‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 211 sur 449 · IX, XL · texte numérisé non relu

IX, XL

P. 363, 1. 20. Aiitioe/.'us). Cf. Aulu-Gelle, Xiiits attiques : « Rex contemplatione tanti, ac tam ornati exercitus gloriabundus, Annibalem aspisit : et, putasne inquit, conferri posse, ac satis esse credis Romanis hitc omnia? tum Pœnus eludens ignaviam, imbelliamque militum ejus pretiose armatorum : satis plane, inquit, satis esse credo Romanis hxc omnia, etiamsi avarissimi sunt. « (V, v.)

P. 363, 1.24. Licurgus). Cf. Plutarque, Diets notables des Lacedœmoniens : « Quelqu'un luy demandoit pour quelle cause il leur avoit défendu de despouiller les corps de leurs ennemis morts : de peur, dit-il.

que samusans la te.ste basse à recueillir ces despouilles, ils ne se souciassent point de combattre ce pendant, ains qu'ils entendissent seulement à garder leur pauvreté & leur reng. » (F° 221 r".)

P. 364, 1. 5. ViteUius). Id., Vie d'Otbon : «Les Prétoriens qui \'enoient de Rome estoient delicatz, mois & efleminez, pour le long séjour qu'ilz avoient eu sans guerre, en repos & en oysiveté dedans Rome... ceulx de \'itellius approchans des murailles de la ville, se moquèrent de ceulx d'Othon qui estoient aux créneaux les appellans beaux dan.seurs, & beaux joueurs de farces qui n'avoient jamais rien vu que des jeux & des festes : mais de guerre ny de faicts d'armes & de battailles ne sçavoit que c'estoit, & que leur plus grande prouesse estoit d'avoir trenché la teste à un pauvre vieillard tout nud, entendans de Galba; mais de se présenter en pleine campagne en battaille devant des hommes, qu'ilz n'en avoient pas le courage. Ces paroles injurieuses les picquerent, irritèrent & enflammèrent si bien, qu'ilz vindrent d'eulx mesmes supplier Spurina, qu'il leur commandast ce qu'il luy plairoit, 6c que désormais ilz ne refuseroient travail ne péril quelconque. » (m, f° 730 r°.)

P. 364, 1. 28. L'accident de Pyrrhus). Id., Vie de Pyrrhus : « Baillant ses armes & son manteau à l'un de ses familiers qui se nommoit Megacles, & s'estant, par manière de dire, caché dedans celles de Megacles, il retourna en la meslee contre les Romains, qui le receurent et le sousteindrent vaillamment, de sorte que la battaille dura fort longuement en doubte. Car Ion dit, que les uns & les autres fouyrent & chas.serent par sept fois, pource que l'eschange d'armes que feit le Roy, fut bien à propos pour la seureté de sa personne, mais il s'en fallut bien peu qu'il ne luy gastast tout, et ne luy feist perdre la battaille, à cause que plusieurs des ennemis se ruèrent ensemble sur ce Megacles qui portoit les armes du Roy : et le premier qui l'assena au vif, & le porta par terre mort, aiant nom Dexter, luy osta soudainement l'armet de la teste, 6c prit son manteau, & s'en courut à tout vers Albinus, criant tout hault qu'il avoit occis Pyrms, en monstrant les despouilles qu'il luy pensoit avoir ostees. Lesquelles estans portées au long des bendes, & monstrees de main en main par tout.

ESSAIS DE MONTAIGNE

apportèrent aux Romains une resjouissance grande : & au contraire un estonnement et tristesse grande aux Grecs, jusques à ce que Pyrrus en estant adverty s'en alla passer la teste nue & le visage descouvert au long de toutes ses trouppes, tendant la main aux soudards, & leur donnant à entendre à vive voix que c'estoit luy. » (viii, f° 276 r".) Je n'ai trouvé dans aucune édition le nom « Démogaclès » que Montaigne écrit par erreur au lieu de «Mégaclès». « Levinus » est la leçon de 1565 et des éditions postérieures; l'édition princeps de 1559 portait « Albinus».

P. 365, 1. 2. Alexandre). Id., Vie d'Alexandre, v.

P. 365, 1. 4. Agis). Id., Vie d' Agis et ClAvnène, iv.

P. 365, 1. 6. A la bataille de Pharsak). Id., Vie de Pompa : « Pompeius estant à cheval alloit considérant l'ordonnance & la contenance des uns & des autres, & obser\-a que ses ennemis attendoient tous de pied quoy sans bouger de leurs rengs, le temps & le signe de charger : & au contraire, que la pluspart de ses gens n'avoient pas la patience d'attendre ferme en un lieu, ains branloit & flottoit à faulte d'expérience & de bien sçavoir le métier de la guerre : à l'occasion dequoy il eut peur qu'ilz ne se desbendassent, avant mesmeque la battaille fust commencée : si enjoignit expressément à ceulx des premiers rengs, qu'ilz demourassent fermes sur leurs marches en defence, & que soy tenants bien serrez ensemble ilz attendissent sans bouger le choc de i'ennemv. Qesar depuis blasma ce commandement là, pour autant (disoit il) que cela affoiblit la violence que le courir donne aux premiers coups, & quand & quand oste l'eslancement des combattans les uns contre les autres, qui a accoustumé de les remplir d'impétuosité & de fureur plus que nulle autre chose, quand ilz viennent à s'entre-chocquer de roideur, leur augmentant le courage par le en,- & la course, & rend la chaleur des soudards en manière de dire, refroidie & figée. » (xix, f° 458 V.) Dans ses Instructions sur le faict de la guerre, 1, xiii, Guillaume du Bellay po.se la double question de savoir s'il faut rester coi au début du combat ou courir attaquer l'ennemi, et s'il faut l'assaillir en silence ou avec grand bruit.

P. 365, 1. 25. En celte vileine bataille). Hntre .^rtaxerxès et Cyrus. Cf. Xénophon, Anabasc, \, viii.

P. 366, 1. 3. Si les ennemis). Cf. Plutarque, Préceptes de mariage : « Les capitaines de Cyrus commandèrent à leurs soudards, si les ennemis leur venoient courir sus avec grands cris, qu'ils les receussent sans mot dire : et au contraire, s'ils venoient les assaillir en silence, qu'eulx leur couru.ssent avec grands cris à rencontre. » (xxxiv, f° 148 V.) Voici la traduction du même passage par La Boétie : « Aux Grecs qui estoient avec Cyre, l'advertissement que leur donnèrent leurs capitaines, ce fut : Si les ennemis les chargeoient en criant, qu'ils les receussent sans mot dire, & s'ils les assailloient sans crier, qu'en criant ils les repoussassent. » (P. 176.)

P. 36e, 1. 5. Au passage que rEuiperenr). Cf. les Mémoires des frères du Bellay, \\, 184, et surtout Guillaume du Bellay, Instructions sur le faict de la guerre, II, m, où les arguments pour et contre sont longuement déduits, et où la question est généralisée comme elle l'est chez Montaigne. Il faut voir encore la même question dans la République de Bodin, V, v, et surtout dans les Discours de Machiavel sur la première décade de Tite-Live, II, xii, où de nombreux arguments et de nombreux exemples de l'antiquité sont allégués dans les deux sens, exemples et arguments dont plusieurs se retrouvent chez Montaigne. Au reste, contrairement à Montaigne qui ne conclut pas, du Bellay se décide nettement en faveur de l'offensive; Machiavel conseille aux peuples bien armés d'attendre l'ennemi chez eux, aux peuples mal armés de porter la guerre chez leurs voisins.

P. 367, 1. 14. Scipion). Dans la seconde guerre punique. C'est un des exemples qui est allégué à ce sujet dans les Discours de .\laciiia\cl sur la première décade de Tite-Live.

P. 367, 1. 1*9. Les Athéniens). .•Kutre exemple également allégué par Machiavel au même endroit.

P. 367, 1. 23. Les evenemens & issues). Rapprocher ce que Montaigne dit ailleurs dans l'essai I, xxiv, p. 163, 1. 13, et dans l'essai III, vin.

P. 367, 1. 26. Et mak consul tis). « .Souvent les mesures mal prises réussissent, et la prudence nous trompe; la fortune n'est pas toujours avec ceux qui le méritent, elle va sans choix errant des uns aux autres. C'est qu'il v a une puissance supérieure qui

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