‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 224 sur 449 · DES PRIERES · texte numérisé non relu

DES PRIERES

P. 408, TITRE. Le sujet principal de cet essai, que nous devons 'veiller à ce que les vœux que nous adressons au ciel soient honnêtes, avait été touché par d'autres auteurs avant Montaigne. Sans parler des poètes qu'il cite, on peut rapprocher la fin de la dixième épître de Sénèque ; un passage de Ylcaroinénippc de Lucien (^Dialogues, XLVI, xxv); un chapitre de Crinitus dans le De honesta disciplina : « Qua; sint a diis maxime roganda, et quomodo ex Platone : tum versiculi persiani de votis peragendis » (X, iv); un « pegtne » de Cousteau « à la statue de Jupiter et de Thémis » qui est suivi d'une narration intitulée : « Prier Dieu en choses licites » ; cf. encore une note dans VÉloge de la folie d'Erasme (éd. de 1344, p. 96); etc.

P. 408, 1. I. Je propose). Pour des déclarations analogues de soumission à l'autorité de l'Église, cf. le début de l'essai II, m, et la note t. II, p. 23, 1. 4. Cette déclaration,- qui a paru pour la première fois dans l'édition de 1582, a sans doute été provoquée par r«animadversion» du maestro de! sacro palazzo dont Montaigne parle dans son Journal de voyage, p. 250. On avait reproché à Montaigne d'avoir dit que « celui qui prioit devoir eslre exampt de vitieuse inclination pour ce temps», et Montaigne avait avoué son opinion, « n'estimant que ce fussent erreurs».

P. 409, 1. 23. Platon, en ses loix). « Faciunt autem, aut dicunt impium aliquid in deos, vel quia deos esse negant, vel quia & si putant esse deos, de rébus tamcn humanis curare ipsos minime arbitrantur : vel tertio quamvis & sint, & de hominibus curam habcant, facile tanien placari eos votis &: sacrificiis

opinantur... NuUus eorum ab adolescentia usque ad senectam in hac opinione quod dii non sint perseveravit. Reliqui autem duo morbi quamvis non multis, nonnullis tamen permanserunt : quod dii sint quidem, sed de rébus humanis nihil curent. » (x, p. 885; éd. de 1546, pp. 870-871.)

P. 410, 1. 2. Il faut avoir l'ame nette). Au sujet de la critique qui fut faite à Rome de cette opinion de Montaigne, voir Journal de voyage, p. 250, et la note ci-dessus p. 408, 1. i.

P. 410, 1. II. Si nocturnus aditlter). «Si, pour commettre la nuit des adultères, tu te couvres la tête d'une cape gauloise. » (Juvénal, VIII, 144.)

P. 411, 1. II. Celuy qui, se confessant). On a conjecturé avec beaucoup de vraisemblance qu'il s'agit d'Arnaud du Ferrier, mort à l'époque où Montaigne écrivait ces lignes, et dont M. Lautrey résume ainsi la vie : « Arnaud du Ferrier, né à Toulouse vers l'année 1 505, mort en octobre 1585. Reçu docteur en droit à Padoue, il professa à Bourges, puis à Toulouse, où il eut peut-être Montaigne pour élève. Président aux enquêtes du Parlement de Paris, bien que s'étant compromis en 1559 avec le conseiller Anne du Bourg comme «fituteur des hérétiques», il fut envoyé ambassadeur du roi près le Concile de Trente (1562), où il se montra si hostile à la Cour de Rome qu'il dut se retirer à Venise; il y fut à deux reprises nommé ambassadeur. « Le président du Ferrier, raconte Brantôme (III, 102), si longtemps arresté ambassadeur à Venise... s'en alloit quelquefois faire des leçons publiques aux escolles à Padoue; ce qui desrogeoit fort à sa charge et authorité de son roi.

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