‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 142 sur 449 · LIVRE 1, CHAPITIU: XI · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITIU: XI

pensait pas qu'on put vivre sans combattre. » (Tite- Live, XXXIV, x\ii.) Le texte est conforme à celui de l'édition de 1568.

P. 74, 1. 10. Le cardinal Borrmié). Saint Charles Borromée (1538-1584), archevêque de Milan. On peut consulter à son sujet : Giussani, Vie de Saint Charles Borromée, traduite par le Père de Soultbur (Paris, 161 5); Sala, Docimwnti circa la vita e la gesîa di Boiroineo (Milan, 1857).

P. 74, 1. 26. Celtiy qui se les creva). Il s'agit de Démocrite. Cf. Dejiiiilms, V, x.xix; Plutarque, De la curiosité, xi, qui mentionne le fait pour en contester l'exactitude; Aulu-Gelle, X, xvii, qui directement ou indirectement est la source de Montaigne. D'après Cicéron, Tusc, V, xxxix, et d'après Diogène, la cécité de Démocrite n'était pas volontaire. Montaigne reprend la même allégation dans l'essai I, xxxix, p. 316, 1. 15, et dans l'essai II, xii, p. 358, 1. 17.

P. 75, 1. I. Thaïes). Cf. Diogène Laerce, Vie de Thaïes : « Et cùm rogaretur, cur liberis non daret operam, quôd filiorum amore non teneretur respondisse. » (I, XXVI, 28.)

P. 75, 1. 13. Tel pour arriver à la pauvreté). Il s'agit d'Aristippe. Cf. entre autres : Diogène Laerce, II, Lxxvii; Horace, Satires, II, ni, 100. (Rapprocher essai II, xi, p. 129, 1. 3.) On en dit autant de Cratès. Cf. essai III, ix. Montaigne cite ici de mémoire un exemple très vulgarisé; il n'y a pas lieu de chercher une source précise.

P. 75, 1. 15. Epicuriis dict). Cf. Sénèque, Épitres. « Ab Epicuro mutuum sumam. Multis parasse divitias non finis miseriarum fuit, sed mutatio. » (Ep. 17.)

P. 76, 1. 24. Cœsar). Cf. Plutarque, Vie de Jules César, f° 494 r". Amj'ot dit « treize cents talents » et met en note « sept cents quatre vingt mille escus ».

P. 77, 1. 9. Fortuna vitrea). « La fortune est de verre; plus elle brille, plus elle est fragile. » (Publius Syxns, e.xMimis.') Montaigne a pris cette citation dans les Politiques de Juste Lipse, V, xviii.

P. 77, 1. 15. Faber est). «Chacun est l'artisan de sa fortune. » (Salluste, De rep. ordin., I, i.)

P. 77, 1. 17. In divitiis). «L'indigence au sein des richesses est la plus lourde des pauvretés. » (Sénèque, ép- 74-)

P. 78, 1. 24. Bioii). Cf. Sénèque, De tranquill. ûiiiiiii). « Bion eleganterait, non minus niolestuni esse comatis quam calvis pilo velli. » (via.)

P. 79, 1. 15. Platon range ainsi). Dans les Lois: « Minorum primum est sanitas, forma Secundum, Tertium vires ad cursum ca;terosque corporis motus, Quartum diviti;t, qua; ciçca; non sunt, sed acutœ cernunt, si prudentiam sequuntur. » (L i, p. 631; éd. de 1546, p. 749.)

P. 79, 1. 18. Dionisius le fils). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys : « Estant ad\erty, que l'un des habitans de Syracuse avoit caché un trésor dedans la terre en sa maison, il luv feit commandement de le luy apporter : ce qu'il feit. Non pas tout pourtant, car il en reteint une partie, avec laquelle il s'en alla demourer en une autre ville, là où il en achetta quelque héritage : quov entendant, il le renvoya quérir & luy rendit son or & argent : puisque tu sçays, dit il, maintenant user de la richesse, et non pas rendre inutile ce qui est fait pour l'usage de l'homme. » (F° 190 \".) Montaigne commet une erreur : il s'agit de Denys le père, et non de Denys le fils.

P. 80, 1. 15. Non esse cupidum). «C'est une richesse que de n'avoir pas la passion d'acquérir, c'est un revenu que de n'être pas avide d'acheter. » (Cicéron, Parad., VI, m.)

P. 80, 1. 17. Divitiarniii). « Le fruit des richesses est l'abondance et le critérium de l'abondance, c'est la satisfaction. » {Id., ibid., VI, 11.)

P. 80, 1. 22. Feraiile:^). Cf. Xénophon, Cvropédie : « An ignoras me & comedere & bibere & dormire nullo modo nunc jucundius, quàm tune cùm eram pauper. Quod autem h:ïc sunt mihi permulta, tantum mihi est lucri, quod plura me oportet custodire, plura aliis tribuere, & quo plura euro, eo mihi plura esse négocia... Itaque mihi videor magis tristari quôd nunc plura possideam, quam antea quod pauca haberem... Accipe enim hsc omnia, ac posside, iisque utere pro voluntate tua, méque aliud nihil quàm ut hospitem aie, & tenuius quoque quàm hospitem... Sic igitur & Pheraulas afliciebatur maxima voluptate... & Sacas plurimuni kvtabatur... Et hi quidem ita degebant. » (VIII, m, pp. 272, 273, 274.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 8i, 1. 23. La fortune). Cf. Sénèque, Épitres : « Errant eiiim, mi Lucili, qui aut boni aliquid nobis, aut mali judicant tribuere fortunam. Materiam dat bonorum ac malorum, & initia rerum apud nos in maluin bonumve exiturarum. Valentior enim omni fortuna animus est, in utranque paitem ipse res suas ducit, beatreque ac misera; vit;t sibi causa est. » (Ep. 98, p. 242.)

P. 82, 1. 2. Les Mcoitstremens). Cf. Plutarque, Du vice et de la vertu : « II semble que ce soient les habillements qui eschauffent l'homme, & toutefois ce ne sont ils pas qui l'eschauffent, ne qui luy donnent la chaleur, par ce que chascun d'iceux vestements à part soy est froid... l'habillement enveloppant le corps, & le tenant joinct & serré, arreste & contient la chaleur au dedans, que l'homme rend de soy-mesme, & empesche qu'elle ne se respande parmy l'air. Cela mesme estant es choses humaines trompe beaucoup de gens, lesquels pensent s'ils ont logez en belles & grandes maisons, s'ils possèdent grand nombre d'esclaves, & qu'ils amassent grosse somme d'or & d'argent, qu'ils en vivront joyeusement : là où le vivre doulcement & joyeusement ne procède point du dehors de l'homme, ains au contraire l'homme despart & donne à toutes choses qui sont autour de luy joye & plaisir, quand son naturel & ses meurs au dedans sont bien composez par ce que c'est la fonteine & source vive, dont tout ce contentement procède. » (i, f" 58 r".)

P. 82, 1. 6. Certes). Cf. Sénèque, Epitres : « Luxurioso frugalitas pœna est; pigro .supplicii loco labor est; delicatus mi.seretur industrii; desidioso .studere torqueri est; eodem modo Invc ad qua; omnes imhe-

cilli sumus, dura atque intoleranda credimus... Non isia difficilia sunt natura, sed nos fluidi & énerves. Magno animo de rébus magnis judicandum est; alioqui videbitur illarum vitium esse, quod nostrum est. Sic quœdam rectissima, cum in aquam demissa sunt, speciem cur\-i prœfractique visentibus reddunt. Non tantum quid \ideas, sed quemadmodum refert. » (Ép. 71, p. 164.)

P. 82, 1. 21. Opiiiio est). «Un certain préjugé frivole, efféminé, nous domine dans la douleur comme dans le plaisir. Nos âmes en .sont amollies, liquéfiées pour ainsi dire; une piqûre d'abeille suffit pour nous arracher des cris... Tout .se réduit à savoir se commander. » (Cicéron, Tiisc., Il, xxii.)

P. 83, 1. I. S'il est mauvais de vivre en nécessité). Cf. Sénèque, Epîtres : « Malum est in necessitate vivere : sed in necessitate vivere nécessitas nulla est. » (Ép. 12, p. 93.)

P. 83, I. 5. Oui n'a le ceiir). Cette idée revient souvent chez Sénèque, ci. pages 74, 78, 114, etc.

Chronologie : Deux faits sont empruntés aux Annales d'Aquitaine de Jean Bouchet : l'entêtement des habitants d'Arras qui se laissent pendre plutôt que de crier vive le Roi (p. 61, 1. 2), et les pénitences que s'impose Guillaume, dernier duc d'Aquitaine (p. 73, 1. i). L'essai est donc de la première période (environ 1 572). J'ajoute qu'une liste de faits e.st prise à VApoloi;ie pour Hérodote d'Henri Estienne (p. 60, 1. Il); or V Apologie est la source d'une anecdote qui est insérée dans l'essai I, ix, essai qui est de 1572. Nouveau motif pour accepter cette date. Enfin cet essai est antérieur à l'es.sai II, m.

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