‹ Les Érythèmes GravesChapitre 20 sur 87 · CHAPITRE TITI. — CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE TITI. — CONDITIONS ÉTIOLOGIQUES

« Dans le cours de ces diversès épidémies, les {yphiques seules ont été touchées ; pneumonies, grippes, érysipèles ou autres affections fébriles évoluaient sans incidents.

« Pendant la dernière épidémie, un cas analogue avait été observé dans le pavillon des garçons, chez un enfant arrivé d'emblée infecté, mais il ne s’est pas développé d'épidémie locale parmi ses voisins de lit.

« Pendant ces deux années 1899 et 1900 il nous fut donné d'observer trois cas analogues en ville.:.

« ..: Depuis lors nous n’avions plus rien observé de

semblable, lorsqu’en 1903 entrait une enfant arrivant de Bretagne et atteinte depuis cinq jours de fièvre typhoïde ; sept jours après son entrée elle était prise de vomissements avec éruption polymorphe et mourut trois jours plus tard le 26 février. Au mois d'avril. ». Suivent alors les quatre observations qui servent de base au travail de Leroux et Lorrain, et que nous retrouverons par la suite.

La dernière épidémie rapportée avant la nôtre est celle de Trastour, qui a observé sept cas à la Maison municipale de santé, dans le service de M. Courtois-Suffit.

Tel est l’ensemble des faits qui, à première vue, paraissent en faveur de l’épidémicité et de la contagiosité,.

L'épidémicité ne nous paraît pas contestable ; les séries

d'Hutinel, de Calton, de Remlinger, de Leroux et Lorrain

et notre série personnelle ont l'allure franchement épidémique, encore que certaines d’entre elles soient scindées, de l'avis même des observateurs (Calton, Gillet, Remlinger, Leroux et Lorrain), en plusieurs séries distinctes, constituant autant de petites épidémies, séparées par des intervalles de plusieurs mois.

Mais l’'épidémicité implique-t-elle forcément l’idée de contagion ? Question d’un intérêt pratique considérable, si lon songe que les typhoïdiques sont soignés dans les salles communes et que les érythèmes sont observés surtout dans les hôpitaux d'enfants et dans les hôpitaux militaires. j

Cette contagion, au cas où elle existerait, serait, si l’on en juge par les exemples qu'on a donnés, surtout mé-

diate et indirecte, se faisant par l'intermédiaire du personnel, des objets de literie, etc.

Mais, en analysant de plus près les faits, il semble bien difficile d'affirmer l'existence de cette contagion. Si plusieurs auteurs tendent à se prononcer dans ce sens (Hutinel, Le Gendre, Remlinger, Leroux et Lorrain), M. Galliard, dès 1894, niait la contagiosité de ces érythèmes, et, à l’appui de son opinion, il rappelait ce fait que, dans les épidémies observées, seuls les typhoïdiques sont atteints d'érythème, alors que pas un seul des enfants plus ou moins débilités qui se trouvent dans leur voisinage immédiat ne présente de manifestations semblables.

Cette objection a une valeur incontestable et on ne voit guère comment des érythèmes contagieux non seulement épargneraient la majorité des typhiques d’une même salle (quelquefois tous, pendant plusieurs mois consécutifs), mais encore ne frapperaient aucun des malades affaiblis par une autre affection, que leur déchéance semble devoir mettre en état de très grande réceptivité.

Rispal, dont l'opinion est adoptée par Pons, repousse, pour les mêmes raisons, toute idée de contagiosité. Pichard aboutit aux mêmes conclusions.

. D'ailleurs, d’autres arguments peuvent être fournis contre la contagion :

Un très grand nombre de cas d'érythème apparaissent isolément, sans jamais avoir été le point de départ d’une contagion quelconque autour d'eux (Reynaud, Lovy, Galliard, Moore, Laùfer, Amitrano, Sébileau, Lebelle, etc.)

Certaines séries, qui, au premier abord, ont l'allure d'épidémies, ne sont en réalité que des séries de cas isolés, sans aucun lien entré eux : tels les neuf cas observés par Pater et Halbron et par Delozière, qui, de l'avis même des auteurs, ont apparu isolément ; tels aussi les érythèmes rapportés par M. Le Gendre : ils se montrent le 1er février, le 12 juillet et le 2? septembre ; il est par suite difficile d'admettre qu'ils sont nés les uns des autres par contagion.

Nous avons déjà dit que les épidémies de Calton, de

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