‹ Les esclaves chrétiensChapitre 11 sur 37 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

progrès de la corruption. Quels que soient les problèmes sociaux qui nous agitent, celui de l'esclavage était mille fois plus redoutable : si des convoitises déchaînées par des sophismes, et trop souvent aiguisées par des souffrances réelles, menacent de nos jours les bases mêmes de la société, au moins celles-ci sont-elles saines, bien assises, fondées sur des principes vrais, et demeurées telles que le christianisme les a refaites quand il a rectifié l'économie faussée de la civilisation antique. A bien des égards, cette dernière était semblable à ces morts de l'Évangile que le Christ prit par la main pour les rappeler à la vie : le monde moderne, en ses moment les plus critiques, peut être comparé à ces infirmes qui gisaient au bord du chemin ou de la piscine, attendant que le passage du Christ les guérit. 11 me semble que, si l'on n'a pas perdu la foi dans la puissance sociale du christianisme, on ne doit jamais désespérer ; il a fait dans le passé de plus grands miracles que ceux que le présent ou l'avenir peuvent lui demander. Et il les a faits (tout ce livre le démontrera) avec une douceur suprême, s'occupant avant tout à convertir les individus et à purifier les cœurs, préparant la réforme des institutions en éclairant les esprits et en guérissant les volontés, renouvelant la société sans la détruire, la redressant au ïiev àela renverser, conservant el Iraw^formant toutes choses, opérant, eu un mol,\a ^Vw^

KVI INTRODUCTION.

grande des révolutions morales comme le doigt de Dieu peut seul le faire. Tels sont les enseignements de l'histoire : ils offrent aux croyants de puissants motifs d'espérance : ils me paraissent en même emps de nature à dissiper les préjugés d'hommes sincères, mais aveuglés, qui s'effraient de tout effort de l'Église pour venir en aide à la société , reçoivent avec défiance ses paroles et ses actes, lui attribuent des pensées d'envahissement et de conquête, et méconnaissent son véritable esprit.

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