II, II
P. 218, 1. 13. Deiihxritum). « Démocrite, voyant que la vieillesse avait affaibli ses facultés, de son propre mouvement se donna la mort. » (Lucrèce,
III, 1052.) Le texte est d'Iui de l'édition Lambin, p. 265.
P. 218, 1. 16. Disait Antisthencs). Cf. Plutarque, Cùinmnncs conceptions contre les Stoiqiics : « Chrysippus... ameine ce mot d'Antisthenes... qu'il fault faire provision de sens pour entendre, ou d'un licol pour se pendre. & cest autre du poëte Tyrt;çus,
« De l.i vertu ou de mort approcher. »
(xiv, f" 564 v°.)
p. 218, 1. 20. Et Crûtes). Cf. Diogène Laërcc, Viede Crûtes : « Amorem sedat lames, sin minus tempus, eis verô si uti non vales, laqueus. » (VI, Lxxxvi, 396.)
P. 218, 1. 22. Ccliiy Sextius). Cf. Plutarque, Coinvient on pourra appercevoir si Ion profite en l'exercice de la vertu : « On dit que Sextius gentilhomme Romain, aiant abandonné les honneurs, offices, iic magistrats de la ville de Rome, pour l'amour de la philosophie, & puis se trouvant en l'esprit tourmenté, & ne pouvant mordre en ses discours & raisons du commancement, fut près de se jetter d'une fuste dedans la mer. » (xiv, f" 114 v"'.)
P. 218, 1. 22. Duquel Senecqne). Dans les épîtrcs 59, 62, 64, 98, 108, etc.
P. 219, 1. 8. Les simples). Cf. Corneille Agrippa, De incertitudine et vanitate scieutiaruni : « Vidit ha;c Augustinus & timuit, exclamans illud Pauli surgunt indocti & rapiunt cœlos, & nos cum scientia nostra mergimur in infernum. » (i.)
P. 219, 1. 10. Ny à Valentian). Id., ibid. : « Quare jam non vituperandi mihi videtur Valentianus ille Imperator (quem acerrimum literarum hostem extitisse aiunt) atque Licinius Imperator, qui literas virus ac pestem publicam dictitabat. » (i.) Ces exemples
sont souvent répétés dans les paradoxes contre les sciences et dans les compilations du temps. Cf. Ravisius Textor, Officina, à l'article : Indocti et qui litteras oderunt; Lando, Paradossi; Garzoni, Teatro dei cervelli uniani, xxxviii. L'exemple de Licinius est deux fois répété dans les Leçons de Rhodigin. Montaigne, à l'instigation d'Agrippa, commet une erreur dans le nom de Valentian : il n'existe pas d'empereur ainsi nommé. Ravisius Textor l'appelle Valentinianus; mais des trois Valentinfen que l'on connaît, aucun n'a été adversaire des lettres. Il le dit en outre fils de Gratien, « Gratiani filius»; or Gratien a eu un Valentinien pour père, non pour fils. Il est probable qu'il s'agit de Valens, empereur du iv= siècle et qui effectivement était peu fiivorable aux lettres. Dans les éditions du De incertitiuiine que j'ai pu consulter (1530, 1531, 1537, 1544, 1564), on trouve toujours Valentianus; au contraire les éditions des Opéra d'Agrippa écrivent ^'alentinianus. Il est donc très probable que dans l'exemplaire dont il faisait usage Montaigne ne pouvait lire que le De incertitudine.
P. 219, 1. 15. Police Laccdenionieune). Rapprocher la fin de l'essai I, xxv.
P. 219, 1. 18. Ce monde nouveau). Rapprocher, entre autres passages où Montaigne reprend cette même idée, l'essai I, xxxi, le début de l'essai III, xui, et ci-dessus II, xii, 212.
P. 219, 1. 23. Di cittatorie). «D'ajournements, de requêtes, d'informations et de lettres de procuration, ils en ont les poches et les mains pleines, et aussi de liasses de gloses, de consultations et de procédure. Avec de telles gens, les malheureux ne sont jamais en sûreté dans une ville, ils sont assiégés par derrière, par devant, de tous côtés, par des notaires, des procureurs et des avocats. » (Ariosto, Orlando furioso, XIV, 84.)
P. 220, 1. i . Un sénateur Romain). Cette allégation est peut-être une déformation d'un mot de Varron qui a été rapporté par Nonius au mot cèpe. Je n'ai pas retrouvé la source de Montaigne.
P. 220, 1. 12. Les Chrestiens). Cette idée revient à diverses reprises chez Corneille Agrippa, De incertitudine et vanitate scientiarum, en particulier au chapitre I.
p. 220, 1. 24. r, :::;'.sr.;j.:v:a). Cf. Stobée, Anthologie, sermo 22, qui attribue cette parole à Socrate, p. 189, 1. 26 : «Superstitio superbio; tanquam parenti est morigera. »
P. 220, 1. 25. Sacrales fut averti). Cf. Platon, Apologie, VI, p. 21; éd. de 1546, p. 470.
P. 221, 1. 9. Bourbe). « Quid superbit terra et cinis?» {Ecclesiastic, x, 9.) Cette sentence figurait sur les travées de la bibliothèque de Montaigne et on y lisait « superbis » au lieu de « superbit » .
P. 221, 1. 10. Dieu a faict). «Fecit Deus hominem similem umbrœ de qua post solis occasum quis judicavit ? » Cette sentence était inscrite sur les travées de la bibliothèque de Montaigne avec cette référence EccL, va; mais on ne la trouve point dans VEccJésiaste, et suivant toute apparence, Montaigne l'a composée lui-même en s'inspirant de YEcdésiaste, ou bien il l'a empruntée de quelque auteur qui l'a trompé sur son origine.
P. 221, 1. 19. Melius scitur). « On connaît mieux- Dieu en ne s'en formant pas une idée. » (Saint Augustin, De ordine, II, xvi.) Montaigne a pris cette citation dans les Politiques de Juste Lipse, I, 11.
P. 221, 1. 20. Sqnctius). «Il est plus sain et plus respectueux de croire que d'approfondir ce que font les dieux. » (Tacite, De mor. Geruian., xxxiv.) Sentence prise dans les Politiques de Juste Lipse, I, 11.
P. 221, 1. 22. Platon estime). Dans les Loix : « Maximum deum, totûmque mundum dicimus inquirendum non esse, nec rerum causas multo studio indagandas, nec pium id ducimus. » (^'II, p. 821; éd. de 1546, p. 837.)
P. 221, 1. 24. Atquc illuin). « Il est difficile de connaître le père de cet univers, et, si on parvient à le connaître, il est impossible de le faire comprendre au vulgaire. » (Cicéron, d'après le Tiniée, 11.)
P. 222, 1. 3. Immorlalia). «Exprimant des choses immortelles en termes mortels.» (Lucrèce, V, 122.)
P. 222, 1. 8. La prudancc). Cf. Cicéron, Dénatura deoriiin : « Prudentiamnc dco tribuemus, qua: constat ex scientia rerum bonarum & malarum, & nec bonarum nec malarum, cui mali nihil est nec esse pote-st? Quid huic opus est delectu bonorum & malorum? Quid autem ratione? quid intelligentia? quibus
ESS.MS DE MONTAIGNE
utimur ad eam rem, ut apertis obscura assequamur. At obscumm deo nihil potest esse. Nam justicia qu;e suum cuique distribuit, quid pertinet ad deos ? hominum enim societas & communitas, ut vos dicitis, justitiam procreavit. Temperantia autem constat ex prKtermittendis voluptatibus corporis : cui si locus in cœlo est, est etiam voluptatibus. Nam fortis deus intelligi qui potest? in dolore, an in labore, an in periculo? quorum Jcum nihil attingit. » (III, w; t. IV, p. 231.)
P. 222, 1. 17. Aristûtc le tient). Dans la Morale à Kicoinaqiie, VII, 1.
P. 222, 1. 18. Neque gratia). «Il n'est susceptible ni de haine ni d'amour, parce que ces passions décèlent des êtres faibles. » (Cicéron, De iiat. deorum, I, xvii.)
P. 222, 1. 22. Par les tesmoius). Rapprocher Agrippa, De incertitudine et vanitate scientiarum, ci : « Christus ipse apostolos suos non rabinos, non scribas, non magistros, nec sacerdotes elegit, sed e rudi vulgo idiotas omnis literaturœ pêne expertes, inscios, & asinos. » La même idée se retrouve dans le Paradoxe de Lando contre les sciences.
P. 223, 1. 8. Je destruiray). Saint Paul, Épitrc aux Corinthiens, I, i, 19.
P. 223, 1. 20. // est advenu). Cf. Plutarque, Comment Ion pourra appercevoir si Ion amende et profite en l 'exercice de la vertu : « Ainsi comme les laboureurs voient plus volontiers les espics qui panchent et se courbent contre la terre, que ceux qui pour leur légèreté sont haulcs et droits, d'autant qu'ils les estiment vuide de grain et qu'il n'y a presque rien dedans. Ainsi entre les jeunes gens qui se donnent à la Philosophie, ceulx qui sont les plus vuides et qui ont moins de pois ceulx-là ont du commancement lasseurance, la contenance... et puis quand ils se commencent à remplir et a amasser du fruict des discours de la raison, ils otent alors cette mine superbe. » (x, f° 116 v°.)
P. 223, 1. 29. Ce que Velleius). Cf. Cicéron, De natura deorum : « Ambo, inquit, ab eodem Philone nihil scrire didicistis. » (I, xvii; t. IV, p. i8é.)
P. 224, 1. I. Pherecides). Cf. Diogène Laërce, Vie de Phérccidc : « Mandavi itaque quibusdam ex familiaribus, ut cùm me sepclierint, ad te pcrferant quœ