ;
Contre le P. Fontaine ;
Contre ce le pieux congréganiste qui a calomnié M. Naudet » à Rennes ;
Contre M. Fabbé Delmont, c< qui n'existe pas (?) » ;
Contre M. Fabbé Barbier ;
Contre M. de Mun et M. Piou.
Voilà les griefs que Fon relève, en parcourant la collection de la Justice sociale, et en la citant avec impartialité. N'est-ce pas plus que suffisant pour justifier la mesure sévère prise par Mgr Dubillard en 1901 ?
(( La lecture de la Justice sociale ne peut qu'être