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gne) un exanthème très étendu peut apparaître. Morrès a observé dans deux cas l’apparition, dans une seule nuit, d’un érythème très étendu avec prurit intense. Dans l’observation IV, l’éruption est apparue brusquement la nuit et le lendemain était généralisée. Dans l’espace de une à deux semaines Rona vit apparaître dans plusieurs cas une éruption semblable.
Cette érythrodermie est d’un rouge vif, violacé par endroits, disparaissant peu ou pas à la pression du doigt. Suivant les régions, la coloration de l’érythème varie, elle est d’un rouge plus clair à la face que sur les autres parties du corps. D’après Dubreuihl et Sabrazès, les éléments sont disséminés sans ordre, sans apparence de groupement sur un fond rouge sombre: dans ce cas l’exanthème ressemble à une & érythrodermie mycosique » (Hallopeau et Le Sourd).
La peau est rouge, sèche, écailleuse. La desquamation en effet ne se fait pas attendre longtemps ; peu de temps après le début, alors que la peau est encore très rouge, elle se fait en lamelles larges et sèches ou le plus souvent en fines squames très minces, transparentes à contours polygonaux, qui se soulèvent sur toutes les parties envahies par la rougeur, et si l’on passe la main à plat sur la surface du corps, on a la sensation d'une surface sèche et écailleuse. Cette desquamation cependant n’est pas partout la même; elle varie beaucoup suivant les régions. Au cuir chevelu les squames sont très ahon-
dantes, fines, furfuracées, d'apparence séborrhéique ; partout où il y a des poils du reste : barbe, aisselle, pubis, la desquamation revêt le même aspect. A la face palmaire des mains, plantaire des pieds, la peau est rigide et hyperkératosée, et la desquamation se fait en larges lambeaux.
Lavergne pense que cette desquamation résulte de la congestion du derme ; d’après Hallopeau et Lemierre, elle est une manifestation consécutive à l’'érythème généralisé qui accompagne l’éruption du lichen.
Le prurit est très variable, dans quelques cas il est très intense ; dans d’autres au contraire, très supportable, mais il existe toujours.
L’érythrodermie que nous venons de décrire, qui accompagne, précède ou suit quelques cas de lichen plan, ne diffère pas beaucoup de celle que l’on observe dans le cours d’un eczéma, d’un psoriasis, etc. Ce sera donc l'élément caractéristique de la dermatose existante qui permettra de faire le diagnostic. |
La peau est en certains endroits infiltrée et lichénifiée ; dans d’autres on trouve des papules typiques de lichen plan reposant sur un fond rouge violacé. Souvent ces papules sont peu évidentes, et un examen attentif seul permet de les reconnaître à jour frisant sur le fond rouge de l’exanthème.
Dans les intervalles de peau saine, il est plus facile de voir soit des papules polygonales isolées de lichen, soit des groupes de papules, véritables placards de lichen,
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En dehors des cas que nous publions à la fin de cette thèse, il existe des exemples d’érythrodermies de lichen plan, observés et publiés surtout en Allemagne. Au IV: Congrès de Dermatologie à Breslau en 1894, Neisser et Jadassohn présentèrent deux malades qui avaient entre eux une si grande analogie que les deux auteurs les présentèrent sous le même titre : exanthème psoriasiforme et lichénoïde. Ce qui avait frappé les auteurs, c'était la présence d’un érythème qui occupait sans aucune symétrie le tronc et les membres et desquamait par le grattage en squames sèches ; cet érythème coïncidait avec une éruption lichénoïde. Dans le cas de Neisser l'affection avait débuté par les bras et avait gagné progressivement le corps entier ; dans le cas de Jadassohn le débutse fit par le cou et en quelques jours tout le corps était envahi. Juliusberg au même Congrès présentait également un malade porteur d’un lichen et d’une érythrodermie généralisée. La même année Pinkus et Neisser observaient à la clinique dermatologique de Breslau un autre cas absolument semblable aux précédents et en publiaient l’histoire.
En France, Brocq a eu également l’occasion d’observer des faits identiques ; et dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie de 1896, il s’exprime ainsi : «Nous avons vu dans certains cas le lichen ruber planus se compliquer de poussées d’urticaire généralisée ou presque généralisée, avec prurit intolérable et la lichénification se développer en même temps avec la plus grande rapidité. Les tégu-
ments prennent alors une teinte d’un rouge vif presque uniforme, ils s’épaississent, s’œdématient en quelque sorte, se sillonnent de quadrillages et l’on ne peut plus percevoir les éléments initiaux typiques du lichen ruber. L'aspect du malade est celui d’une érythrodermie généralisée, et l’on pourrait croire si l’on n’avait la clef de ces phénomènes que le malade est menacé d'un pityriasis rubra ou d’un mycosis fongoïde. Puis, à mesure que le prurit se calme, la peau perd sa turgescence, elle s’amineit, les lichénifications diminuent et l’éruption première reparaît avec ses caractères typiques ; elle est presque toujours en voie de régression. »