‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 179 sur 449 · DE LA MODERATION · texte numérisé non relu

DE LA MODERATION

P. 257, 1. 7. Insani sapiens). «Le sage mérite le nom d'insensé, le juste celui d'injuste, s'ils outrepassent les bornes de la vertu. » (Horace, Epîtres, I, vi, 15.)

P. 257, 1. II. Ne soye:^ pas plus sages). Cf. saint Paul aux Romains : « Ne plus sapite quam oporteat, sed sapite ad sobrietatem. » (xii, 3.) Cette sentence figurait sur les travées de la bibliothèque de Montaigne.

P. 257, 1. 13. J'a\ veu tel grand). On a supposé que Montaigne fait ici allusion à Henri III, mais la chose est tout à fait incertaine. Voici comment Coste s'explique à ce sujet : « Il y a apparence, dit le traducteur anglais, que Montaigne veut parler ici de Henri III, roi de France. » Je crois qu'il a raison. Le bon cardinal d'Ossat écrivant à la reine Louise, veuve de Henri III, lui dit franchement à sa manière « que ce Prince avoir vécu une vie autant ou plus religieuse que royale ». (Lettre xxiii.) Et un jour Sixte V, parlant de ce Prince au cardinal de Joyeuse, Protecteur des affaires de France, lui dit plaisamment : « Il n'y a rien que votre Roi n'ait fait, & ne fasse pour être moine, ni que je n'aye fait moy pour ne l'être point. » Tiré d'une note d'Amelot de la Houssaye sur les paroles du cardinal d'Ossat qu'on vient de voir, p. 74, tome I, des Lettres du Cardinal d'Ossat, publiées à Paris, 1697, et p. 164 de l'éd. d'Amsterdam 1708, enrichie de nouvelles notes d'Amelot de la Houssaye, qui ne sont point dans l'éd. de Paris 1697.

P. 258, 1. 3. Ny la mère de Patisanias). Cf. Diodore de Sicile, xi, 45 ; le scholiaste de Thucydide, I, 134; Cornélius Népos, Pausanias, v; Stobée, serm. 38; Tzetzès, Chiiiad., xii, 477; etc. Voici le texte de Diodore de Sicile que Montaigne a lu après 1588 : « Lon dit que sa mère propre vint elle mesme

au temple, là où elle... posa sur le seuil de la porte du temple une pièce de bricque qu'elle avoit apportée. » (XI, X, f° 20 V.)

P. 258, 1. 4. Ny le dictatur Posthumius). Cf. Diodore de Sicile, XII, xix, f° 62 r°; Valère Maxime, II, VII, 6. Tite-Live, W, xxix, et VIII, vu, conteste ce fait.

P. 258, 1. 10. Callicki, eu Platon). Cf. Platon, Gùrgias : « Nam philosophia quidem, ô Socrates, gratiosa res est, & venusta .• si quis illam moderatè in adolescentiaque attingat. Sin autem supra modum tempus in ea contriverit, hominum est corruptela. Quamlibet enim quis bono à natura sit ingenio prœditus, tamen si diutius per œtatem jam provectam philosophetur, necessario omnium rerum imperitus evadet, quarum omnino clarum, bonum, excellentem virum habere peritiam oportet, nam & legum civilium, & verborum quibus in consuetudine cœtuque hominum tam publiée quàm privatim uti decet, voluptatum prœterea cupiditatumque humanarum, (Se, ut breviter comprehendam, morum prorsus fiunt ignari. Quocirca quoties ad aliquam rem gerendam, vel publicam vel privatam sese conférant, habentur ridiculi, quemadmodum & civiles viri, si in vestras exercitationes disputationesque descendant... Jam vero quomodo id ad sapientiam spectat, ô Socrates : si qua ars ingenuœ mentis nacta virum reddit deteriorem : adeô ut nec ipse sibi opem ferre valeat, nec ex gravissimis periculis se, aut alium quenquam servare, sed inimicorum raptorumque exponat injuriis inglorium in civitate degentem? Jam vero ejusmodi virum etsi dictu sit agrestius, licet super genam impune pulsare. » (Éd. de 1546, pp. 353 et 354.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 258, 1. 21. Cheisainct Thomas). Dans la Secnnda Secundz, quaest. 154, art. 9.

P. 259, 1. 16. Je ne m'y suis servi). Le docteur Payen a lu en cet endroit, dans un exemplaire des Essais qui a appartenu à Florimont de Rémond, la note suivante : « J'ai ouï dire souvent à l'auteur qu'encore que plein d'amour, d'ardeur et de jeunesse, il eust espousé la femme très belle et bien aimable, si est-ce qu'il ne s'estoit jamais joué avec elle qu'avec le respect et l'honneur que la couche maritale requiert, sans avoir onques veu à descouvert que la main et le visage, non pas mesmes son sein, quoique parmi les autres femmes, il fût extrêmement folastre et desbauché. Je renvoie la vérité de ce que j'en dis sur la conscience. »

P. 259, I. 24. C'est lin homicide). Cf. Platon, Lois : « Abstinendum... a maribus jubeo... Nam qui istis utuntur, genus hominum dedita opéra interticiunt. » (Vin, p. 838; éd. de 1546, p. 845.)

P. 260, 1. ï. La Mahiimetane). Cf. Guillaume Postel, Histoire des Tiirhes : « Il est défendu... de toucher à femme qui est grosse, depuis qu'on s'en aperçoit, jusques à tant qu'elle soit délivrée. » (Ed. de 1375, p. 90.) « Quand sa femme est grosse, le mary selon la loy en est privé jusqu'à la délivrance.» (Ed. de 1575, p. 120.) Le texte de 1588, qui ne fait point mention des Mahométans, s'explique par une phrase de Lopez de Gomara dans YHistoirc générale des Indes : « Ils (les Indiens de Darien) s'en abstiennent quand elles ont leurs mois et quand elles sont grosses. '> (III, xviii, f° 233 r°.)

P. 260, 1. 5. Zenohia). Cf. Trebellius PoUio : « Zenobia ea castitatis fuisse dicitur, ut ne virum suum quidem sciret nisi tentatis conceptionibus. Nam quum semel concubuisset, exspectatis menstruis continebat se, si prsgnans esset : sin minus, iterùm potcstatem qua;rendis liheris dabat. » (xxx.) Il faut ajouter que, chez les compilateurs et les moralistes du XVI' siècle, Zénobie est sans cesse mentionnée et louée pour sa chasteté : Cf. Fulgose, IV, m; Sahellicus, V; Ravisius dans son Officina, ï° 124 v°; Droit de Gaillard dans sa Méthode de l'Histoire, xxiii. Droit de Gaillard me paraît avoir puisé le fait dans les Epîtres dorées de Guevara, où je l'ai rencontré également.

P. 260, 1. 7. C'est de quelque poëte). Cf. Homère. Iliade, XIV, 294.

P. 260, 1. 7. Que Platon emprunta). Cf. République: « Sive cum dicitur, Jovem caeteris tum diis, tum hominibus dormientibus omnium qux vigilando tractaverat coitus cupiditate oblitum, & usqueadeo libidine & amore Junonis perculsum esse ut nec cubile ipsum ascendere sustinuerit, sed ibidem humi congredi statim voluerit, dicens vehementiori se cupidine inflammari quam olim cum primum clam parentihus invicem congressi fuerunt. » (III, p. 390; éd. de 1546, p. 559.)

P. 260, 1. 14. Les Roys de Perse). Cf. Plutarque, Préceptes de mariage : « Les Roys de Perse quand ils souppent ou mangent à leur ordinaire ont leurs femmes espoiises assises auprès d'eulx à la table; mais quand ils veulent jouer et boire d'autant jusques à s'enivrer, ils renvoyent leurs femmes en leurs chambres, et font venir leurs concubines et leurs chanteresses et baladines. Ils font bien en cela, qu'ils ne veulent point que leurs femmes légitimes voient ne participent en rien de leurs yvrongncries et de leurs dissolutions. » (Traduction Amyot, xiv, f" 146 v".) Voici la traduction de La Boétie : « Les femmes esponses des Rovs de Perse se sient à table au dîner, et prennent avec eux leurs repas; mais lorsqu'ils veulent folâtrer et boire d'autant, ils les en envoyent, et font venir les chanteresses et femmes dissolues. Et certes c'est bien fait à eux, dequoy ils ne font part à leurs femmes de la dissolution de î'yirongnerie. » {Œinres complètes d'Estienne de La Boétie, publiées par Paul Bonnefon, Règles de mariage, p. 167.)

P. 260, 1. 21. Epaminondas). Cf. Plutarque, Instruction pour ceux qui manient les affaires d'est at : «Comme feit Epaminondas mieulx que tous les hommes du monde, quand il refu.sa à Pelopidas de mettre hors de prison un tavernier, et peu d'heures après, à la requeste d'une sienne amie, il le laissa aller, en luy disant, .seigneur Pelopidas ce sont de telles grâces et faveurs qu'il faut concéder à des concubines, et non pas à de grands capitaines. » (ix, f° 167 v".)

P. 260, 1. 24. Sophocles). Cf. Cicéron, De officiis : « Bene Pericles, cum haberet collegam in prastura Sophoclem iique de communi officio convcnissent,

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