CHAPITRE V. — DIAGNOSTIC JA
Nous n'avons jamais constaté de douleur abdominale ; l'examen physique du ventre a toujours donné des résultats négatifs : aucune exagération du météorisme, pas de résistance de la paroi. Dans tous les cas où l’autopsie a pu être pratiquée, nous avons été à même de vérifier l'absence de toute perforation.
L'état du pouls a une grande valeur et c’est sur ses Caractères, plus encore que sur l’examen négatif de l’abdomen, que nous nous sommes appuyé, dans tous les cas douteux, pour rejeter l'hypothèse d’une perforation. Lors de l'apparition des symptômes graves, accompagnés ou non d’érythème, le pouls garde les caractères qu’il a présentés jusque-là ; il bat 100, 110, 120 comme les jours précédents ; quelquefois nous l'avons vu tomber à 92, 84, au moment de la chute de température. C’est là un caractère capital, sur lequel nous ne saurions trop insister, puisque, dans la perforation, un des premiers signes révélateurs est la rapidité croissante du pouls pris d'heure en heure ; dans le syndrome érythémateux, à l’exception Cependant des cas qui aboutissent rapidement à la terminaison fatale, l’accélération du pouls ne se produit qu'après quelques jours, aux approches de la mort.
IH, — L'érythème apparaît pendant la convalescence, —
Le diagnostic ne présente alors le plus souvent aucune difficulté. Le malade est convalescent de fièvre typhoïde, on le sait exposé à toutes les complications de cette convalescence ; en présence d’un érythème avec ou sans accidents graves, on pense immédiatement à l’érythème secondaire de la fièvre typhoïde.
À peine aura-t-on à discuter le diagnostic de fièvre éruptive associée, si le malade, depuis son entrée à l'hôpital,
a été exposé à une contagion.
La rechute de la fièvre typhoïde pourrait cependant être une cause d'erreur. Que l'apparition tardive d'un érythème mécanique par long séjour au lit coincide avec cette rechute, l'élévation de température, la réapparition de la diarrhée, l'abattement pourront un instant en imposer
our le syndrome secondaire. Cependant, l'absence habituelle de vomissements, l'augmentation de volume de la . rate, l’apparition de taches rosées, la culture du sang qui permettra souvent de retrouver à ce moment le ba- __ cille d’Eberth, caractériseront suffisamment la rechute. L'absence d’extension de l’érythème, qui reste localisé aux régions de frottement, montrera rapidement qu'il s’agit, non d’un érythème grave, mais d’une éruption ES ne sans valeur, coincidant avec une rechute.
Il faut cependant savoir que le syndrome érythémateux v peut ne se manifester pour la première fois qu’à l’occa- Les sion| d'une rechute (Delozière), ou récidiver à ce mo-