TUSC, I, XLIV
P. 134, 1. 13. Je me rencontray un jour à Rome). On trouve en effet ce récit dans le Journal de voyage. « L'onsieme de janvier, au matin, come M. de Montaigne sortoit du logis à cheval pour aller in Banchi, il rancontra qu'on sortoit de prison Catena, un
fameus voleur, et capitaine des banis, qui avoit tenu en creinte toute l'Italie, et duquel il se contoit des murtres énormes, et notamment de deus Capucins ausquels il avoit fait renier Dieu, prometant sur cete condition leur sauver la vie, et les avoit massacrés après cela, sans aucune occasion, ny de commodité, ny de vanjance. Il s'arresta pour voir le supplice... Apres qu'il fut estranglé, on le detrancha en quattre cartiers. Ils ne font guiere mourir les homes que d'une mort simple, et exercent leur rudesse après la mort. M. de Montaigne y remerqua ce qu'il a dict ailleurs, combien le peuple s'effraïe des rigurs qui s'exercent sur les corps mors; car le peuple qui n'avoit pas santi de le voir estrangler, à chaque coup qu'on donnoit pour le hacher, s'écrioit d'une voix piteuse. Soudein qu'ils sont morts, un ou plusieurs jesiiistes ou autres- se mettent sur quelque lieu hault, et crient au peuple, qui deçà, qui delà, et le preschent pour lui faire gouster cet exemple. » (P. 21e.)
P. 135, 1. 5. Artoxerses). Cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys, Princes & grands Capitaines : « Aussi fust-ce lu}' (Artaxerxès) qui ordonna le premier, que les seigneurs qui auroient failly en leur estât (au lieu qu'on les souloit fouetter eulx mesmes) fussent despouillez, & leurs vestemens fouettez pour eulx : & au lieu qu'on leur souloit arracher les cheveux de la teste, qu'on leur ostat leur hault chappeau seulement. » (F° 188 v°.) La forme « Artoxerxes » se trouve au xvi^ siècle ainsi que la forme « Artaxerxès » . Cf. par exemple la traduction des Vies de Plutarque par Amyot, éd. de 1559, f° 658 v°. Le même fait est rapporté à deux reprises dans la République de Bodin, édition de 1593, pp. 286 et 1034. Juste-Lipse le reprendra à son tour dans le De constantia, II, ix.
P. 135, 1. 10. Les égyptiens). Cf. Hérodote, II, xLVii, t. I, f" 118 v°. Hérodote dit que c'étaient les pauvres qui agissaient ainsi.
P. 135, 1. 22. Jouir du plaisant spectacle). M. Henri Monod, Bulletin du Bibliophile (septembre 1908), voit ici une allusion aux morts de Briquemault et de Cavagnes, et estime que Montaigne se souvient du Tocsin des massacreurs, qui parle en ces termes de leur exécution : «Le sieur de Briquemault... Le sieur de Cavagnes fut pendu avec lui une heure de nuict,
ESSAIS DE MOXTAIGXE.
en présence mesnie du Roy qui fit allumer des flambeaux pour être spectateur de ces cruauté;^, non sans iaire des risées de la contenance de l'un et de l'autre.» (F° 93 r°.) Il est possible que Montaigne ait pensé à ce fait; mais commc.il nous apprend lui-même que son siècle « foisonne en exemples incroyables » de cruauté, on ne saurait aucunement être aiîirmatif.
P. 135, 1. 25. Ut hoino). «Que l'homme tue un homme sans y être poussé par la colère ou par la crainte, mais par le seul plaisir de le voir expirer... » (Sénèque, ép. 90.)
P. 136, 1. 5. Ouivstnqm). «Et, tout ensanglanté, par ses plaintes, il semble implorer sa grâce. » (Virgile, Enéide, VII, 501.)
P. 136, 1. 9. Pylhagoras). Cf. Plutarque, Propos de table, VIII, VIII, f' 428 r^
P. 136, 1. II. Priiiioque). «C'est, je crois, du sang des animaux que le fer a été teint pour la première fois. » (Ovide, Métamorphoses, XV, 106.) Le texte de Montaigne est conforme à celui de l'édition de Bàle 1549, avec cette seule différence que l'édition de Bâle écrit : « primôque e crede ».
P. 137, 1. 3. Morte caieni). «Les âmes ne meurent point; mais, toujours, après avoir quitté un domicile, elles vont habiter et vivre dans de nouvelles demeures.» (Jd., ibid., XV, 158.) Cette citation a peut-être été prise dans le De inccrlitndine et vanitale scientiarnin de C. Agrippa, 1.11.
P. 137, 1. 5. La Relif^ion). On peut voir à ce sujet César, De belle gallico, VI, 14.
P. 137, 1. 12. Muta ferarum). «Il emprisonne les âmes dans des corps d'animaux : il enferme les cruels dans des ours, les voleurs dans des loups, il cache les fourbes dans des renards; et, après leur avoir tait subir pendant de longues années, mille métamorphoses, il les purifie enfin dans le fleuve de l'Oubli et les rend à leur forme première. » (Claudien, In Ruffiiuim, II, 482.)
P. 137, 1. 23. Ipse ego). « Moi-même (il m'en souvient encore), au temps de la guerre de Troie, j'étais Euphorbe, fils de Panthée. » C'est Pythagore qui parle ain.si de lui-même dans Ovide, Métamorphoses, XV, léo. Cette citation a peut-être été prise dans le De jitcertilitdiiie et vanitale scientiarnin de C. Agrippa, lu.
P. 138,1. 5. & d'autres ne reconnaissant). Pour tout ceci, cf. Plutarque, De Isis et Osiris.
P. 138, 1. 6. Belluœ). «Les barbares ont divinisé les bêtes à cause du profit qu'ils en retirent. » (Cicéron, De natura deorum, I, xxxvi.)
P. 138, 1. 7. Crocodilon). «Les uns adorent le crocodile; d'autres regardent avec une sainte terreur l'ibis engraissé de serpents; ici brille sur l'autel la statue d'or d'un singe à grande queue; là on vénère un poisson; ailleurs, c'est un chien qui est l'objet de l'adoration de villes entières. » (Juvénal, xv, 2-7.)
P. 138, 1. 13. Il dit). Cf. Plutarque, De Isis et Osiris, XXXIX, f'' 334 r°.
P. 138, 1. 16. Eu cette-cy). Le bœuf.
P. 138, 1. 16. En cette la). Le chat.
P. 138, 1. 20. Les discours qui essayent). Tout le début de l'essai II, xii, est le développement de cette pensée.
P. 139, 1. 10. Les Romains). Cf. Plutarque, Les demandes des choses romaines, xc\'iii, f' 475 v°; cf. encore Cicéron, Pro Roscio, xx; Tite-Live, \', XLVii; Pline, X, XXII.
P. 139, 1. 12. Les AtJh'uiens). Cf. Plutarque, Vie de Calon le Censeur : « Comme le peuple d'Athènes voulut &: ordonna du temps que Ion bastissoit le temple appelle Hecatompedon, qu'on laissast aller francs &: libres les mules & mulets, qui avoient longuement travaillé à l'achèvement de cette fibrique, & qu'on les souft'rist paistre, sans leur fiùre empeschement, là où ilz pourroient. » (m, ï° 236 r°.) Cf. aussi Quels animaux sont les plus advisex^ : « Car lors que Pericles faisoit bastir le temple de Minerve, appelle Hecatompedon,... on y conduisoit tous les jours les pierres et matières avec force chariots, & charrettes qui estoient tirées par des mules & mulets, comme il est ordinaire : & y en avoit qui autrefois avoient bien servy, mais pource que lors ils estoient vieux 1^ caduques, on les laissoit aller paistre là où ils pouvoient. » (xiii, f' 514 v".)
P. 139, 1. 15. Les Agrigentius). Cf. Diodore de Sicile, XIII, XX VII, f' 108 v'\
P. 139, 1. 21. Les Aîgipliens). Cf. Hérodote, II,