‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 3 sur 449 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

C'est dans ce même esprit que Miss Grâce Norton, dans son excellent petit livre Le Plutarque de Montaigne, et, sous la direction de M. Strowski, MM. Joseph de Zangroniz et Jean de la Ville de Mirmont, ont apporté à cette enquête des contributions partielles et limitées que je suis heureux de rappeler ici.

Au cours de ces longues lectures j'ai vu les Essais peu à peu s'éclairer d'une lumière nouvelle. Si elles ne m'avaient pas constamment fait mieux comprendre le travail de la conception chez Montaigne, et fait pénétrer plus avant dans l'intimité de sa pensée, je n'aurais pas poursuivi mon travail.

Certaines compilations du temps, celles de Messie, de Guevara, de La Primaudaye, de Jean des Caurres, etc., des collections d'adages et d'apophtegmes, présentent en abondance des faits et des idées qui se retrouvent dans les Essais, et elles pouvaient prêter à de beaucoup plus nombreux rapprochements. Il suffit de le rappeler ici, afin qu'on ne perde pas de vue que, par leurs racines, les Essais plongent dans un courant littéraire très à la mode, abondant autant qu'impersonnel. Mais je n'ai retenu à dessein que ceux de ces rapprochements qui étaient instructifs : il importait de ne pas étouffer le texte source, quand il est connu, sous un amas de citations oiseuses.

J'ai à m'excuser du nombre important des « addenda » qu'on trouvera sur la fin du volume. On voudra bien penser que l'impression a été commencée voici dix ans. Si je n'avais rien appris durant ces dix années, ce serait le signe qu'un jour venu je me suis désintéressé de mon enquête.

J'exprime aussi au lecteur mon regret des irrégularités que son œil pourra rencontrer dans le jeu des références et pour lesquelles j'invoque la même excuse du temps et des circonstances.

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