‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 136 sur 449 · DE LA CONSTANCE · texte numérisé non relu

DE LA CONSTANCE

P. 52, 1. 14. Les Turcs). Montaigne pouvait remarquer cela dans ses divers ouvrages sur les Turcs, en particulier chez Chalcondyle qu'il a lu précisément après 1588. Cf. encore Porsius, Guerre de Perse, traduction française de 1583, p. 11, qui en dit autant des Perses.

P. 52, 1. 15. Socrates en Platon). Résumé d'un passage du Lâchés, p. 190; éd. de 1546, p. 295.

P. 53, 1. 3. Les gens de pied Lacedemoniens). Id., ibid. « Nempe Lacedaemonios aiunt in Platseis, cum in scutiferos incidissent, non sustinuisse primum illorum impetum, neque perstitisse, sed fugisse potius. Postquam vero Persarum solutœ sunt acies, equitiim more convertisse, atque ea pugna victores evasisse. »

P. 53, 1. 8. Touchant les Scithes). Cf. Hérodote : « Daire cognoissant que la fuitte continuoit, il depescha un héraut vers Indathyrse, Roy des Scythes, avec ces parolles. Heureux entre les hommes, que te sert de fuir incessamment, attendu que tu peus faire l'un de ces deux. Si tu te trouves suffisant pour résister, demeure & viens au combat : autrement en arrestant le cours de ta fuitte, viens parler à ton seigneur, & luy apporte pour don terre & eaiie. Indath3Tse respondit. Sache, Roy Perse, que ma coustume est telle, que je ne fuy onque pour crainte d'homme, & par cy-devant ne de présent je n'ay faict acte de fuitte; t'avisant que aujourd'hui je ne fay chose qui ne me soit coustumiere en temps de paix. Et je te veux bien déclarer pourquoy je ne viens à te combattre. Nous n'avons villes aucunes, & noz terres ne sont plantées ne labourées pour nous faire craindre que prises soient ou gastées, si soudain n'entrons en

bataille contre vous : mais si voulez nécessairement nous faire venir à ce point, nous avons les sépultures de noz ancestres, marchez, & les allez trouver, puis essaiez de les gaster : lors vous verrez si nous combatrons ou non, pour icelles sépultures. » (IV, cxxvii, f° 108 r°.)

P. 53, 1. 24. Le Marquis de Guast). Cf. les Mémoires des frères du Bellay : «Toutes ces fortifications veoit le Seigneur Marquis du Guast du dict hault lieu où il s'estoit embusché derrière les moulins à vent... car il fut descouvert des nostres, & fut incontinent par ledict seneschal Dagenois, lequel se pourmenoit avecques ledict seigneur de Bonneval, monstre au seigneur de Villiers commissaire très diligent & très expérimenté au faict de l'artillerie, lequel promptement addressa si à propos devers le lieu où estoit ledict Marquis les deux pièces estans sur le théâtre des Arennes, que si le Marquis voyant mettre le feu ne se fust tiré à costé, il n'eust failly d'arriver à la fin de sa vie. » (Vil, 129.)

P. 54, 1. 5. Laitrens de Médicis). Cf. Guichardin, Histoire d'Italie : «Lorenzo... vedde dar' fuoco a un' archibuso, il colpo del quale per schifare gittandosi in terra bocconi, innanzi che arrivasse a terra, il colpo, che altrimenti gli harebbe dato nel corpo, gli percosse nella sommita del capo, toccando l'osso, & riuscendo lungo la cote'nna verso la nuca. » (XIII, 11, 635.)

P. 54, 1. 20. Les Stoïciens). Tout ce passage, jusqu'à la fin du chapitre, est très directement imité d'Aulu-Gelle, Nuits attiques, XIX, i. Certaines phrases semblent supposer que Montaigne a eu le texte d'Aulu-Gelle devant les yeux en écrivant; pourtant, dans la majeure

ESSAIS DE MONTAIGNE

partie de cet emprunt, il suit nianifestement non Aulu- Gelle, mais le résumé que saint Augustin a donné du chapitre d'Aulu-Gelle dans la Cité de Dieu (IX, iv). Saint Augustin rapproche le vers de Virgile qui suit.

P. 55, 1. 4. Mens imtnota). «Ses pleurs ont beau couler, son âme est inflexible. » (Virg., En., FV, 449.) Pris dans saint Augustin, Cité de Dieu, IX, iv.

P. 55, 1. 5. Le sage peripateiicien). Cette opposition

est encore suggérée par le même passage de saint Augustin.

Chronologie : Les deux exemples qui ont suggéré cet essai viennent, l'un des frères du Bellay (le marquis de Guast, p. 53, 1. 24), l'autre de Guichardin (Laurent de Médicis, p. 54, 1. 5). Il est donc très vraisemblablement des environs de 1572.

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