OBSERVATION III Æ
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<: me \i 4 ; (Bulletin de la Société française de Dermatologie et de Syphi-
© digraphie, janvier 1905, p. 13. — Hazropeau èt Rexaurr.)
ia Sur une érythrodermie généralisée pré-lichénique avec
| | A dystrophies. {
Le nommé D..., soixante et un ans, garçon d'hôtel, entré NS PT :
di à l'hôpital Cochin, salle 11, lit ne 73, le 19 avril 1903. L Homme vigoureux, rien de particulier dans ses antécédents tant héréditaires que personnels. k Le rer avril 1904, sans aucun prodrome, il commence à FT
sentir des démangeaisons, d'abord localisées aux mains, puis
généralisées; rapidement celles-ci deviennent d'une intensité STE extrême, Bientôt apparaît une éruption d'apparence eczématiforme ; £
après avoir débuté par les mains, elle se généralise à toute la surface cutanée.
Aucune intoxication accidentelle ou professionnelle ne peut être regardée comme facteur étiologique ; le malade n'a jamais eu aucune affection cutanée; personne dans sa famille non plus.
Aspect objectif. — Tout le revêtement cutané est malade sans aucun intervalle de peau saine ; la peau est rouge, sèche, écailleuse ; les squames, de dimensions moyennes au niveau du corps, sont très épaisses au niveau des extrémités où elles se dessèchent en larges écailles ; au niveau de la face, l'éruption est très intense et un peu suintante ; il y a chute des cils et des
‘à 7 sourcils, le visage est absolument glabre, Le malade se plaint
TA
, Û à s de démangeaisons extrêmement vives et pénibles, entraînant une insomnie absolue.
Du côté de l’appareil digestif existe un état saburral ; la lan-
gue est sale, l’anorexie à peu près complète, il y a de la cons-
tipation.
Le malade est atteint d’une bronchite.
Rien au cœur.
Les urines sont rares et foncées, il y a un léger nuage d’albumine. ne
Pas d’élévation de la température.
Traitement. — Bains de son. Onction au liniment oléo-calcaire alternant avec des onctions à la pommade à l'oxyde de zinc. Application d'un masque de caoutchouc sur le visage. Régime lacté.
Le masque de caoutchouc est très mal supporté, il détermine une irritation assez vive avec augmentation de la rougeur et
démangeaisons.
Ea maladie continue à évoluer sans que le traitement puisse
exercer une influence bien marquée.
Cependant les bains de son et le liniment oléo-calcaire calment assez bien les démangeaisons. Après les onctions le malade est complètement enveloppé de ouate.
Il y a des rémissions de quelques jours pendant lesquels la rougeur diminue ; la peau est toujours sèche et craquelée ; puis de nouveau la rougeur augmente, de larges lambeaux se détachent de toute la surface cutanée.
Au bout de quelques semaines, les ongles tombent; les paupières sont rétractées et en ectropion ; d’où conjonctivite, larmoiement et photophobie. Le malade maigrit et se cachec-
tise. Après un certain nombre d’alternatives de rémission et
fe
d'aggravation, la desquamation semble s’arrêter, et le malade quitte l'hôpital après avoir été atteint d'une hémiplégie droite,
Il entre au n° 34 de la salle Bazin le 12 décembre.
L'aspect de l’éruption s’est considérablement modifié.
Au visage seulement persiste l’érythrodermie en nappe généralisée avec fine desquamation et ectropion.
Partout ailleurs, il y a généralement des intervalles, où la peau. tout au moins à un examen superficiel, paraît exempte d'altérations. .
L’éruption est très abondante sur toute la partie antérieure du tronc où il y a des plaques d'un rouge plus vif et disparaissant davantage sous la pression du doigt; les quatre cinquièmes inférieurs de la région dorsale sont occupés par une large nappe où il n'y a qu’un petit nombre d'intervalles de peau saine,
L'éruption est abondante également au siège, elle l’est moins sur la partie inférieure des fesses et supérieure des cuisses, Les taches sont également nombreuses sur toute la partie inférieure des jambes. Elles y présentent la dimension d'un grain de millet ou de chènevis. Les plantes des pieds sont aujourd’hui indemmes; elles ont desquamé en masse, Les ongles des orteils sont tombés, et, actuellement, ceux du gros orteil, du deuxième et du petit orteil droits font défaut.
Aux membres supérieurs, l'éruption est très abondante à la partie postérieure du bras, de l’avant-bras et du dos des mains où les taches sont confluentes,
Les ongles des doigts sont tous tombés au début. Actuellement encore, on les voit profondément altérés, striés verticalement, dépolis à leur surface, érodés à leur partie inférieure.
Légère desquamation de la paume des mains, La poussée de
eu 45 à 4 taches s’arrête nettement au poignet. Les dos des mains sont violacés et froids. Les rougeurs sont plus prononcées au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, surtout à droite.
Au niveau des coudes, on voit quelques macules décolorées, d'apparence cicatricielle disposées en groupe. Il y a en outre au niveau de l'épicondyle droit une saillie lenticulaire dure, décolorée, paraissant intéresser la face profonde du derme et
des squasmes abondantes, nacrées, qui, lorsque le malade s’est
présenté à la consultation, donnaient l'illusion d’un psoriasis. .
L’éruption occupe également la verge, et est représentée sur le gland par des taches érythémateuses. Les cheveux et la barbe sont très raréfiés ; le cuir chevelu est le siège d’une desquamation furfuracée.
Les ganglions maxillaires et inguinaux sont notablement tuméfiés.
Le malade est en proie à un prurit des plus violents et continu qui augmente par poussées et l’oblige à se gratter avec frénésie ; il n’y a qu’un très petit nombre de croûtes de prurigo.
Pas d’altération de la bouche.
Parésie asséz marquée du côté droit et peu prononcée à la face.
Le tronc et les membres sont le siège d'éléments éruptifs d’un rouge brun très sombre, ne disparaissant pour la plupart que peu ou point sous la pression des doigts, à contours poligonaux, à surface brillante, légèrement saillants, ayant ordinairement l’aspect de papules planes de lichen ; d’autres papules sont en voie de régression et se présentent sous la forme de taches d'un jaune bistré pâle.
Au point de vue des dimensions, de la forme et du grou-
ne De petites saillies polygonales: isolées, brillantes, brunä- 4?
a ÿ ie dont le volume varie de celui d'une tête d’ épingle à celui
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d’un grain de millet :
à Fu va
GA Art fluence d'éléments semblables aux précédents et atteignant M4 PR
Fr ie 5 millimètres de largeur et 5 centimètres de longueur ;
10 Des traînées linéaires, curvilignes, constituées par la con-
ÿ EX 3 Des placards circulaires ou elliptiques, complets ou incom- Nos “plets, à bords réguliers ou sinueux, décolorés et affaissés dans leur partie centrale, nettement quadrillés ; (Te : 4e De larges nappes polycycliques où des éléments décolorés sont entremêlés aux saillies brunâtres :
5° Des papules décolorées et saillantes ;
6° Des macules décolorées et affaissées au-dessous de la peau
7° Des groupes de saillies prononcées, irrégulièrement rectangulaires que séparent des sillons transversaux et verticaux ; 8° Des îlots de desquamation simulant au coude le psoriasis ; 9° Dans l'intervalle des éléments précédents, d innombrables petites élevures polygonales, brillantes, ayant la couleur de la peau saine ; Fee Mi 10° Au visage, une érythrodermie généralysée avec desquamation et ectropion ; 11° Aux extrémités des doigts et des orteils, des troubles trophiques caractérisés par la chute de plusieurs ongles ;
12° Des pustulettes centrées d'un poil.
Une biopsie a été pratiquée par M. Sabouraud, il a résumé
les résultats de l'examen histologique dans la note suivante :
La lésion biopsiée est d’un lichen plan certain, bien qu'elle
aid |
Er des Am en ne s’observent 1. constam
que formé ‘de cellules j jeunes dans le corps Papilare ét la Lu
tie na eine du derme. ka
5 Re couche granuleuse n'est pas augmentée de UE on dans le lichen plan à son début ; mais les bourgeons interpa-. 19
fe x pillaires sont amincis, raréfiés, effilés et debsinant dés ogives,
40 suivant la disposition très caractéristique du lichen plan. JEnfin,
#4 il existe entre le derme et l'épiderme, au niveau du premier 2 rang des cellules épidermiques, de petits infiltrats séreux k
> à intercellulaires, contenant une ou deux cellules migratrices Re
16 à suivantla disposition très particulière du lichen plan. À
Dans le derme existent de grandes cellules none chargées depigment et qui ne s’observent qu’à la phase de
régression de la maladie.
OBSERVATION IV (personnelle)
Le nommé L... Hippolyte, âgé de quarante-deux ans, entre 13 octobre le 1905, salle Bazin, à l'hôpital Saint-Louis.
Le malade est peu affirmatif sur la date du début de son
bi
FT 15 affection ; les premiers symptômes observés par lui datent es d'environ un mois. À ce moment sans cause appréciable, il a été pris d'une rougeur intense de la face accompagnée d’un 1 prurit très désagréable. Rapidement cette rougeur et ce prurit PA se sont propagés à une grande partie du reste du corps. Le,
malade affirme que nulle pommade n’a été appliquée sur la
peau avantson entrée dans le service, nul médicament absorbé,
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UT RREN mn se
C'est en effet un érythème généralisé de la face, sans aucun intervalle de peau saine qui arrête tout d’abord l'attention. La peau est d’un rouge vif, sèche et notablement épaissie à la face, au cou et au cuir chevelu.
Au cou, cet érythème affecte une forme pytiriasique.
Le cuir chevelu et le visage sont le siège d'une desquamation fine et abondante d'apparence séborrhéique.
Cette érythrodermie et cette desquamation furfuracée se continuent d’une façon très régulière sur le tronc : toute la face antérieure du thorax, les faces latérales, les épaules sont envahies par cette éruption d’un rouge vif et desquament abondamment ; sur le dos l’érythème est d’un rouge plus foncé disparaissant peu ou point à la pression du doigt.
Les bras et les avant-bras sont couverts d’un érythème semblable, brusquement cette éruption cesse à la face antérointerne du bras droit où l’on voit une large surface de peau saine, longue de 12 centimètres, large de 4 centimètres. À ce niveau se détachent de nombreuses papules jaunâtres, aplaties, polygonales, non groupées, éléments caractéristiques du lichen de Wilson.
La paume des mains présente une hyperkératose complète.
L'érythrodermie cesse également un peu au-dessus de l’ombilic, laissant une large surface de peau saine, uniformément large de quatre travers de doigt et affectant la forme d’une ceinture. Sur cette partie non envahie par l’érythrodermie, on trouve de nombreuses papules de lichen plan fusionnées en placards irréguliers, circonscrits par des lignes polygonales.
Le dos au contraire est envahi tout entier par l’érythrodermie depuis l’occiput jusqu’à la racine des cuisses ; l’érythème
est généralisé d’un rouge violacé ; à la partie moyenne de la
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fesse droite on voit cependant une bande de peau de coloration normale, parallèle au sillon interfessier à 5 centimètres de lui et sur laquelle se détachent très nettement des traînées linéaires d'éléments de lichen plan.
Au niveau des aines, deux larges placards de nuance rosée formés par le groupement de nombreux éléments de lichen et sur lesquels on voit des stries blanchâtres.
La région du pubis est rouge vif et présente une desquamation furfuracée très abondante, on ÿ reconnaît quelques papules aplaties de lichen.
Adénopathie inguinale.
Rien sur la verge.
Les cuisses et les jambes sont indemnes de toute érythrodermie, les éléments de lichen sont discrets et disséminés.
Aux genoux sur le condyle interne deux plaques rosées formées par la réunion de papules wilsonniennes.
Rien aux jambes.
Sur presque toute la face dorsale interne des pieds et symétriquement des deux côtés, sur le cou-de-pied on trouve de nombreux éléments de lichen plan.
Hyperkératose plantaire et desquamation en larges lambeaux.
14 octobre. — Le malade est enduit d'une couche épaisse de pommade à l’oxyde de zinc.
En trois jours le prurit diminue considérablement, devient très supportable et disparaît.
L’erythrodermie pâlit rapidement mais persislie encore pendant quinze jours.
Le malade sort complètement guéri le 12 novembre.