‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 144 sur 449 · Chapitre X\'I · texte numérisé non relu

Chapitre X\'I

DK LA P\NITIOX DK LA CONARDISE.

P. 86, 1. 5. Sei^^ih'iir tic l'civiiis). On peut rapproclier un passage des Mâiioircs des frères du Bellay que Montaigne lisait au moment où il a écrit cet essai : « ... Jamais l'opinion du seigneur de Ver\in ne changea, & ne peut estre persuadé qu'il ne remist la place... mais il taillit bien de sa foy à son... Prince, dont du depuis il eut la teste tranchée à Paris. » (X, 336.)

P. 86, 1. 19). Le h\i;islateiir Chanvidas). Cf. Diodore de Sicile : « Il ordonna qu'ilz demoureroient l'espace de trois jours assis au milieu de la place, vestuz de robbes de femmes. » (XII, iv, f° 43 V.)

P. 87, 1. 4. Siiffimdere). « Songez plutôt à faire monter le sang au visage tl'un homme qu'à le répandre. » (Tertullien, Apologétique). Tertullien parle dune loi contre les débiteurs que Sévère annula en substituant à la peine de mort la vente des biens : « Sin pudoris notam, dit-il, capitis pœna conver.sa, bonorum adhibita proscriptione : suffundere maluit hominis sanguinem quàm etfundere. » L'application chez Montaigne est un peu différente. Elle est inspirée par Juste Lipse qui avait cité cette' phrase dans son Advcrsns dialoi^istaiii (ui, édit. de 1637, f" 165 v"). C'est là que Montaigne l'a prise. On v trouve la forme \erbale « malis » pour 0 maluit >>.

P. 87, 1. 6. Aniiuiaiiiis MiiireUiiins). « Decem milites ex his qui fugerant exautoratos capital! addixit supplicio, secutus veteres leges. » (XXIV, iv.)

P. 87, 1. 10. Pour nue pareille faute). Cf. Auimien Marceiiin : c Omncs eos qui fugisse arguebantur, intcr impedimenta & sarcinas & captivos agcrc iter imposuit. » (XX\', i, 449.)

P. 87, I. II. L'aspre coudauiuatiou). Cf. Tite-Live, XW, vu; XXVI, II et m.)

P. 87, 1. 17. LcSeigiienrde Fraugct). Cf. IcsMcmoircs des frères du Bellaj' : « Vous avez bien entendu cy dessus comme... le mareschal de Chabannes avoit secouru Fontarabie & avoit tiré dehors le seigneur du Lude... & en son lieu avoit par le commandement du Roy mis pour gouverneur le capitaine Frauget, lequel estoit lieutenant du mareschal de Chastillon car le capitaine Frauget après avoir tenu peu de jours... rendit la place qui n'estoit forçable. Toutesfois ledit Franget fut à Lion sur un eschaffault dégradé de noblesse, & déclaré roturier luy & ses descendents pour avoir esté négligent & failly de cueur à pourveoir à la conspiration dudit Dom Petre... » (H, 52.)

P. 87, 1. 24. Dans Gn\se). LL, ibid. : « Les autres... rendirent la place à la volonté de l'ennemy. La punition dont on a depuis usé contre les moins delinqueurs, a esté telle, que tous ceux qui s'y sont trouvez extraicts de noble race, ont esté privez & dégradez eux & leurs descendans de tous tiltres & privilèges de noblesse, & faicts subjets aux subsides & impositions comme non nobles 6c roturiers.» (^"^, 217.)

Cmkonologie : Les deux derniers exemples (p. 87, 1. 17, et p. 87, 1. 24) sont empruntés aux Mémoires des frères du Bellav : l'essai est donc très probablement des environs de 1572. L'emprunt à Diodore de Sicile (p. 86, 1. 19) d'ailleurs a de grandes chances d'être de la même époque, car il semble que Montaigne ait lu Diodore vers 1572. On peut se demander si la citation d'Ammien Marceiiin n'est pas postérieure, car c'est surtout vers 1578 que Montaigne semble l'avoir étudié. Peut-être a-t-il fait une addition à cet essai plusieurs années après l'avoir composé.

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