‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 213 sur 449 · Chapitre XLVIII · texte numérisé non relu

Chapitre XLVIII

DES DESTRIES.

P. 369, 1. 3. Et tVahlatif). Rapprocher I, xxvi,

P. 369, 1. 4. Funalcs on Dextraiios). Montaigne a pris cela chez Suétone, Vie de Tibère, vi : « Actiaco triumpho curnim Augusti comitatus est, sinisteriore funah equo, quum Marcellus Octavi^e filius dexteriore veheretur. » Béroald met en note : « Taies dici videntur funales a Tranquillo, qui erant duo, aher dexter, alter sinister, juncti currui triumphantis Augusti. Itidem Statius in sexto Thebaidos, in ludis Archemori equuni nomine Tiiben dixisse videtur funalem, qui jugalis crat, & in cursu equestri Admeto inserviebat. » Dextrarius est un barbarisme qui s'expHque peut-être par le mot dexterior.

P. 369, 1. 7. Adcstii'i). Le mot est tout à tait courant dans la langue du moyen âge; on lit par exemple dans la Chanson de Roland :

u Esp.inelis fors le vait adcstram. »

(\ ers 2648; cité dans le dictionnaire général d'Hatzfeld, Darmesteter et Thomas.)

P. 369, !. 13. Oiiibns, desnltomni). «Comme nos cavaliers qui sautent d'un clieval sur un autre, ils avaient coutume de mener deux chevaux à la guerre, et souvent, au fort du combat, ils se jetaient tout armés d'un cheval fatigué sur un cheval frais, tant leur agilité était grande, et tant leurs chevaux étaient dociles. » (Tite-Live, XXIII, xxix.)

P. 370, I. 3. A Ailihie). Cf. Hérodote : « Fortune voulut qu'Artybie avec son cheval rencontra Onesilc, lequel, selon qu'il a\oit esté dit, fut secouru par son

coustiller, qui ne faillit datteinte. Le cheval leva les deux pieds sur l'escu de Onesile, mais le coustiller les luy sépara d'une faux d'avec le corps, tellement qu'Artybie & son cheval, tombèrent en la place sans aller plus loin. » (V, cxii et cxui, t. I, f° 361 r°.)

P. 370, 1. 8. Ce ijne les Italiens disent). Cf. Paul Jo\e, Histoire de son temps : « Nec ipse (Carolus) levé admodum vita; discrimen subiisse fertur, quum perrumpcnte aciem Mantuano, perturbatoque toto agmine, paene desertus obvertendo frontem, et gladium strigendo propulsantis equi invicto robore se procul dubio servatum fuisse foteretur. » (II, f" 42 r°.) On peut comparer ce que dit Comines à ce sujet, VIII, VI.

P. 370, 1. II. Les Manuneins). Id., ihid. : «Equi Mamaluchorum validi atque acres... quodque supra nostrorum hominum opinionem esse videtur, tanta ingenii docilitate in primis prcestant, ut ad nutus, et ad certas sessorum voces, hastam sagittamque mordicus terra sublevatam porrigere, hostem agnoscere, atque appetere dentibus, calcibus cuncta circumsternere, natura consuetudineque didicerunt. » (XVII, fo 202 r".)

P. S70, 1. I). Dn i^'raïul Poinpeins). Cf. Plutavque, Fie de Pompée, x\ii.

P. 370, 1. 17. El de (^a-S(ir). Id., Fie de César : « Or d'estre bien à cheval & y avoir ferme tenue, ce luy estoit chose fort aisée, pource qu'il l'avoit apprise des .son enfance, s'estant accoustumé à donner carrière à un cheval courant à toute bride, en tenant ses mains entrelassees derrière son dos. » (v, f' 49S r".)

LIVRK I, CHAPITRi; XLVIII.

Je crois que Montaigne a pris ce fait et plusieurs de ceux qui suivent dans le commentaire de Suétone, par Béroald, Fie de César. « Plutar. equitandi usus Cc-esari a pueritia facilis adeo exstitit, ut reilexis in tergum manibus, equum velocissimis concitare cursibus sœpe consueverit... Lex fertur a Cyro, et cavetur, turpe esse habenti equum, si pedibus visus fuerit proficisci. Trogus et Justinus memorant, Parthos equis omni tempore vexari, equis bella, equis publica, et privata officia obire, super equos consistere, mercari, colloqui. Apud quos inter servos ac liberos hoc est discrimen, quod servi pedibus, libcri equis incedunt. Equitatio, ut ait Plinius, stomacho et coxis utilissima. » (lvii.)

P. 370, 1. 21. Du cheval iV Alexandre). Cf. Aulu- Gelle, V, II.

P. 371, 1. 3. Civsar en avait). Cf. Suétone, Vie de César: « Utebatur autem equo insigni, pedibus prope humanis, et in modum digitorum ungulis fissis... nec patientem sessoris alterius, primus ascendit : cujus etiani instar pro xde Veneris Genetricis postea dedicavit. » (lxi.) Béroald cite en note des témoignages de Pline et de Solin sur ce cheval de César.

P. 371, 1. 7. Je ne démonte). Rapprocher ce que Montaigne dit à ce sujet dans l'essai III, ix.

P. 371," 1. 9. Platon la recoinaude). Dans les Lois, p. 789; éd. de 1546, p. 825.

P. 371, 1. 9. Aussi dict Pline). Hist. nat., XX\"III, XIV. Pris chez Béroald. Cf. ci-dessus note, p. 370, 1. 17.

P. 371, 1. 12. On lict en Xeuophon). Dans la C\ropédie: « Legem ferimus nobisipsis, qua caveatur esse iis turpe, quihus equum ipse dedero, si quis nostrûm visus fuerit proficisci pedes. » (IV, m, p. 128.) Pris chez Béroald. Cf. ci-dessus note, p. 370, 1. 17.

P. 371, 1. 13. Trogus et Jiistiniis). Cf. ]ustin, Hist., XLI, éd. de Paris 1578, p. 294. Pris chez Béroald. Cf. ci-dessus note, p. 370, 1. 17.

P. 371, 1. 19. & Suétone). Cf. Suétone, Vie de César : « Ancipiti prœlio equos diniittcbat, et in primis suum, quo major permanendi nécessitas imponeretur, auxilio fugag erepto. » (lx.)

P. 371, 1. 24. Quo haitd diéie). « Où sans nul doute les Romains excellent. » (Tite-Live, IX, xxii.)

P. 372, 1. I. Arma projerri). « Il commande qu'on livre les armes, qu'on amène les chevaux, qu'on donne des otages. » (César, De bello gallico, VII, xi, et passim.)

P. 372, 1. 10. Cbrysanthe^ en Xenophon). Dans la Cvropédie, W, m, où Chn,-santhès fait un long éloge de la cavalerie.

P. 372, 1. 10. A celle de vostre cheval). On peut rapprocher une idée toute semblable chez Machiavel, De l'art de la guerre, II, v. Voir aussi un développement analogue chez Brantôme, IV, CLXxiv. Peutêtre le passage de Brantôme a-t-il été inspiré par Montaigne.

P. 372, 1. 16. Cedehant pariter). «Ils reculaient en même temps, puis en même temps se ruaient au combat, vainqueurs comme vaincus, et ni les uns ni les autres ne s'avaient fuir. » (Virgile, Enéide, X, 756.) Le texte de Montaigne est parfaitement conforme à celui qu'on trouve dans son édition, f° lét r°.

P. 372, 1. 19. Primus clamor). «Les premiers cris et la première charge décident du combat. » (Tite- Live, XXV, XLi.)

P. 372, 1. 24. Du boulet qui eschappc). Machiavel n'est guère plus favorable aux armes à feu dans son traité de VArt militaire, mais il faut remarquer que Machiavel écrit beaucoup plus tôt que Montaigne, vers 15 15. Plus près de Montaigne et après lui, La Xoue est d'un avis tout différent : « C'est une lignée que les harquebuses ont enfantée, et (pour en dire ce qui en est) ces instruments-là sont diaboliques, inventez en quelque meschante boutique pour dépeupler les roj-aumes et republiques de vivans, et remplir les sepulchres de morts. » {Disc, politiques, xviii.) Dans le Journal de voyage Montaigne parle ainsi de Silvio Piccolomini qu'il rencontra à Florence : « Cuanto al fatto di guerra spregia assai l'artiglieria : e in questo mi piacque molio. Loda il libro della guerra di Machiavelli, e segue le sue opinioni. » (P. 3S5.)

P. 372, 1. 28. Et quo ferre). « Lorsqu'on abandonne au vent le soin de diriger ses coups. L'épée est la force du soldat ; et toutes les nations guerrières combattent avec l'épée. « (Lucain, VIII, 384.) I P. 373, 1. I. J'en parkrav). L'essai que Montaigne

ESSAIS DE MOXTAIGXE.

annonce ici, et qu'il a écrit effectivement, ne nous est pas parvenu; il lui a été dérobé par un secrétaire; d. plus loin II, IX, et II, xxxvii, au début. Il convient de remarquer que le sujet qu'il y traitait l'avait été auparavant par Machiavel, De l'art de la guerre, début du livre II.

P. 373, 1. 16. Magnum stridens). «Avec un brait strident la phalarique, décochée avec force, tomba comme la foudre. » (Virgile, Enéide, IX, 704.)

P. 373, 1. 22. Saxis globosis). « Exercés à lancer sur la mer av-ec leur fronde des cailloux ronds, et à traverser à de grandes distances des cercles de petite dimension, non seulement ils atteignaient leurs ennemis à la tête, mais ils frappaient l'endroit du visage qu'ils voulaient. » (Tite-Live, XXXVIII, xxix.) Montaigne abrège très sensiblement le texte de Tite- Live.

P. 373, 1. 26. Àd ictus). « Au bruit terrible dont retentissaient les murailles sous les coups, l'effroi et la panique s'emparèrent des assiégés.» (/;/., XXXVIII, v.)

P. 374, 1. 2. Non tain patentibus). « La largeur des plaies ne les effraye pas, lorsque la blessure est plus large que profonde ils s'en font gloire; mais si la pointe d'une flèche ou une balle de fronde s'enfonce dans leur chair en ne laissant qu'une trace légère à la surface, alors l'idée de mourir pour une atteinte si insignifiante les transporte de rage et de honte, et ils se roulent à terre. » {Id., XXX\'III, xxi.)

P. 374, 1. 8. Les dix mille). Cf. Xénophon, Anahase : « Arcubus utebantur (barbari) ternûm cubitûm, sagittis nihilo binùm cubitùm brevioribus... sagitt;e scuta & loricas penetrabant. Eas nostri, si nacti essent, amentabant, ac pro jaculis utebantur. » (IV, n ; éd. de 1545, p. 221.)

P. 374, 1. 12. Les engins que Dionysins). Cf. Diodore de Sicile : « Et feut alhors trouvé à Syracuse l'engin à tirer gros traits massifz, et grosses pierres au loing. » (XIV, XII, f" 144 r°.)

P. 374, 1. 15. Z^ plaisante assiette). Cf. Monstrelet : « Lequel maistre Pierre Paoul, docteur en théologie, clievauclioit très souvent en habit de docteur avecques ledit cardinal parmy Paris, tout d'un costé comme chevauchent les nobles femmes. » (Éd. de 1572, XLvi, f» 61 r°.)

P. 374, 1. 18. Les Gascons). Id., ihid. : «En outre estoient avenus au mandement du Duc d'Orléans en ceste armée grand quantité de Lombars et Gascons, lesquels avoient leurs chevaux terribles et accoustumez de virer en courant, que ce point n'avoient accoustumé les François, Picards, Flamens et Brabansons de veoir, et pource leur sembloit estre grans merveilles. » (I, lxvi.)

P. 374, 1. 21. Cwsar). De bello gallico, IV, i. 11 est très possible que Montaigne ait pris ceci chez Ramus {De moribus GaJlorum) qui répète à peu près les termes mêmes de César : « Ca^sar scribit... libro quarto de Suevis : « Equestribus prœliis sœpe ex equis desiliunt ac pedibus pneliantur. Equosque eodem remanere vestigio assuefaciunt ad quos se celeriter cum usus poscit recipiunt, neque eoram moribus turpius quicquam aut inertius habeiur quam ephippiis uti : itaque ad quemvis numeram ephippiatorum equitum quamvis pauci adiré audent. » (Ed. de 1559, f" 19 v°.)

P- 37 5 1 '• 7- Ei g^'i^)- « Les Massiliens montent leurs chevaux à nu, ils ne connaissent pas le frein et les dirigent avec une petite baguette. >> (Lucain, IV, 682.)

P. 37), I. 9. Et Nuiuida'). « Et les Numides montent leurs chevaux sans frein. » (Virgile, Enéide, IV, 41.)

P. 375, 1. 10. E(]ui sine jrenis). «Leurs chevaux sans frein ont une allure déplaisante, le cou raide et la tête portée en avant. » (Tite-Live, XXXV, xi.)

P. 375, 1. 12. Le Roy Alphonce). Il s'agit d'Alphonse XI, roi de Léon et de Castille. Cf. Antoine de Guevara, Épiires dorées; Lettres au Conte de Benavanle Don Alphonse Pimentel, par laquelle est narré l'ordre qu avoient les anciens Chevaliers de la Bande : « Commandoit l'ordre que nully des Chevaliers de la bande osast aller à cheval sur mule, mais sur un bon cheval, si n'y osast aller sans bande en public, ny entrer au Palais du Roy sans espée, ny manger sans bonne compagnie à sa maison : à peine que si en aucune de ces dictes choses ledict chevalier faillist, il payast un marc d'argent pour la lice de la jouste. » (Trad. Guterrj', éd. de 1565, f° 93 r°.)

P. 375, 1. lé. Dorées). Au xvi' siècle cette épithète s'emploie au sens de «sage, plein de sagesse». C'est

Page 1