‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 141 sur 449 · I, XV · texte numérisé non relu

I, XV

P. 68, I. 6. Ce qui nous fait souffrir). Cf. Sénèque, Epitres : « Illud autem est quod imperitos in vexatione

LI\RF. I, CHAPITRE X H'

corporis uialc liabet : non assutverunt animo esse intenti; uiultiim illis cum corpore fuit. Ideo vir magnus ac prudens animum deducit a corpore & multum cum meliore & divina parte versatur; cum hac querula ac tVagili quantum necesse est. » (Ép. 78, p. iSi.) Voir le texte de 1580.

P. 69, 1. 10. Platon craint). Cf. en particulier dans le Pbédon, p. 83; éd. de 1546, p. 494.

P. 69, 1. 13. Tout ainsi c] ne l'ennemy). Cf. Sénèque, Épîtres : « Toto contra illum pugnet animo. ^'incetur : si cesserit; vincet : si se contra dolorem suum intenderit. Nunc hoc plerique faciunt, attrahunt in se ruinam cui obstandum est. Istud quod premit, quod impendet, quod urget, si subducere te cœperis, sequetur & gravius incumbet; si contra steteris & obniti volueris repelletur. Quemadmodum perniciosior est hostis fugientibus, sic omne fortuitum incommodum magis instat cedenti & averso. » (Ep. 78, p. 181.)

P. 69, 1. 17. Comme le corps). Image prise de Cicéron qui a écrit dans les Tusculanes : « Ut onera contentis corporibus facilius feruntur, remissis opprimunt : simile animus intentione sua depellit pressum omnem ponderum, remissione autem sic urgetur ut se nequeat extollere. » (II, xxui.)

P. 69, 1. 23. Tantuni dohierunt). «Ils ont souffert dans la mesure où ils se sont livrés à la douleur. « (Saint Augustin, Cité de Dieu, I, x.) Notons d'ailleurs que l'esprit de cette sentence est très différent chez saint Augustin qui affirme que les seuls biens véritables sont ceux qui nous conduisent à l'éternité, et que plus on s'attache aux biens de la terre, plus on s'expose à la douleur. Montaigne intervertit l'ordre des mots qui est chez saint Augustin : « .. Quantum se doloribus. »

P. 70, 1. 3. Par Dieu mesnie). Allusion probable aux mots fameux de la Genèse : «In dolore paries filios», tu enfanteras dans la douleur.

P. 70, 1. 13. Feme de Sabinns). Cf. Plutarque, De l'amour, xxxiv, f° 613 r".

P. 70, 1. 15. f/n simple garçonnet). Cf. Plutarque, Vie de Lycurgue, xiv. Cet exemple était déjà très vulgarisé au XVI'-" siècle.

P. 70, 1. 18. Et un autre). Id., ihid., Valère Maxime, III, III, etc. C'est un fait très vulgarisé au temps

de Montaigne qui le mentionnera à nouveau dans l'essai II, xxxii. Il déclarera alors le tenir de «Plutarque» et de «cent autres tesmoins». Valère Maxime attribue le foit à un jeune Macédonien.

P. 70, 1. 21. Et s'en est veii un grand nombre). Encore un fait qui est cité partout autour de Montaigne et qu'il mentionnera de nouveau dans l'essai I, xxiir.

P. 70, 1. 23. Et Cicero). Dans les Tusculanes : « Adolescentium grèges Lacedaemone vidimus ipsi incredibili contentione certantes pugnis, calcibus, unguibus, morsu, denique ut exanimarentur, priusquam se victos faterentur. » (V, xxvii.)

P. 70, 1. 25. Nnnquam naturam). «Jamais l'usage n'aurait vaincu la nature, car elle est invincible; c'est nous-mêmes qui, par la mollesse, les délices, l'oisiveté, l'indolence, la nonchalance, avons altéré notre âme, qui par les préjugés et les mauvaises habitudes l'avons corrompue. » {Id., ibid.)

P. 71, 1. I. Scevola). Cf. Tite-Live, II, xii, 47. Sénèque fait allusion à ce récit dans l'épître 24.

P. 71, 1. 10. Celuy qui ne daigna). Cf. Sénèque, Epitres : « Ille qui dum varices exsecandas prœberet, légère librum perseveravit? » (Ep. 78.)

P. 71, 1. 1 1. £/ celuy qui s'obstina). Id., ibid. « Ille qui non desiit ridere, cum ob hoc ipsum tortures omnia instrumenta crudelitatis experirentur? » (Ep. 78.)

Peut-être est-il question d'Anaxarque.

P. 71, 1. 15. Un gladiateur de Cœsar). Cf. Aulu- Gelle : « Qualem fuisse accepimus ferum quendam in ludo Caîsaris gladiatorem, qui, cùm vulnera ejus à medicis exsecabantur, ridere solitus fuit. » (XII, v, 288, dans un chapitre sur l'idée que les stoïciens se font de la douleur.)

P. 71, 1. lé. Ouis mediocris). «Quand jamais les moindres gladiateurs ont-ils gémi ou changé de visage? Quand jamais en a-t-on vu montrer de la lâcheté, je ne dis pas seulement dans leur maintien, mais dans leur chute? Renversés, condamnés à recevoir la mort, quand en a-t-on vu détourner la tête ? » (Cicéron, Tusc, II, xvii.)

P. 71, 1. 27. Vellere quels). « Elles qui ont soin de s'arracher les cheveux blancs, de s'enlever la peau pour se refaire un visage nouveau. » (Tibulle, I, viii, 45.)

Le texte est : « ToUere tune cura est. »

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 72, 1. 6. Xoslir Rov). Henri III qui régna en Pologne de 1573 à 1574. De Thou cite expressément à ce sujet l'exemple du Grand Cliambellan de Pologne qui, au départ d'Henri III, se donna un coup de poignard dans le bras pour lui témoigner son dévouement. La phrase de .Montaigne a dû être écrite entre novembre ou décembre 1588 (date de son retour de voyage), et le 2 août 1 589, date de la mort d'Henri III.

P. 72, 1. 12. Les turcs). Cf. Guillaume Postel, Des histoires orientales : « De braves & gens de court, qui aiment & poursuivent une dame, feront de telles taillades, pour approuver l'amour, & souvent se picqueront de quelque fer jusque au sang, faisant une figure à la devise de la dame, sur un bras ou autre part cachée d'habit, puis v bouteront le feu long temps avec une chandelle : qui est une extrême douleur & seulement pour faire que le seing dure à jamais... Ny a celuy de ces ballaffrés à qui ne faces fendre un bras, une joue, ce que voudrés luy donnant quelque sept, ou huit, ou dix aspres. » (Ed. de 1575, p. 228; éd. de 1560, V^ partie, p. 108.)

P. 72, I. 21. Tesinoiiig tres-digiie de foy). Cf. Joinville : « Il se confessoit tous les \'endredis à son Prestre : & après sa confession, il despouilloit ses espaules, & se faisoit battre par sondict Prestre, a tout cinq petites chesnettes de fer, qu'il portoit dans une boete. Il porta .souventes fois la haire, jusques en sa vieillesse, qu'il la laissa par l'admonestement & conseil de son Confesseur : ^ au lieu d'icelle... » (Éd. Rieux, xciv, f" 211 r".)

P. 73, 1. I. GuiUattme nostre dernier Dite de Gusenne). Cf. Jean Bouchet, Annales d'Jcjnilnine : « Ledict duc Guillaume... par le conseil d'un ermite, en lieu de haire print une cuyrasse sur son corps, & sur sa teste un aubergeon, qu'il porta tousjours jusques à sa mort, par pénitence, soubs un habit d'hermite. » (P75r".)

P. 73, 1. 5. l-'oiiliiiies Comte d'Anjou). Cf. Paul-Emile, De rel'ns gestis Francornm : Il s'agit de Foulques III qui mourut en 1040.

On trouve encore le même récit chez \'inet. Antiquités de Saintes, pp. 41-43. Vinet .suppose que ce seigneur voulait expier le meurtre commis par lui sur la personne du comte du Maine. Du Haillant a repris

les termes mêmes de Paul-Emile dans son Histoire des Rois de France, 1 576, et dans sa sommaire Histoire des Seigneurs comtes et ducs d'Anjou (Paris, 1572).

P. 75, 1. 8. Un grand nombre d'hommes & femmes se battre). On peut rapprocher de ceci ce que dit Montaigne dans son Journal de Voyage : « Au milieu des rancs (il passa devant moy) une file des Pœnitanciers qui se foitent à-tout des cordes; de quoy il y en avoit cinq çans, pour le moins, l'eschine toute escorchée &; ensanglantée d'une piteuse façon. C'est un œnigme que je n'entans pas bien encores; mais ils sont tous meurtris & cruelemant blessés & se tourmantent & hâtent incessammant. Si est-ce qu'à voir leur contenance, l'assurance de leur pas, la fermeté de leurs paroles (car j'en ouis parler plusieurs), & leur visage (car plusieurs estoint descouverts par la rue), il ne paroissoit pas sulemant qu'ils fussent en action pénible, voire ny sérieuse... » (P. 259.) Le passage des Essais ne s'inspire pas de cette expérience, car il est antérieur au voyage de Montaigne et a paru en 1580.

P. 73, 1. I). Maxiinus. . Calo... Paulus). Ct. Cicéron, r«5r., III, xxviii. Les mêmes exemples se retrouvent ailleurs, notamment dans le De consolalione de Sigonius, par supercherie attribué à Cicéron.

P. 73, 1. 17. Je disais). Montaigne fait sans doute allusion aux morts de Frédéric de Foix, comte de Gurson, et de ses deux frères, sur\-enues le même jour. Il a écrit dans ses Ephcmérides : « Iulius 29, 1 587, le comte de Gurson, le comte de Fleix & le Chevalier, trois frères mes bons S" & amis, de la Maison de Foix, furent tués à Moncrabeau en Agenois en un combat fort aspre pour le ser\-ice du roy de Navarre. » {Éphém. de Beutère, p. 238.)

P. 73, 1. 26. Ex quo intelligitur). « D'où l'on peut voir que l'affliction n'est pas un effet de la nature mais de l'opinion. » (Cicéron, Tusc, III, xxvni.)

P. 74, 1. I. Tcre^. Cf. Plutarque, Dicts notables des anciens Ro\s... : «Teres, le père de .Sitalces, souloit dire, que quand il estoit de loysir, & qu'il ne faisoit point la guerre, il luy estoit advis qu'il n'y avoit point de différence entre luv & son parefrenier. » (F° 189 r".)

P. 74, 1. 6. Eerox gens). «Nation téroce qui ne

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