‹ Les Erythrodermies Du Lichen PlanChapitre 12 sur 16 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Bulletin de la Sociélé française de Dermatologie et de Syphiligraphie, avril 1890, p. 36. — Haroprrau).

Le nommé B... R., âgé de cinquante-six ans, peintre décorateur, entre le 19 septembre 1884 salle Hillairet.

Son éruption a débuté en 1879, par le développement d'une

plaque au-dessus et en dedans du genou gauche ; elle est

restée longtemps isolée tout en s’agrandissant peu à peu.

En 1881 apparaît une pelite tache non saillante à la partie |

postérieure de la jambe gauche, cette tache s'étend de même progressivement et petit à petit ; une tache semblable se manifeste bientôt au niveau du tendon du triceps crural,

En 1884, au mois de janvier, le malade remarque sur sa jambe droile une autre petite tache rouge qui s'étend en surface en Aéne temps qu’elle devient de plus en plus saïllante. Depuis lors sur les mêmes membres, d’autres macules se manifestent et suivent le même développement, la santé générale est bonne.

Le 20 septembre, on voit sur la face dorsale du pied droit, à des saillies papuleuses, luisantes, saillantes, résistant sous le doigt, de dimensions variables, les plus petites ont celles d’une

Burgault ÿ

ND

tête d'épingle, d’autres atteignent celles d’une lentille ; certaines d’entre elles sont recouvertes de squames, tantôt périphériques tantôt centrales, elles sont en général de couleur rouge som bre. Leur principal siège se trouve sur la face antérieure du membre. Quelques-unes sont agminées et se touchent.

A la jambe droite, les papules sont plus considérables. On en voit une au cou-de-pied, un groupe à la partie inférieure et antéro-externe, d'autres à la partie postéro-externe du membre ; elles remontent jusqu'à sa partie moyenne ; des plaques sont formées par un nombre considérable de papules ; leurs contours sont sinueux ; aucune n'est nettement circulaire, leur saillie est considérable : la plus grande atteint le diamètre d'une pièce de 50 centimes : d’autres sont miliaires, on les voit surtout au pied ; on trouve tous les intermédiaires. Quelques-unes sont entourées d'un cercle érythémateux de petite dimension.

On voit en outre, à la jambe gauche, deux taches allongées verticalement, l’une de coloration biliaire. l’autre de coloration rouge brun ; elles ne s'effacent pas sous la pression des doigts. Sur la première, l'épiderme est ridé, elles ont débuté par des macules,

Le malade assure que les papules sont de beaucoup postérieures aux macules ; avec la papule apparaît l'induration.

A la jambe gauche se trouvent deux plaques apparues les premières, ce sont deux taches non saillantes d’un rouge brun. Vers le genou on voit une éruption de papules analogues à celles du membre opposé, de dimensions, de couleur variables. Au devant de l'extrémité supérieure du tibia, elles forment une plaque dont le grand diamètre transversal mesure 5 centimètres 1/2; elle est saillante, à bords sinueux, couverte

de squames et de coloration rouge brun.

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Sur chaque plaque saillante on voit, à un examen attentif, un grand nombre de dépression en cupules qui représentent des orifices glandulaires dilatés.

Sur un certain nombre de papules, on voit de petites masses épidermiques au fond d’une cupule entourant la base du poil.

L'éruption est traitée par des applications de la pommade

suivante :

Vaseline blanche. . . . 100gr.

DUDINDMA LT MS | O gr. 20 Acide phénique. . Ris k gr.

19 avril. — Il n'y a pas d'abord d'amélioration ; mais bien-

tôt les papules s’affaissent, les plaques pâlissent et l’éruption disparaît sans laisser de trace.

Pendant cinq ans il ne se produit pas de nouvelle manifestation. En janvier 1890 seulement, la malade voit apparaître l'éruption actuelle; ce sont d'abord des taches d’un jaune brunâtre qui envahissent la partie supérieure de la jambe gauche ; elles s’agrandissent sans former de saillie appréciable au-dessus de la peau ; elles donnent lieu par instant à du prurit, On voit au-dessous du genou gauche, au niveau de la tübérosité antérieure du tibia, une plaque large de six travers de doigt et haute de deux : violacée dans la plus grande partie de son étendue, elle prend à sa périphérie une coloration d’un jaune foncé qui rappelle celle de la bile ; elle s’efface en partie sous le doigt ; dans sa partie centrale, la peau est légèrement épaissie. Nulle part on ne voit de nodules ni de papules. Cependant, on note sur cette plaque des dépressions punctiformes identiques à

celles que l'on observe dans le lichen. A la partie externe de la

| jambe, se trouvent des plaques analogues mais de dimensions

K. plus restreintes. Leur coloration est du même jaune foncé avec

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oh points plus pigmentés. Aucune d'elle n’est saillante. Leur \

Ca ln7a LS à # . aspect rappelle célui d'ecchymoses déjà anciennes.

ù . . , en 44 r *

CA Il existe des plaques identiques au niveau des malléoles

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er": internes, elles présentent les mêmes colorations, les mêmes

points noirâtres nombreux, qui paraissent, comme les dépres-

# sions punctiformes de la grande plaque, répondre à des orifices

# glandulaires, leS uns ouverts, les autres masqués par l’épiderme.

‘5 9 avril. — La plaque située au-dessous du genou gauche

s’est étendue; elle présente dans la plus grande partie de son

étendue une coloration d’un rouge vif; sa surface est lisse ; |

À elle est particulièrement recouverte de très minces croûtelles HN. consécutives à l'application d’un emplâtre au bichlorure. Plus 4 ÿ: en dehors, on voit des grains isolés qui semblent correspondre : L: à des orifices glandulaires. Le malade très attentif, a remarqué ñ que les lésions commencent à être jaunes puis deviennent rouges # dans la suite. Les éléments éruptifs se sont multipliés et on il f peut voir toutes les phases intermédiaires entre les altérations % ; È initiales et ces grandes plaques. Ce sont d'abord de petites 11

/ taches punctiformes d’un jaune sombre qui paraissent corres- 4 pondre aux orifices glandulaires, puis ces grains se groupent en plaques qui deviennent d’un rouge vif. La coloration jaune som bre domine, elle est très différente de celle qui s’observe dans j | le lichen plan vulgaire.

Le malade éprouve une sensation prurigineuse au niveau des plaques.

À la jambe droite l’éruption remonte à deux mois; il y a des plaques nombreuses autour du genou, d’une coloration

rouge sombre ; on noteles mêmes grains pigmentés dont les uns

tion est confluente ; elle simule une érythrodermie mycosique,

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répondent aux orifices glandulaires, tandis que les autres parais-

sent recouverts par l’épiderme ; la coloration de ces plaques rappelle celle du pityriasis versicolor. | ; À Au-dessous de la malléole externe, une plaque rouge sombre” 0 £ plus épaisse ressemble à une plaque affaissée de lichen plan. 19 \ | < ‘af

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