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LIVRE I, CHAPITRE XLVIII

en ce sens qu'on dit : « Les mots dorés de Caton » par exemple. Dans les Colloques d'Erasme on lit : « Ce petit livre en parchemin renferme les proverbes de Salomon; il enseigne la sagesse, et il est doré parce qije l'or est le symbole de la sagesse. » (Trad. Develay, p. 137.)

P. 375, 1. 18. Le cortisaii). Il s'agit du Coiiegiaiio de B. Castiglione qui eut un succès considérable au xvi^ siècle. » Dicono non convenirsi ai giovani passeggiar per la città a cavallo, massimamente nelle mule. » (II, III.) Le traducteur Colin comprend comme Montaigne : Le nonobstant les vieillards (oultre ce que dict est) blasment en nous plusieurs choses qui en eulx ne sont ne bonnes ne mauvaises seulement pource qu'ilz ne les faisoient point. Et dient quil n'est convenable aux jeunes gens se pourmener par la ville a cheval principallement sur mulles. )) (Éd. de Paris, 1537, p. 73; éd. de Lyon, 1338, i° 70 v°.)

P. 375, 1. 19. Les Abyssins). On trouve des indications sur les mules des Abyssins dans Paul Jove, Histoire de son temps, XVIII, mais je n'ai pas rencontré de source qui explique complètement le texte de Montaigne.

P. 375, 1. 21. Xenofon). Dans la Cyropédie: « Norunt enim équestre agmen noctu facile turbari, esséque usu difficile, prœsertim barbarum. Habent enim in prœsepio equos ligatis pedibus, ad quos si quis eat eos et solvere noctu et frasnare laboriosum sit. Operosum est etiam eosdem ephippiis sternere atque loricis induere : et cùm equum ascenseris, eum agere per castra nullo pacto poteris. Itaque ob hœc omnia cùm alii barbari, tum illi fossa munitiones circundant : simulque existimant cum in loco sunt munito, potestatem priiestare pugnandi cùm velint. » (III, m; éd. de 1551, p. ICI.)

P. 376, 1. I. Son Cinis). Id., Ibid. : « Nec equis priusquam essent exercitati, pabulum injiciebat. » (VIII, I.) Et surtout un peu plus loin dans une série d'instructions que donne Cyrus : « Neque equis sine exercitatione pabulum injicite. » (VIII, vin.)

P. 376, 1. 6. Venit). « Vient aussi le Sarmate qui se nourrit du sang de ses chevaux. » (Martial, Spectaciil. Ub., III, 4.)

P. 376, 1. 7. Ceux de Crotte). Cf. Valère Maxime: « Cretenses obsidione Metelli ad ultimam usque penuriam compulsi, suâ, jumentorumque suorum urinâ sitim torserunt, justius dixerim quam sustentarunt. » (VII, VI, ext. I.)

P. 376, 1. 10. Les armées Turquesques). Cf. Paul Jove, Ordo ac discipliiui turcieœ militix : « Tertia causa est, quia absque pane et absque vino diu vivere possunt, oriza et aqua contenti. Sœpe numéro etiam cequo animo carent carnibus. Quod si contingat eos orizam quoque minime habere, salitis carnibus minutatim contritis, ac velut in pulverem redactis utuntur. Nam ejusmodi pulveres in quibusdam sacculis secum ferunt cumque opus est, immixta calida aqua, dissolutis ebibunt atque inde nutriuntur. Prceterea soliti sunt, prxsertim cum nimia famé laboratur, equos phlebotomare atque illorum sanguine vitam propriam alere. »

P. 37e, 1. 16. Ces nouveaux peuples des Indes). Cf. Lopez de Gomara, Histoire de Fernand Corte^ : « Venue a Cortez il signor di quella terra, & altri quattro o cinque suoi circonvicini, con buona compagnia di Indiani, & gli portarono galline, & galli, frutte, & altre cose di provisione per l'essercito suo, & fino a quattrocento pesi d'oro in gioielli, & certe piètre turchine di poco valore... Domandorono perdonanza de tutto il passato, pregerono che li ricevessero per amici, & si rimessero nelle sue mani... Annitrivano li cavalli & cavalle che tenevano ligati nel cortiglio del tempio di dove passavano, a certi arbori che vi eran, domandavano li Indiani che diceano, alli quali risposero i Spagnoli, che si sdegnavano perché non li castigano per havere combattuto, & per questo loro, gli davano délie rosse, & galli perché mangiassero, pregandogli li perdonassero. » (F° 32 r°.)

P. 376, 1. 24. Aux Indes de deçà). Cf. Arrien : « Les grands chevauchent des Eléphants. Car ils estiment estre estât magnifique et Royal d'aller monté sur un éléphant : et le premier honneur d'après, d'aller en coche ou autre char traisné par quatre chevaux : puis après d'aller sur un chameau : et n'estiment pas honorable à une personne d'estre porté ou charrié par un cheval seul. » (P. 330.)

P. 377, 1. 4. Quintns Fabius Maxinuis Rulilianus).

ISO

ESSAIS DE MONTAIGXE.

Ou plutôt Rullianus. Cf. Tite-Live : « Hqucs autlicre L. Cominio Tribuno militum, qui aliquoties impctu capto perrumpere non poterat hostium agmen, detraxit fr£tnos equis : atque ira concitatos calcaribus permisit, ut sustinere eos nulla vis posset, per arma, per viros late stragem dedère. » (VIII, xxx, p. 253.) La leçon « Rutilianus », corrigée par Sigonius en « Rullianus » dans les éditions qui furent publiées à Venise dans la seconde moitié du xvi' siècle, est la leçon de presque toutes les éditions du temps, et en particulier celle de l'édition de Francfort de 1568.

P. 377, 1. II. Id cnm maiore). « \'ous rendrez leur choc plus impétueux si vous débridez vos chevaux pour les lancer contre les ennemis; c'est une manœuvre qui a souvent réussi à la cavalerie romaine et lui a fait honneur... Ils débridèrent leurs chevaux, percèrent les rangs ennemis, et, retournant sur leurs pas, les traversèrent encore en brisant toutes les lances et en faisant le plus grand carnage. » (Jd., XL, xl.)

P. 377, 1. 15. Le Duc de Moscm'ie). Cf. Herburt de Fulstin, Histoire des Rois de Pologne : « Le duc de Moscovie... recognoissoit & payoit tribut aux Tartares d'oultre le fleuve de Rha ou Volga, & leur avoit été si subject' que quand leurs ambassadeurs ou courriers venoient demander le tribut, ou pour quelque autre occasion, eux estans à cheval, il falloit qu'il allast au devant tout à pié leur faire la révérence, & leur présenter un goubcau de laict de jument, breuvage qu'ils ont fort agréable, et si en beuvant quelque goutte en tomboit sur le crin du cheval, il estoit tenu de la leicher avec la langue. » (¥° 204 r".)

P. 377, 1. 20. L'armée que l'Empereur). /</., ihid. : «... Dieu envoya tout soudainement un froid si extrême, une glace et tant de neige, que les Turcs en furent tous enclos, tellement qu'ils ne pouvoicnt aller ni avant ni arrière, dont presque tous leurs chevaux moururent de faim et de froid, & plus de quarante mille hommes. On en trouva puis après aucuns qui avoient tué & éventré leurs chevaux, & s'estoient mis dedans pendant qu'ils estoient encore tous chaults. » (F" 212 v°.)

P. 377, 1. 25. Pajaiel). Cf. Chalcondyle : « Pajazet mcsme voyant à quel party ses affaires estoient réduits, monta abillement sur une jument Arabesque;

&: se mit à fuyr à toute bride... Cependant Pajazet fu3-oit tousjours tant qu'il pouvoir, taschant de se sauver de vitesse, & les Pzacataides le poursuivoient de prés, désirans sur tout l'avoir vif en leurs mains... Mais il s'estoit desja fort eslongné d'eux et avoit fait un grand chemin estant monté à l'advantage; quant de fortune il se trouva sur le bord d'une eau, où sa jument pressée de la soif, s'arresta pour boire, et ne luy fut possible de l'en destourner, ne la faire passer outre, estant fort malmené des gouttes aux pieds et aux mains : De sorte que sa monture, ayant beu tout à son aise, elle se vint soudainement à refroidir & lascher; ce qui donna moyen à ceux qui alloient après de le r'atteinddre. » (III, xii, pp. 206 et 207.)

P. 378, 1. 3. Crœsus). Cf. Hérodote : «Il arriva en un fauxbourg de Sardis lequel il trouva tout plein de serpens, que les chevaux passans par les pastis, ne feirent difficulté de manger, ou ils les rencontrèrent. Quoy voyant Crœsus, il pensa bien que c'estoit quelque présage, comme il estoit à la vérité. » (I, Lxxviii, t. I, f" 37 r°.)

P. 378, 1. 8. Les Laccdcmcnicns). Cf. Plutarque, Vie de Nicias : « Au demourant, aians assemblé en une trouppc ceulx qui publiquement furent pris, ilz les despouillerent de leurs armes, desquelles ilz accoustrerent en guise de trophées les plus beaux arbres qui fussent au long de la rivière. Puis se mettans des chappeaux de triumphe sur leurs testes, et aians paré leurs chevaux triumphamment, & au contraire tondu ceulx de leurs ennemis, s'en retournèrent victorieux en la ville de Syracuse. » (x, f° 379 v°.)

P. 378, 1. II. Alexandre). Cf. Quinte-Curce : « Ibi Dahas condidit. Equi binos armatos vehunt, quorum invicem singuli repente desiliunt, equestris pugnœ ordinem turbant. » (VII, vu, p. 108.)

P. 378, 1. 18. L^ sieur de Carna'akt). François de Kernovenoy ou Carnavalet, premier écuyer de Henri II et gouverneur de Henri III, né en Bretagne vers 1520, mort en 1571. Brantôme nous parle de lui à diverses reprises. Il nous dit en particulier (ix, 348) que Carnavalet avait dressé un cheval qu'il refusa de céder pour trois mille livres de rente.

P. 378, 1. 19. J'ai veu). Dans \c Journal de voyage, p. 462, on voit Montaigne s'intéresser à des tours

M\Ri: I, ClIAPlTUr, XLVIIl.

de force du mèoie j^enrc. « L;i Domcnica alli 8 d'Ottobrc 1581 andai a vcdcrc ne i termi di Diocleziano in sul Monte Cavallo un Italiano il quale essendo suto molto tempo schiavo de i Turchi aveva imparato mille rare cose nel cavalcarc : come, che correndo a tutta briglia si stava dritto in piè sulla sella, e gittava con ogni forza un darde, e poi d'un tratto si calava nella sella. Correndo in furia, e tenendo d'una mano allarcione, scendeva dcl cavallo, tocando del piè dritto a terra, il mancino tenendo nella staffa : e più volte scendeva, e saliva sulla sella a questo modo. Faceva parecchi giri del corpo sulla sella correndo sempre. Tirava d'un arco Turchesco dinanzi, e di dietro con grande agevolezza. Appogiando la testa, e la spalla sul collo del cavallo, c stando i piè in su dritto, dava carriera al cavallo. Avendo una mazza in mano, la gittawn in l'aria, e ripigliava correndo. Essendo in piede sulla sella, una lancia in mano dritto dava in un guanto, e l'infilava, come si corre all'anello. A piedi girava una piqua intorno al collo dinanzi, e dietro, avendola prima spinta forte con la mano. »

P. 378, 1. 24. On a vcn). Cf. Georges Lebelski, La description des Jeux represante:^ à Coiislanliuople eu In solennité' de la circoncision du fils d'Aninrath : «Sans m'arrester a toutes les particularitez, je toucheray un fait des plus remarquables, et que Ion tiendra, peut estre, pour chose controuvée : mais je l'ay veuc. Du nombre de ces cinquante se tirèrent a part deux jeunes hommes, beaux et braves entre les autres. L'un se mit en pieds sur la selle de son cheval, et receut sur .ses bras son compagnon tout debout sur ses pieds. Estans en cest estât ils donnent carrière au cheval, et se tiennent fermes, mesmes le plus haut monté tiroir des coups de flesches contre une pelle de bois que tenoit en la main droite celui qui le portoit. Outre plus ces deux mesmes ayans rangé et attaché deus chevaux par les brides, l'un monta, mit un des pieds sur une des selles, et l'autre pied sur l'autre selle, ou il se tenoit comme collé, portant sur ses bras son compagnon tout debout, et tenant en

main ceste paisle de bois, contre laquelle l'autre ainsi haut monté descochoit habilement et sans faillir, tandis que les chevaux couroyent de grande vistesse. Y en eut d'autres, qui ayans six cimeterres desgainez et attachez les pointes contremont aux selles de leurs chevaux, se mirent la teste sur les selles et les pieds contre mont, faisans en cest estât courir leurs chevaux de telle vitesse qu'on eust dit qu'ils voloyent. D'un autre costé, il y en avoit qui se mirent deux en une seule selle, et comme le cheval couroit a toute bride, sautoyent en terre, puis remontoyent promptement et sans delay l'un après l'autre. » (Traduction française de 15S5, p. 70.)

... Le mesme avec ses dents seulement sella, brida et liarnacha un cheval, et fit plusieurs autres merveilles. )) (Jlnd. , p. 76.)

P- 379) 1- 5- Le Prince de Sutuione). Je pense qu'il s'agit de Philippe de Lannoy, prince de Sulmone, dont parle de Thou (I, 124) et auquel Brantôme reproche sa lâcheté à Cérisoles. Il mourut en 1597.

CiiRoxoLcx;!!-; : Cet essai est certainement antérieur à l'essai II, i\, et probablement il lui est de beaucoup antérieur. Montaigne écrit en effet dans l'essai Des destries, qu'il « fera comparaison des armes anciennes aus nostres » ; il se dispose donc à écrire un essai sur cette matière. Or, dans l'essai II, ix, on voit qu'il a été écrit, et qu'un secrétaire l'a dérobé avec d'autres papiers. Cela nous invite à penser que l'es.sai Des dcsiries doit se rattacher à la première période comme tous ceux qui le précèdent. Un emprunt textuel fiiit aux Fies de Plutarque ÇFie de César) nous invite encore à faire cette assimilation puisque les essais précédents doivent beaucoup aux Vies de Plutarque. (Cf. I, xxxviii.) On pourrait objecter que Montaigne cite ici un passage de César : « Cassar, parlant de ceux de Suéde... »; mais vraisemblablement il le prend dans ^ou^a■age de Ramus sur Les mœurs des anciens Gaulois. L'hypothèse reste donc vraisemblable; ce n'est pourtant qu'une hypothèse.

Chapitkh XLIX.

Di;S COVSTVMES ANCIENNES.

P. 380, 1. 6. Barbare). Rapprocher le début de l'essai i, xxxi, et aussi les derniers mots du même essai.

P. 381, !. 15. Sinisiris). «Ils s'enveloppent la main gauche de leurs saies, et tirent l'épée. » (César, De bello civili, I, Lxxv.)

P. 381, 1. 16. Et rcmerque). César, De bello gallico, IV, V, et peut-être aussi Ramus, De moribiis Gallonim, f° 71 v", qui répète à peu de chose près les termes mêmes de César : « Est hoc Gallics; consuetudinis, ut & viatores invitos consistere cogant; & quod quisque eorum de cfuâque re audierit, aut cognoverit, qua:rant. »

P. 381, 1. 20. Alix bains). Cf. Sénèque, EpUres : « Nam ut aiunt qui priscos mores urbis tradiderunt, brachia & crura quotidie abluehant, qua; scilicct sordes opère coUegerant. » (Ép. 86, p. 200.)

P. 381, 1. 26. Les plus ajfete^. Id., ibid. : « Parum est sumerc unguentum, ni bis die terque renovetur, ne evanescat in corpore. » (P. 200.)

P. 382, 1. 3. Quod pectiis). «Tu t'épiles la poitrine, les jambes et les bras. » (.Martial, II, i.xii, i.)

P. 382, 1. 5. Psilotro niiel). «Nitet» est la leçon de la plupart des éditions du xvi' .siècle : « Elle oint sa peau de vigne blanche (employée comme dépilatoire) ou l'enduit de craie détrempée dans du vinaigre. » (Id., VI, xcm, 9.)

P. 382, 1. 6. El al lèguent). Cf. Sénèque, Épitrcs : « Laudare solebat Attalus pulcitram, qu.-i; resisteret corpori. Tali utor etiam senex, in qua vestigium apparere non possit. » (Ep. 108, p. 262.)

P. 382, 1. 10. Inde thoro). «Alors, du haut de son

lit, Enée commença en ces termes. » (\"irgile, Enéide, II, II.)

P. 382, 1. II. Du jeune Caton). Cf. Plutarque. Fie de Caton d'Ulique : «Après s'estre lavé, il s'asseit à table comme il avoit accoustumé depuis la journée de Pharsale, car il ne se coucha onques puis, que ce ne fust pour dormir... » « Depuis le jour qu'il entendit la pêne de la battaille de Pharsale, il ne souppa onques sinon assis, & adjousta cela au reste de son deuil, qu'il ne se coucha jamais que ce ne fust pour dormir. » (xv, fo 545 v°.)

P. 382, 1. 16. Gratati'isque). «Et, en te félicitant, je te donnerais des baùsers avec de douces paroles. » (Ovide, De Ponto, IV, ix, 13.)

P. 382, 1. 17. Pasieles). Cf. Diogène Laerce, Vie de Cratès : « Apud gymnasii principem, ejus coxas tetigit. Illo indignante, quid enim, ait ille, nonne & ista tua sont sicut & geniia? » (VI, i.xxxix, éd.

P. 383, 1. 2. L'bisloire de eeliiy). Cf. .Sénèque, Epîlies : « Niiper in ludo bestiariorum unus e Germanis cum ad matutina spectacula pararetur, secessit ad exonerandum corpus, nullum aliud illi dabatur sine custode secretum. Ibi lignum id quod ad emundcnda obscœna adha;rente spongia positum est, totum in gulam farsit, et pra;clusis faucibus spiritum elisit. » (Ép. 70, p. 162.)

P. 383, 1. 7. At tibi). « Quant à toi, je ne te ferai rien, mais, après t'avoir nettoyé le pénis avec de la laine... » La leçon « lana » est la leçon des éditions du XVI' siècle.

P. 383, 1. 8. // V avoit). Cf. le Commentaire de

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