‹ Les Érythèmes GravesChapitre 46 sur 87 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic des érythèmes de la fièvre typhoide a été

l'objet de grandes divergences de vue et a suscité des

opinions tout à fait opposées.

Parmi les auteurs, il en est qui leur attribuent une influence heureuse sur la fièvre typhoïde, d’autres les regardent comme indifférents, d’autres enfin comme frès graves.

Chédevergne considère ces éruptions comme des accidents sans importance et pense même que la cengestion cutanée est susceptible de provoquer une « crise salutaire ». ;

De l'étude de leurs cas, Raymond et Nélaton concluent que l’érythème n'imprime aucun cachet spécial à la marche de la fièvre typhoïde et semble même avoir une influence heureuse sur sa terminaison.

Telle est aussi l’opinion de Lovy ; il considère que

Jl'érythème, loin d’aggraver le pronostic, semble devoir

Jè rendre favorable ; il l’envisage comme un symptôme de la crise, indiquant que la défervescence va se produire et que l'infection typhique touche à sa fin.

Remlinger adopte cette manière de voir : il a presque toujours vu les érythèmes survenir au cours de fièvres typhoïdes bénignes ou au moment de la défervescence ; sur douze cas, il n a eu qu'un décès.

La majorité des auteurs, par contre, considèrent ces érythèmes comme étant d’un pronostic grave. Le premier, M. Huliinel, observant cinq décès sur douze cas, insistait sur leur gravité. Calton rapporte 11 cas avec 5 décès. Les quatre cas de M. Le Gendre, les deux cas de M.

Rispal se sont terminés par la mort. Gillet a vu 4 décès sur 6 cas ; M. Roger, 2 décès sur 2 cas.

La Hatistique de Leroux et Lorrain est très impressionnante :

1899-1900. — A l'hôpital : 13 cas, 12 décès.

En ville: 3 cas, 2 décès.

1903. — A l'hôpital : 4 cas, 3 décès.

Au total : 20 cas, 17 décès (mortalité de 85 p. 100).

La statistique de Delozière donne l’effroyable mortalité de 100 p. 100 ; 9 cas, 9 décès.

Sans être aussi sombre, notre statistique personnelle peut prendre rang parmi les plus mauvaises :

Service de M. Netter (érythèmes au cours de la tièvre typhoïde seulement) :

f Garçons : 7 cas, 4 décès.

Filles : 4 cas, 3 décès.

Total : 11 cas, 7 décès (mortalité de 63 p. 100).

Service de M. Boulloche :

Garçons : 7 cas, 7 décès.

, Filles : 7 cas, 4 décès.

Total : 14 cas, 11 décès (mortalité de 78,5 p. 100).

Nous ne pouvons donc, d'après notre expérience, accepter l'opinion de ceux qui formulent un pronostic favorable.

Si nous consultons notre statistique générale, qui porte sur 182 observations, nous trouvons 91 décès, c’est-à-dire une mortalité de 50 p. 100. Mais une statistique de ce genre, hâtons-nous de le dire, n’a aucune valeur, car elle englobe des fails disparates : elle comprend en effet des séries d’éry-

thèmes bénins, comme ceux de Lovy, de Remlinger, où

tous les cas aboutissent à la guérison, et des séries graves, comme celles de Leroux et Lorrain, de Delozière et la nôtre, où la mortalité oscille entre 63 et 100 p. 100.

C'est dans cette différence de gravité des séries observées, qu'il faut, selon nous, chercher l'explication des conclusions si opposées que nous avons rappelées.

On a voulu les expliquer en basant le pronostic sur la date d'apparition de lérythème. C’est ainsi que Gillet,

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