‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 246 sur 449 · II, XII · texte numérisé non relu

II, XII

P. 71, 1. 5. L'affection que l'engendrant porte à son engeance). Rapprocher des discussions à ce sujet dans le traité de Plutarque intitulé : De l'amour et charité naturelle des pères envers les enfans. (F° 100 v°.)

P. 71, 1. 10. Considération Aristotélique). Dans la Morale à Nicomaque, IX, vu. Tout ce passage suit de très près le texte d'Aristote; peut-être Montaigne l'a-t-il connu par la traduction de Felicianus Bernardus, mais cela est incertain.

P. 71, 1. 22. Connue les bestes). Remarquer que Montaigne contredit la théorie qu'il développe longuement sur l'intelligence animale dans tout le début de l'essai II, xii.

P. 72, 1. 26. Quant à nioy, je treuve). Les mêmes critiques sur l'avarice des pères, et les mêmes recommandations d'admettre les enfants au partage des biens paternels se retrouvent chez Gelli, Capri^i del Bottaio

(Discours \'II, à la fin), et surtout dans la Civil conversation de Stefano Guazzo. Il est vrai que Gelli appuie ces conseils sur des considérations d'ordre religieux qui ne se retrouvent pas chez Montaigne : Gelli estime que, s'ils se montrent généreux, les parents se détacheront peu- à peu des biens terrestres et se disposeront ainsi à se présenter devant leur juge céleste.

P. 74, 1. 13. Sekvi Aristotc). Dans la Morale à Nicomaque, l\ , m.

P. 74, 1. 27. El errât). « C'est se tromper fort, à mon avis, que de croire que l'autorité s'établit mieux par la violence que par l'affection. » (Térence, Adelphcs, I, 1, 40.) Montaigne écrit «esse gravlus»; son édition porte « gravius esse».

P. 75, 1. I. J'accuse toute violence). Voir les mêmes idées dans Fessai I, xxvi, p. 214, 1. 16.

P. 75, 1. 20. Souhaiter nostre mort). Plutarque, dans le traité De l'avarice, VII, f° 100 r", avait développé cette idée que l'avarice des pères les fait détester par leurs enfants. Guazzo, dans la Civil Conversation, parle, lui aussi, des enfants qui souhaitent la mort de leurs parents pour le même motif.

P. 75, 1. 21. Nulhtni scelus). «Nul crime n'est fondé en raison. » (Tite-Live, XXVIII, xxviii.)

P. 75, 1. 23. Pas marier si jeunes). Sur l'âge auquel on doit se marier, on lisait au temps de Montaigne le célèbre De re uxoria de Francesco Barbaro; Aristote avait longuement traité la question dans les Politiques, IV, xiv et XV, et V. Dans le Cortegiano, IV, xxx, Castigiione ne détermine aucun âge, mais il recommande que les enfants ne soient pas « troppo vicini ne troppo loniani alla eta paterna ».

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 76, 1, 1. Trenlf trois). Le 23 septembre 1565. Le contrat de mariage de Montaigne, daté du 22 septembre 1565, a été publié dans les Archives historiques de la Gironde, t. X, pp. 163, 167 et 171.

P. 76, L 2. Esired'Aristolc). Aristote, Polilie., MI, \vi, dit trente-sept et non trente-cinq.

P. 76, 1. 2. Platon). Dans la République : « Vir postquam acutissimum sui cursus vigorem transierit, annos scilicet triginta, inde usque ad annos quinque & quinquaginta procreet. Si igitur senior istis, sive junior, generationem in communi attigerit, prophanum & iniquum scelus hoc esse censebimus, quasi fœtus is in civitate feratur, qui si latuerit, orietur non sub sacrificiis quidem & votis, qua; singulis in nuptiis peragent sacerdotes onuies tam viri quam mulieres, & civitas universa, precantes ut ex bonis meliores, ex utilibus utiliores, nascantur : imô vero sub tenebris ex acri quadam incontinentia. » (W pp. 460 et 461; éd. de 1546, p. 591.)

P. 76, I. 5. Thaïes). Cf. Diogène Laerce, J"ie de Tlmlès : «Urgenti matri, ut se matrimonii vinculis astringeret, adhuc intempestivum esse dixit. Ingravescente jam a.-tate cùm sibi acrius insisteret, jam, inquit, intempestivum est. » (I, xwi, 28.) Cf. aussi Plutarque, Propos de table : « Le sage Thaïes estant importuné par sa mère, qui le pressoit de se marier, .s'en deffit dextrement, et la trompa, en luy disant à sa première semonce, Il n'est pas encore temps, ma merc : puis quand il eut passé la fleur de son aage, comme elle luy en feist encore instance, Il n'est plus temps, dit-il, ma mère. » (III, vi, f° 384 v".)

P. 76, 1. 9. Les anciens Gaulois). Cf. César, De hello i^allico : « Qui diutissime impubères permanserunt, maximam inter suos ferunt laudem : hoc ali staturani, ali lioc vires, nervosque confirmari putant : intra annuni vero vigesimum femina; notitiam habuisse, in turpissimis habent rébus. » (VI, xxi.) Toutefois Cé.sar parle ainsi non des Gaulois, mais des Germains.

P. 76, 1. 14. Ma hm-). «Mais alors, uni à une jeune épouse, joyeux d'avoir des enfants, il avait amolli son courage dans les affections de père et de mari. » (Torquato Tasso, Jérusalem délivrée, x, 39.) P. 76, 1. 17. L'histoire (grecque). Cf. Platon, Lois : « Num igitur de Tarentino Icco non audivimus : qui

propter olympica aliaque certamina, aniflcioso circa ha;c studio temperantiam simul & fortitudinem animi consecutus, nullam unquam in toto exercitationis sua; tempore venerem cognovit? Idem quoque de Chrysone, Astylo, ik. Diopompo aliisque quam plurimis fertur. » (viu, p. 840; éd. de 1546, p. 846.)

P. 76, 1. 21. Mnleasses). Cf. Paul Jove, Histoire de son temps : « In Mahometem patrem palam invehebatur, tanquam muliebrosum ac effœminatum, qui exhausto a;rario ingentes fecisset sumptus, ut ducent:t simul ad libidinem fœminœ regiis in hortis alerentur, e quibus tôt suscepisset liberos... » (XXXIII, f" 140.)

P. 76, L 24. En certaine contrée). Cf. Lopez de Gomara : Histoire t^énérale des Indes : « Ils ne se marient point qu'ils n'aient quarante ans, encore que les filles des l'aage de dix ou douze ans soient ja faites femmes. » (II, xii, f° 63 r".)

P. 77, 1. 18. Charles cinquiesnie). Les moralistes du xvf-' siècle ont beaucoup loué la retraite de Charles V. Guazzo (C/î'/Z conversation) la rappelle dans une dissertation sur le même sujet que Montaigne. Lui aussi estime que c'est une des plus glorieuses actions de cet empereur. Il rapproche l'exemple de Ptolémée auquel Montaigne fait peut-être allusion, ainsi qu'à Diocléticn, dans l'addition de 1595.

P. 77, 1. 26. Solve senescentem). « .\ie la sagesse de lâcher à temps la bride à ton cheval vieilli, si tu ne veux pas que, objet de risée, il culbute autour de la carrière et devienne poussif.» (Horace, Épîtres, 1, 1, 8.)

P. 77, 1. 30. Si l'anie). Rapprocher essai I, i.vu, p. 423, 1. 2, et la note.

P. 79, I. 14. Un Doyen de S. Hihiire). Il s'agit de Jean d'Estissac, qui fut doyen de Saint-Hilaire du 27 juin 1542 au 15 décembre 1576, date de sa mort.

P. 80, 1. 12. (Jnand je ponrroy). Allusion à un mot célèbre qui se trouve chez Suétone : « Oderint dum metuant. » Machiawl l'avait rendu fameux au xv!"^ siècle par son Prince (cf. chap. x^ 11), et Gentillet dans ses Discours sur les moyens de bien gouverner, avait répliqué à Machiavel protestant contre sa maxime «Mieux vaut être craint qu'aimé». ( III, ix.)

P. 81, I. 8. nie soins). «Lui seul ignore tout. « (Térence, Adelphes, IV, ri, 9.) Le texte est : « is soins... »

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