‹ Les Erythrodermies Du Lichen PlanChapitre 13 sur 16 · OBSERVATION II | À · texte numérisé non relu

OBSERVATION II | À

(Bulletin de la Société française de Dermatologie et de Syphili= CET graphie, 1899, p. 72. — Harroreau et Lesouro.) #4

Sur une forme aiquë de lichen de Wilson avec poussée

érythrodermique.

Les démangeaisons d’après les assertions de la malade ont { à r

débuté immédiatement après une vive émotion; el elle a remar- CN PAL qué trois Jours après au niveau des cuisses le début de l'éruption, «.

Celle-ci s’est rapidement étendue, et elle intéresse particulièrement toutes les parties du corps sauf les ‘plantes des pieds et le cuir chevelu.

Elle s’est accompagnée au début de vives sensations pruri-

° . à Q Y gineuses avec exacerbalions nocturnes ; elles ont fait place à une cuisson presque continue. Sur les cuisses, le bas ventre, les régions fessières et lombaires et le devant du thorax, l’érup-

\ mais un examen.attentif permet d’ÿ reconnaître à jour frisant la présence de papules typiques formant un relief presque nul; elles reposent sur un fond uniformément d’un rouge violacé,

Il se produit dans les parties atteintes une fine et abondante

desquamation pityriasiforme, Malgré l'intensité du prurit, les lésions de prurigo font complètement défaut.

À la partie inférieure de l'abdomen et antéro-supérieure des cuisses, l'éruption est moins confluente, si ce n’est au niveau du pli inguinal où les éléments sont confondus en une traînée qui lui répond exactement ; des traîinées analogues, mais moins larges, existent au niveau des plis axillaires.

En diverses régions et particulièrement au-dessus des aines, l'éruption a pour éléments principaux des figures polygonales circonscrites par des stries opalines formant une saillie appréciable à la vue et au toucher et circonscrivant une aire fortement pigmentée ; le tissu ambiant est également plus fortement pigmenté et les stries opalines ressortent d'autant mieux ; on distingue aussi des plaques présentant une coloration opaline par le fait du grand nombre de stries qui s’y entrecroisent elles englobent plusieurs aires non saillantes et fortement pigmentées dont les dimensions varient entre celle d’une lentille et celle d'un grain de chènevis ; ces mêmes éléments circinés se retrouvent en abondance au niveau des aisselles.

Dans les paumes des mains, l’éruption offre des caractères tout particuliers ; ce sont de petites saillies de consistance cornée, de couleur jaunâtre, légèrement translucides et donnant l'idée de vésicules que l'épaisseur du derme palmaire empêcherait de se rompre ; le malade assure en effet avoir fait sourdre du liquide de l’une de ces saillies ; nous n'avons pas pu y parvenir.

Les éléments sont groupés autour des sillons verticaux, dans leur moitié supérieure ; l’ensemble de leur disposition rappelle la figure d'un sablier dont l’une des bases répondrait au pli du poignet ; ils occupent également les parties Voisines des

éminences thénar et hypothénar:

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L’éruption est confluente sur les grandes lèvres : on voit sur les petites lèvres quelques éléments isolés ; les ganglions inguinaux et axillaires sont le siège d’une notable tuméfaction.

La malade est soumise à un traitement de douches chaudes et pommade à l'oxyde dezinc, l’acuité des lésions ne permettant pas l'emploi d’une médication plus. active.

Quinze jours plus tard, nous constatons que l'éruption desquame partout en fines écailles : au niveau des sabliers palmaires, les squames sont plus épaisses que dans les autres régions et sont restées adhérentes ; elles reposent sur un fond rouge ; elles se sont développées consécutivement à l’affaissement des petites saillies mentionnées précédemment. Il persiste : encore un certain nombre de ces saillies au niveau des éminences voisines ; plusieurs d’entre elles se sont aflaisées et ne sont plus représentées que par une squame.

Actuellement, l’éruption a partout pâli ; elle reste cependant sombre avec tons violacés dans les régions hypogastriques et lombaires où elle ne disparait que très incomplètement sous la pression du doigt ; la rougeur est toujours confluente dans ces parties ainsi que dans la région postérieure des cuisses; ce n’est qu’en les regardant à jour frisant que l'on peut ÿ distinguer des stries opalines circonscrivant des éléments de lichen.

L'examen du sang y dénote 4,5 0/0 d’éosinophiles.

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