LXVIII
P. lé, 1. 9. Mort des roys). Cf. Hérodote. « Aussi les Lacedemoniens observent mesme coustume que les barbares de l'Asie, & plusieurs autres nations en la mort de leurs Roys. Car il faut que tous les amis du Lacedemon, qui sont reputez pour voisins des
Spartiates, se trouvent à ces funérailles. Quand plusieurs milliers de ces voisins, des Hilotes, & des Spartiates mesme se sont assemblez tant hommes que femmes tous pesle mesle, ils se taillent & decouppent le front, & avec cris & lamentations infinies regretent leur Roy : disans tousjours que le dernier est le meilleur qu'ilz eurent onque. » (VI, lxviii; t. II, f° 20 r°.)
P. lé, 1. 14. Aristote). Cf. Morale à Nicomaque, I, 10. Cette allusion est de 1595; déjà en 1580 Montaigne avait disserté sur la même pensée dans l'essai I, xix.
P. 16, 1. 22. Quisquam vix). « Il est bien difficile que nous nous déracinions, pour ainsi dire, & que nous nous arrachions à la vie : l'homme s'imagine dans son ignorance de l'avenir, qu'une partie de lui-même lui survit; & il ne peut se détacher & s'affranchir entièrement de son corps terrassé par la mort. » (Lucr., III, 890, 891 et 895.)
Montaigne a modifié assez sensiblement son texte, et l'édition Lambin n'explique pas ces modifications.
«Nec radicitus è vita se tollit, & ejicit : sed-facit esse sui quiddam super inscius ipse... Nec removet satis à projecto corpore : & illud se fingit. »
P. 17, 1. I. Bertrand du Glesquin). Cf. Jean Bouchet, Annales d'Aquitaine. « Bertrand du Guesquin, connestable de France, mourut de maladie, au siège qu'il tenoit devant le chasteau de Rançon, a quatre lieues près le Puy en Aulvergne; & le jour de son trépas, ceulx du dict chasteau, apportèrent les clefs sur le corps du dict Guesquin. » (F° 127 r°.)
P. 17, 1. 4. Barthélémy d'Alviane). Cf. Guichardin,
ESSAIS DE MONTAIGNE
Histoire d'Italie. « Il quale (Bartolomeo Alviano) ammalato a Ghedi in Bresciano... passô ail' altra vita... et volendo condurlo a Vinegia, non comporté Teodoro Trivulzio che per poter passar perVeronese, si dimandasse, corne molti ricordavano, salvocondotto a Marcantonio Colonna, dicendo non essere conveniente che chi vivo non haveva mai havnato paura de nimici, morto facesse segno di temergli. » (XII, 607, c.)
P. 17, 1. 13. Celity qui deiiiandoit). Cf. Plutarque, Vie de Nicias. «... Faisant descente sur le pais des Corinthiens, il (Nicias) desfeit ceux qui se présentèrent en battaille devant luy, & en occit un bon nombre... Mais en ceste rencontre il luy advint d'oublier à inhumer deux de ses gens qui y estoient morts, dont on n'avoit peu trouver les corps en recueillant les autres : mais si tost qu'il en fut adverty, il feit arrester toute la flotte, & envoya devers les ennemis un herault demander congé d'enlever ces deux corps : combien que par l'usance de la guerre ceulx qui envoyoient demander congé d'enlever les morts, quittassent la victoire, de sorte qu'il ne leur estoit pas puis après loisible de dresser un trophée, pour marque de victoire, pource qu'il sembloit que ceulx qui les avoient en leur puissance fussent victorieux, & ne se pouvoir dire que ceulx qui les demandoient de grâce, les eussent en leur puissance, autrement ilz ne les eussent pas requis. » (11, f° 169 v°.)
P. 17, I. 18. Agesilaus). Id., Vie d'Agésilas. «... Ayans ses ennemis envoyé demander licence d'enlever leurs morts, il (Agesilaus) leur ottroya trefves pour ce faire, enquoy faisant il confirma sa victoire. » (vi, f° 425 r".)
P. 17, 1. 25. Edouard premier). Mort en juillet 1307. J'ignore où Montaigne a pris ce fait : les ouvrages du XVI' siècle où je l'ai trouvé mentionné le présentent autrement que Montaigne.
P. 18, 1. I. Jean Vischa). Il s'agit de Jean Zischa, le chef des Hussites (i 360-1424). Le fait semble être souvent allégué dans les compilations d'exemples du XVI' siècle : dans Fulgose (III, vu), dans le Theatrumvitx humanx de Zwinger (éd. de 1571, col. 852). Les compilateurs le prennent chez Eneas Silvius Piccolomini.
P. 18, 1. 7. Certains Indiens.) Dans la vallée des Alcazares. Cf. Lopez de Gomara, Hist. générale des Indes. « Ils portent à la guerre les hommes morts, qui ont esté vaillans, pour rendre les soldats plus courageux, & pour leur donner exemple... Ces corps sont sans chair, ils ont seulement les oz joints ensemble par les jointures. » (III, xxii, f° 241 v°.)
P. 18, 1. 15. Capitaine Bayard). Cf. les Mémoires des frères du Bellay. « Le capitaine Bayar fut blessé d'une harquebouzade au travers du corps, lequel persuadé de ses gens de se retirer ne le voulut consentir, disant n'avoir jamais tourné le derrière à l'ennemy. Et après les avoir repoussez, se feit descendre par un sien maistre d'hostel, lequel jamais ne l'abandonna, & se feit coucher au pied d'un arbre le visage devers l'ennemy. » (II, 59.)
P. 18, 1. 24. L'Empereur Maximilian). Peut-être Montaigne rapporte-il ce fait d'après une tradition orale : je ne l'ai trouvé mentionné dans aucun ouvrage du temps.
P. 19, 1. 13. L'ordonance que Cyrus). Cf. Xénophon, Cyropédie. « Si quis vestrûm aut dextram meam tangere, aut oculum meum dum adhuc vivo intueri velit, me adeat propius. Verùm ubi ego oculos clausero, peto à vobis filii, nemo amplius corpus meum intueatur, neque vos etiam ipsi. » (VIII, VII, 297.)
P. 20, 1. 3. Vanité si persévérante). Pour une critique analogue de gens qui se préparent de pompeuses funérailles, cf. Érasme, Eloge de la folie, édit. de 1544, p. 100.
P. 20, 1. 8. L'ordonnance de Marcus ./Emilius Lepidus). Cf. Tite-Live. « Marcus .^mihus Lepidus, antequam exspiraret, prœcepit filiis, lecto se strato sine linteis, sine purpura, efferrent. » (Epitome, XLVIII.)
P. 20, 1. 15. Le philosophe Lycon). Cf. Diogène Laerce, Vie de Lycon. « Cœterum funus & crematio curœ erit Buloni & Callino & amicis cœteris, uti ne illiberalis, neu superflua sit... De sepultura vero videbit Lycon, sive me hic, sive domi sepelire maluerit. » (V, lxxiv, 304-306.)
P. 20, 1. 17. /(' lairrai). On peut rapprocher du sentiment de Montaigne celui que Cicéron a exprimé dans les Tusculanes : « Quantum consuetudini