‹ Les Érythèmes GravesChapitre 14 sur 87 · CARE — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CARE — HISTORIQUE

Le Protect RoGER, dans la Presse médieale de 1900,

étudie, sous le nom de « forme hépatique de la fièvre

typhoïde », un syndrome clinique très superposable à celui du professeur Hutinel et n’en différant que par la date d'apparition. Les deux malades du professeur Roger présentaient, comme ceux de M. Hutinel, érythème, diarrhée verte, vomissements, chute de température, mais ce syndrome, au lieu d’apparaître comme une complication plus ou moins tardive de la fièvre typhoïde, se manifestait dès

son début, lui donnant une allure très particulière et : d'une gravité exceptionnelle. É

Contrairement à M. Hutinel, le Professeur Roger ne rapporte pas ces accidents à une infection secondaire, mais à une insuffisance hépatique suraiguë, liée à une destruction massive et brutale du foie par la toxi-infec-

fièvre typhoïde qu’il donne à

tion éberthienne : d’où le nom de Forme hépatique de la

ce syndrome.

En 1901, NogécourT et MERKLEN, étudiant dans la Revue mensuelle des maladies de l'enfance quelques ‘cas d’érythème survenus au cours de différentes affections, concluent à une infection secondaire ; ils accordent au strentocoque un rôle prédominant, tout en reconnaissant, comme l'avait admis M. Hutinel au Congrès de 1900, qu'il ne saurait être le seul agent de ces infections. En outre, ils font jouer un rôle capital aux lésions du foie ; l'insuffisance hépatique serait pour eux un facteur nécessaire À l'apparition des accidents graves et de l’érythème.,

Dans le mémoire de Leroux et LORRAIN, paru en 1903 dans les Archives de médecine expérimentale et d'analomie pathologique, Vidée d’une infection secondaire est de nouveau émise. Au cours d’une série effroyablement meurtrière d’érythèmes avec syndrome grave, observée chez les typhoïdiques de l'hôpital Saint-Joseph, Leroux et Lorrain obtinrent dans quelques cas, par culture du sang, un diplocoque spécial qu'ils décrivent comme très analogue au diplococcus hemophylus de Deguy, que beaucoup d’au-

teurs identifient à l’entérocoque de Thiercelin. Ils considè-

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rent ce diplocoque comme l'agent de l'infection septicémique traduite par le syndrome érythémateux.

C’est d'ailleurs l'entérocoque lui-même qui est mis en cause par Trasrour (Thèse, 1903). Au cours de son étude très complète du rôle pathogène de l’entérocoque, il est amené à s'occuper des érythèmes de la fièvre typhoide et, à ce propos, rapporte une épidémie de 7 cas avec 3 décès, qu'il a eu l’occasion d'observer avec M. COURTOIS-SUFFIT, à la Maison municipale de santé ; l'ensemencement du sang

lui ayant permis deux fois d obtenir l’entérocoque à l’état

de culture pure, il conclut, sans examen post-mortem des organes, à l’origine entérococcique de ces érythèmes et des phénomènes graves qui les accompagnent.

Des observations cliniques nouvelles sont publiées en France, par GUINON (en particulier un cas au cours d’une D nborie LEBELLE (1902), LE Goic (1904), SÉBILEAU (1904) ; en Belgique, par LEBEUF (1900), dont l'observation de fièvre typhoïde avec scarlatine est interprétée par DuBois-HAVENITH comme un cas d’érythème typhoïdique ; en Angleterre, par SKENE, dans le British

médical Journal de 1904 ; aux Etats-Unis, par CÉciL (1903),

par MizLer (1906).

La Thèse de PicHARD résume quelques-unes des observations précédentes et en renferme deux nouvelles.

Les derniers travaux sur la question sont, à notre connaissance, la Thèse dé DELOZIÈRE (1906), l'article de PATER et HALBRON dans Jes Archives générales de médecine de 1906, et celui de PATER dans la l'ribune médicale de la même année. La Thèse de Delozière a pour point dé départ une série de fièvres typhoïides graves observées à l'hôpilal Trousseau, au cours desquelles est apparu le syndrome spécial décrit par M. Hutinel. L'auteur fait remarquer que le syndrome en question ne s'est pas seulement manifesté dans la fièvre typhoide, mais au cours d'autres affections. Les allures en furent particulièrement graves, puisque Pater, complétant la statistique de Delozière, arrive à un total de 11 morts pour 15 cas.

Laissant de côté la partie clinique, Pater étudie très

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